Le NASA déploie le premier habitacle humain gonflable dans l'espace

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Un module gonflable tel que le Beam, plus léger et moins encombrant, pourrait un jour être utilisé sur Mars.

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Agence France-Presse
Washington

La NASA a réussi samedi à gonfler et à pressuriser un module gonflable expérimental, qui est amarré à la Station spatiale internationale (ISS), après l'échec d'une première tentative jeudi.

Après plus de sept heures d'efforts minutieux, le module connu sous le nom de Bigelow Expandable Activity Module ou Beam s'est déployé sans problème, atteignant une longueur de 170 centimètres.

Le Beam fait partie d'expériences de la NASA pour tester des habitats gonflables, qui sont plus légers et moins encombrants et qui pourraient un jour être utilisés sur Mars ou la Lune.

Lorsque le module a été complètement gonflé, l'astronaute Jeff Williams, qui a procédé à cette délicate opération, a ouvert huit réservoirs d'air à l'intérieur du module, le pressurisant à un niveau proche de la station spatiale.

«Le module est complètement gonflé maintenant et complètement pressurisé», a déclaré le porte-parole de la Nasa Daniel Huot.

«Une journée pleine de succès avec le gonflement du premier habitacle humain gonflable ayant jamais été déployé dans l'espace», s'est-il réjoui.

Les astronautes vont maintenant procéder à des tests pour vérifier si le module ne présente pas des fuites d'air et se livrer à d'autres tâches préparatoires avant d'y entrer pour la première fois dans environ une semaine.

Jeff Williams avait ouvert la valve permettant de gonfler le module à 18 reprises, pour un total de 59 secondes, selon les commentaires de la NASA et les images diffusées en direct de la Station spatiale internationale.

La manoeuvre a suivi toujours les mêmes séquences: ouverture de la valve selon une durée déterminée par les scientifiques au sol, observation des progrès du déploiement, stabilisation de la pression dans le module, et on recommence.

Lenteur

La lenteur de la procédure a usé les nerfs de bon nombre de journalistes scientifiques, qui se défoulent sur les réseaux sociaux. «Merci Twitter spatial de ta solidarité dont on a tant besoin en ces temps difficiles», plaisantait ainsi Miriam Kramer, journaliste chargée de l'espace chez Mashable.

Jeudi, les équipes de la NASA avaient décidé de mettre fin prématurément à la première tentative de déploiement après avoir rencontré une résistance plus forte que prévu. Plutôt que de forcer les choses, les ingénieurs de l'agence spatiale ont préféré reporter la manoeuvre.

De son côté Bigelow Aerospace qui a construit le module aux termes d'un contrat de 17,8 millions $ avec la NASA, a précisé dans un communiqué jeudi que «le Beam était resté plié pendant beaucoup plus longtemps que prévu initialement», soit 15 mois au lieu de cinq mois.

Cela pourrait avoir affecté la souplesse du matériau - du Kevlar, un thermoplastique extrêmement résistant -, qui forme l'enveloppe du module, explique la firme.

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Le Beam, d'une masse de 1,4 tonne, mesure quatre mètres de long sur 3,23 mètres de diamètre quand il est entièrement gonflé avec de l'air respirable. Son volume est ainsi multiplié par 4,5 ce qui procure un espace de 16 mètres cubes, soit l'équivalent d'une petite chambre.

Ce test de ce module amarré à l'ISS permettra aux scientifiques et ingénieurs d'évaluer ses performances et plus particulièrement de déterminer s'il peut offrir une protection contre les radiations solaires et cosmiques ainsi que contre les micrométéorites et autres débris spatiaux en plus des températures extrêmes.

Les astronautes actuellement dans la Station spatiale devraient revenir plusieurs fois par an dans le module pendant la période de deux ans prévue pour cette expérience. Ils relèveront les données et mesures recueillies par les capteurs se trouvant à l'intérieur du Beam et évalueront aussi régulièrement l'état du module.

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