Les Irakiens préparent un assaut sur Fallouja

Les Peshmergas kurdes tenaient une position près du... (ARCHIVES AFP)

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Les Peshmergas kurdes tenaient une position près du village de Hasan Sham, en Irak, dimanche, lors d'une opération visant à reprendre plusieurs villes, dont Fallouja et Mossoul, des mains des djihadistes du groupe État islamique.

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Agence France-Presse
Bagdad

Les forces d'élite irakiennes s'apprêtaient dimanche à entrer dans Fallouja pour en chasser le groupe djihadiste État islamique (EI), cible d'une autre offensive majeure en Syrie voisine, avec des craintes pour le sort de civils bloqués par les combats dans les deux pays.

Dans le même temps, l'EI faisait face à un assaut des forces kurdes irakiennes soutenues par l'aviation de la coalition internationale, qui lui ont repris des secteurs à l'est de la ville septentrionale de Mossoul, principal bastion djihadiste en Irak.

Dans la province occidentale d'Al-Anbar, les forces irakiennes resserraient l'étau autour de Fallouja située à 50 km à l'ouest de Bagdad et contrôlée par l'EI, au septième jour de leur offensive, selon des commandants.

Les forces du service de contre-terrorisme (CTS), la police d'Al-Anbar et les combattants de tribus locales sont déployés aux abords de la ville et «attendent l'heure H pour donner l'assaut», a indiqué un officier du commandement des opérations conjointes.

Les forces d'élite ont dirigé les assauts sur plusieurs villes d'Irak reprises aux djihadistes ces deux dernières années.

Leur implication marque une nouvelle phase dans l'offensive contre Fallouja, première ville à tomber aux mains de l'EI en janvier 2014 avant même l'offensive djihadiste fulgurante lancée cinq mois plus tard. Celle-ci avait permis au groupe extrémiste de s'emparer de vastes régions d'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du pays toujours sous son contrôle.

Objectif de la coalition

Une reprise de Fallouja représente, avec celle de Mossoul et de Raqa en Syrie, le grand objectif de la coalition internationale antidjihadistes.

Avant un éventuel assaut sur la ville même de Mossoul, les forces kurdes irakiennes ont lancé dimanche avant l'aube une offensive à une trentaine de kilomètres à l'est de la cité, afin «d'augmenter la pression sur l'EI», selon un communiqué militaire kurde.

Dix heures après le début de l'opération, à laquelle prennent part 5500 combattants, trois villages avaient été repris par les forces kurdes.

Alors que l'ONU et les ONG s'inquiètent pour le sort des civils pris au piège de combats, quelque 50 000 habitants étaient coincés à Fallouja, manquant de nourriture, d'eau potable et de médicaments.

Depuis le 21 mai, environ 3000 personnes ont pu sortir des banlieues de la ville «épuisées, effrayées et affamées», mais des milliers d'autres restent bloquées «sans aide ni protection», selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui craint de nouvelles vagues de déplacés avec l'intensification des combats.

«Nos ressources dans les camps sont maintenant très limitées et [...] nous pourrions ne pas pouvoir fournir suffisamment d'eau potable pour tout le monde», a déclaré Nasr Muflahi, directeur du NRC pour l'Irak.

Même en étant sur la défensive, l'EI a revendiqué un attentat suicide à Mouqdadiya au nord-est de Bagdad. Un kamikaze s'est fait exploser parmi de jeunes Irakiens rassemblés dans un café, tuant au moins sept personnes, a indiqué la police.

En Syrie

Même scénario de l'autre côté de la frontière, en Syrie, où l'EI, cible d'une offensive majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans la province de Raqa (nord), a lancé un assaut contre les rebelles dans celle voisine d'Alep (nord). Alors que l'EI cherche à prendre ces deux villes, le seul hôpital de Marea a été déserté par la majorité du personnel médical. Patients et médecins ont été évacués d'un hôpital d'Azaz proche des combats, selon des employés.

Les FDS ont pris quelques villages mais n'ont pas enregistré d'avancée majeure, selon l'OSDH. L'EI a profité de la guerre civile en Syrie et de l'instabilité politique et sécuritaire en Irak pour s'implanter dans ces deux pays.

À Alep, des frappes du régime ont par ailleurs fait six morts et des tirs rebelles neuf morts, selon l'OSDH.

Depuis 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 280 000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.

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