Au sommet du G7, Obama prépare sa visite historique à Hiroshima

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Le président Barack Obama accompagné du premier ministre japonais, Shinzo Abe, au sommet du G7.

AFP, Stephane de Sakutin

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Jérôme Cartillier, Emmy Varley
Agence France-Presse
Isa-Shima

Barack Obama a souligné que sa visite vendredi à Hiroshima, la première d'un président des États-Unis en exercice dans cette ville dévastée en 1945 par une bombe atomique américaine, visait à illustrer les risques des armes nucléaires, au premier jour d'un sommet du G7 au Japon.

Les dirigeants du G7 se sont lancés jeudi à Ise-Shima, petite localité côtière du centre du Japon, dans un sommet à l'ordre du jour chargé, entre les défis posés par une croissance mondiale atone, les revendications maritimes disputées de la Chine ou les migrations.

Mais la visite que doit effectuer le président américain vendredi à Hiroshima, où 140 000 personnes ont été tuées le matin du 6 août 1945 par une bombe atomique américaine, semblait devoir éclipser les débats du G7.

«Je veux une fois encore souligner les risques très réels qui existent et le sens de l'urgence que nous devrions tous avoir», a dit le chef de la Maison-Blanche lors d'un point de presse.

«Le largage de cette bombe atomique fut un tournant de l'histoire moderne», a-t-il ajouté. Les armements nucléaires ne sont plus au premier plan comme durant la Guerre froide, mais l'éventualité d'un «événement nucléaire reste dans nos arrières pensées».

À cet égard, la Corée du Nord qui a mené le 6 janvier son quatrième essai nucléaire en dépit des résolutions de l'ONU qui lui en font interdiction «est une vive source d'inquiétude pour nous tous», a ajouté le président américain.

Le sommet des chefs d'État ou de gouvernement des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, d'Italie, de l'Allemagne, du Canada et du Japon a pour toile de fond la morosité de la croissance mondiale.

Tous invoquent l'équilibre qu'il faudrait trouver, entre politique monétaire, politique budgétaire et réformes structurelles. Cependant, les divisions sur la façon dont il faudrait doser chacun de ces leviers ne devraient pas s'effacer pendant ce sommet.

Le Japon comme l'Italie voudraient voir davantage de dépenses budgétaires, mais l'Allemagne n'est pas d'accord, tout comme la Grande-Bretagne, laquelle suscite en parallèle les inquiétudes de ses pairs à l'approche du référendum sur une possible sortie de l'Union européenne.

Les mesures de sécurité ont été multipliées à travers l'archipel, avec des milliers de policiers supplémentaires déployés pour surveiller les gares et les terminaux maritimes. Tokyo ne veut prendre aucun risque après les attentats terroristes qui ont frappé Paris et Bruxelles ces derniers mois.

Le G7 a discuté de la lutte contre le terrorisme et son financement, l'une des priorités du président français François Hollande après les attaques revendiquées par l'organisation État islamique (EI).

«Crise mondiale» des migrations

Ainsi le G7 a planché à l'initiative de Paris sur «la préservation du patrimoine culturel face aux agressions terroristes» après les destructions des trésors de Tombouctou, du musée de Mossoul, des vestiges de la cité de Nimrud ou des temples de Palmyre.

Alors que l'Europe est confrontée à sa plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, les migrations figuraient aussi au menu des pourparlers à «l'initiative» de l'Allemagne. En 2015, environ 1,3 million de migrants ont demandé l'asile à l'UE, dont plus d'un tiers à Berlin.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, présent à Ise-Shima, a appelé le G7 à «reconnaître qu'il s'agit d'une crise mondiale» malgré les raisons géographiques qui font peser une lourde charge sur les épaules européennes.

«Nous demandons le soutien» du G7, «qu'il s'engage à accroître l'aide mondiale pour satisfaire les besoins immédiats et à long terme des réfugiés et des pays hôtes», a-t-il dit, alors que la chancelière allemande Angela Merkel disait ne guère attendre d'engagements chiffrés.

La Chine est absente du sommet, mais l'ombre de la deuxième économie mondiale et ses prétentions territoriales plane sur les discussions, si bien que Pékin a demandé aux dirigeants du G7 de ne pas «interférer» dans ces sujets.

Le G7 «devrait se concentrer sur ses propres responsabilités et ne pas montrer du doigt [d'autres pays] dans des dossiers qui ne relèvent pas de ses compétences», a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.

Pékin et Tokyo se disputent âprement la souveraineté de territoires inhabités en mer de Chine Orientale. Pékin revendique aussi la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, où elle construit des îles artificielles, au grand dam d'autres pays comme le Vietnam ou les Philippines.

Les États-Unis ne prennent pas parti sur le fond, mais estiment que les querelles de souveraineté doivent être réglées par la diplomatie, non par la politique du fait accompli menée par la Chine.

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