Cameron s'unit à Khan contre le Brexit

Le premier ministre britannique, David Cameron (à droite),... (AFP, Yui Mok)

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Le premier ministre britannique, David Cameron (à droite), a décidé d'oublier ses désaccords avec le maire de Londres, Sadiq Khan, pour faire campagne à ses côtés en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.

AFP, Yui Mok

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Agence France-Presse
Londres

Après l'avoir violemment critiqué, le premier ministre britannique conservateur David Cameron a scellé un pacte lundi avec le maire travailliste de Londres Sadiq Khan pour défendre un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE).

Les deux hommes ont partagé une scène au sud-ouest de la capitale pour inaugurer le bus de campagne Britain Stronger in Europe («la Grande-Bretagne plus forte au sein de l'Europe») et appeler les Britanniques à se prononcer contre un Brexit lors du référendum du 23 juin.

Voir le leader conservateur et la nouvelle star du Parti travailliste côte à côte aurait été difficile à imaginer il y a quelques jours encore, vu les mots acerbes échangés lors de la campagne pour la mairie de Londres, remportée par Sadiq Khan le 5 mai.

David Cameron avait notamment reproché à Sadiq Khan de s'être affiché «de manière répétée avec des extrémistes» dans le passé, ce que le travailliste a nié. L'affaire avait conduit plusieurs députés du Labour à qualifier le premier ministre de «raciste» au sein même de la Chambre des communes.

Lundi, M. Cameron a assuré qu'il était «fier de partager la tribune avec le maire travailliste de Londres», un homme «fier d'être musulman, fier d'être Britannique et fier d'être Londonien».

«Soyons clairs : il y a beaucoup de choses sur lesquelles le premier ministre et moi-même sommes en désaccord», a déclaré de son côté M. Khan.

«Mais lorsqu'il s'agit de travailler ensemble dans l'intérêt des Londoniens, nous le faisons», a-t-il ajouté, soulignant que «plus de 500 000 emplois à Londres dépendent directement de l'Union européenne».

M. Cameron, tout en se définissant comme «un eurosceptique», a fustigé le grand saut dans l'inconnu proposé par les partisans d'un Brexit.

Tensions internes

Soucieux de ratisser large, il a insisté sur la diversité de ceux qui défendent un maintien dans l'UE en évoquant «les syndicats, le patronat, le Parti travailliste, les verts, le Parti libéral-démocrate et le gouvernement conservateur».

Il n'a pas cité le Parti conservateur, déchiré sur la question européenne depuis des décennies et victime d'une nouvelle poussée de fièvre cette dernière fin de semaine.

Plusieurs parlementaires conservateurs pro-Brexit ont qualifié M. Cameron de «menteur» et appelé à sa démission après le référendum. La députée Nadine Dorries a insisté que le premier ministre serait grillé si le camp du maintien dans l'UE ne l'emportait pas avec une marge conséquente le 23 juin.

Selon la moyenne des six derniers sondages réalisée par le site What UK thinks, 53 % des Britanniques souhaitent rester dans l'UE alors que 47 % veulent la quitter.

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