L'auteur de House of Cards en faveur du Brexit

La prise de position Michael Dobbs le met en... (AFP, Adrian Dennis)

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La prise de position Michael Dobbs le met en porte-à-faux avec son ami le premier ministre David Cameron qui l'a nommé à la chambre des Lords en 2010.

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Alice RITCHIE
Agence France-Presse
Londres

Le Britannique Michael Dobbs, auteur des romans qui ont inspiré la machiavélique série House of Cards, en connaît un rayon sur la noirceur en politique. Ce qui ne l'empêche pas de s'étonner de la violence de la campagne sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne.

«Je ne connais personne qui imaginait que cette campagne serait aussi dure et hargneuse», a expliqué à l'AFP l'écrivain et membre conservateur de la chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

Quant à savoir si la guerre des mots qui règne dans son parti a quelque chose à voir avec ses écrits, il plaisante: «La fiction politique, rien de plus simple. Vous prenez la réalité, et vous l'atténuez.»

Dobbs a écrit House of Cards, qui mêle allégrement chantage, meurtre et ambition politique au coeur du Parlement britannique, il y a 30 ans après une grosse prise de bec avec la première ministre Margaret Thatcher, dont il était chef de cabinet.

L'UE, un paquebot avec trop de capitaines

Depuis, le roman, qui a connu deux suites, a été porté au petit écran par les Américains, avec un succès certain. Dans le rôle-titre de la série diffusée par Netflix, Kevin Spacey interprète Frank Underwood, un politicien prêt à tout pour accéder à la Maison-Blanche. À ses côtés, son épouse, interprétée par Robin Wright, n'a rien à lui envier.

Dobbs, 67 ans, qui défend un Brexit, n'a pas hésité à enrôler le personnage d'Underwood pour expliquer, dans une tribune publiée par le Times, pourquoi il faut que le Royaume-Uni quitte l'UE -une institution qui ne fonctionne plus selon lui -, après le référendum du 23 juin sur la question.

«Lorsque vous êtes à bord de ce grand paquebot qui se dirige droit vers un gros bloc de glace et que vous avez 28 capitaines aux commandes, on peut dire qu'il y a trop de monde sur le pont», explique-t-il de manière imagée.

«Le statu quo n'est pas gage de stabilité», ajoute-t-il, citant la crise des réfugiés, le défi posé par le président russe Vladimir Poutine et la crise de la dette qui continue à peser sur la zone euro.

Alors que le gouvernement grec vient d'accepter de prendre de nouvelles mesures d'austérité pour obtenir la poursuite du versement de l'aide européenne, Lord Dobbs s'interroge: «Combien de temps allons-nous continuer à infliger autant de douleur, une douleur injuste, à un pays comme la Grèce avant qu'il n'explose?»

Obama, «insultant»

Sa prise de position le met en porte-à-faux avec son ami le premier ministre David Cameron qui l'a nommé à la chambre des Lords en 2010 et défend, lui, un maintien dans l'UE. Mais elle est partagée par une grosse minorité au sein du Parti conservateur qui se déchire en conséquence sur la place publique depuis plusieurs mois.

Lord Dobbs, qui a occupé le poste de vice-président du parti dans les années 90, lorsque John Major était premier ministre, a vécu à l'époque ce même genre de bataille acrimonieuse, déjà à propos de l'UE, et dit s'en rappeler avec «une immense détresse». Il attend donc la fin de la campagne référendaire avec impatience.

«Plus longtemps cela dure, plus ce sera préjudiciable et plus il sera difficile de rassembler le parti après la campagne», dit-il, accusant les deux camps de proférer «des absurdités».

Il se montre toutefois encore plus sévère avec le président Barack Obama, dont il n'a pas apprécié qu'il dise que le Royaume-Uni rejoindrait la «queue de peloton» en matière commerciale avec les États-Unis s'il quittait l'UE.

«C'est plutôt insultant. Je ne me rappelle pas qu'un président américain nous ait enjoint de rejoindre la queue de peloton lorsque nous libérions ensemble l'Europe en 1944.»

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