Trump inquiète... les verts

À l'extérieur d'un rassemblement de Donald Trump à... (AP, Jae C. Hong)

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À l'extérieur d'un rassemblement de Donald Trump à Anaheim, mercredi, environ 80 manifestants ont été tenus à distance par un fort dispositif policier. Deux personnes ont été interpellées, dont ce manifestant déguisé en clown.

AP, Jae C. Hong

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Catherine Hours
Agence France-Presse
Bonn

Donald Trump à la Maison-Blanche? L'éventualité fait frémir certains négociateurs réunis à Bonn pour une nouvelle session de l'ONU sur le climat, où l'on veut malgré tout relativiser l'impact d'un tel changement.

Pour le candidat républicain à l'élection américaine, le réchauffement planétaire est un «canular». Après s'être souvent limité à des tweets sur le sujet, il vient de plaider, dans une entrevue, pour une renégociation de l'accord de Paris, dont il n'est pas «un grand fan». 

En attendant, à la conférence, la perspective d'accueillir ce nouveau protagoniste, s'il était élu, dessine grimaces et sourires crispés sur les visages.

À la question du principal handicap que pourrait avoir à affronter l'accord de Paris, le président du groupe des pays africains, Seyni Nafo, pointe spontanément : «Que Trump ''prenne le dessus''» dans cette présidentielle!

Longtemps premier pollueur mondial, aujourd'hui deuxième derrière la Chine, les États-Unis, avec Barack Obama, ont été un élément moteur pour l'adoption en décembre à Paris d'un accord visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre.

À l'inverse, le refus de George W. Bush de ratifier le protocole de Kyoto en 2001 aura miné pour longtemps le processus, facilitant le départ du Canada, du Japon et de la Russie.

Parmi les diplomates du climat, on se souvient encore de l'optimisme ambiant à la conférence de Poznan (Pologne) en 2008, quelques semaines après l'élection d'Obama.

Les négociateurs de l'ONU chargés de mettre en... (AFP, Robyn Beck) - image 2.0

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Les négociateurs de l'ONU chargés de mettre en application l'accord de Paris sont inquiets des positions de Donald Trump, qui a déjà qualifié le réchauffement planétaire de «canular».

AFP, Robyn Beck

L'Amérique a changé

Pour autant, ces experts estiment que Trump élu n'aurait pas le pouvoir de faire vraiment dérailler Paris.

«Ça peut retarder la dynamique», concède M. Nafo.

«Mais que veut-il vraiment renégocier?» s'étrangle l'expert américain Alden Meyer. «Le fait que c'est un traité fondé sur le volontariat? Que la Chine et l'Inde sont incitées à agir de manière aussi transparente que nous? Je ne crois pas qu'il comprenne ce qu'est ce traité, et tout l'élan derrière.»

«En fait, ce qu'il n'aime pas - ou ce que certains lui ont dit de ne pas aimer - c'est l'engagement d'Obama de réduire les émissions américaines», ajoute-t-il.

Plus que la sortie de l'accord de Paris, les observateurs craignent ainsi surtout qu'il démantèle les mesures environnementales de son pays.

«On entre dans une ère de trouble politique», souligne la négociatrice française Laurence Tubiana. Si les États-Unis choisissent «un gouvernement hostile à l'accord de Paris, ça ne va pas faire du bien. Mais à mon sens ça ne le fait pas dérailler».

De fait, l'Amérique, et le monde, a changé depuis Kyoto, tandis que les impacts du réchauffement se font sentir.

«Je pense que Donald Trump est un homme d'affaires incroyable et un politicien très intéressant, mais il y a la rhétorique électorale, et la réalité du monde», dit la négociatrice de l'UE, Elina Bardram. Et «l'opinion américaine a été satisfaite de l'accord».

«Ce dossier est dans le radar des deux candidats», souligne le représentant des petites îles, Amjad Abdullah. «Cela veut dire que c'est un enjeu, et je ne crois pas qu'il soit dans l'intention de quiconque de ne rien faire» sur le climat.

D'ailleurs, Trump fait : une de ses filiales prévoit d'élever un mur pour protéger son golf irlandais des assauts de l'océan. Motif cité dans la demande de permis de construire : l'impact attendu du changement climatique.

Trump dénonce les immigrés clandestins

Le républicain Donald Trump avait beau faire campagne mercredi dans l'un des États les plus hispaniques du pays, la Californie, il a doublé la mise contre l'immigration clandestine -mais assuré que «les Mexicains» voteraient pour lui à la présidentielle américaine.

Sans rompre avec le thème emblématique de sa candidature, il a fait rugir des milliers de partisans avec sa promesse de construire un mur à la frontière avec le Mexique... et qui paiera le mur?

«Le Mexique!» ont répondu à l'unisson ses supporters, à Anaheim près de Los Angeles -un refrain désormais scandé dans ses rassemblements à travers tout le pays.

«Les Mexicains sont super, ils vont voter pour moi comme jamais. Ceux qui sont là légalement», a affirmé Donald Trump, bien que les sondages montrent que les électeurs hispaniques plébiscitent les démocrates et Hillary Clinton.

Sujet brûlant 

L'immigration est un sujet brûlant de la politique américaine, a fortiori en Californie, qui compte désormais environ autant d'habitants d'origine hispanique que de Blancs, selon le recensement, soit près de 39 % de la population.

«Il y a trop d'immigrés ici, des Mexicains. C'est une invasion», affirme Sharon Lombardi.  «Nos villes ont changé», dit dans les gradins Lupe Morfin, dont le neveu a été tué par balles en 1990 par un clandestin.

Les violences qui ont émaillé un rassemblement du milliardaire mardi à Albuquerque (Nouveau-Mexique), blessant plusieurs policiers, ne se sont pas reproduites.

Trois personnes ont silencieusement protesté à l'intérieur du rassemblement de mercredi, dont l'un avec un simple drapeau mexicain, avant d'être mises à la porte. Et à l'extérieur, environ 80 manifestants ont été tenus à distance par un fort dispositif policier. La police montée est intervenue pour séparer des pro- et anti-Trump qui en sont venus aux mains. Deux personnes ont été interpellées, a indiqué un porte-parole de la police locale à l'AFP, mais la foule s'est dispersée dans le calme.

Une jeune femme en skate-board agitait une pancarte «Trump raciste, misogyne, xénophobe, harceleur, adultère».

«Mes parents sont venus du Mexique avec rien», explique Jesus Ramirez, citoyen américain de 19 ans. «Je suis là pour défendre les miens».

Mais la foule des admirateurs de l'ancien présentateur de télévision, habillés de T-shirts et de casquettes Trump, a pu profiter dans une paix relative du discours d'une heure, prononcé à moins de deux semaines de la primaire de Californie, le 7 juin, qui devrait permettre au républicain de franchir officiellement la barre des 1237 délégués garantissant l'investiture présidentielle.

Le milliardaire populiste a donné un aperçu de sa stratégie électorale contre Hillary Clinton : il entend démolir la candidate sur le point fort de son CV, sa compétence de femme d'État.

«Si elle gagne, il va falloir vous y habituer, ce sera le chaos permanent», a affirmé Donald Trump, citant les attaques de Benghazi en Libye en 2012, quand quatre Américains dont l'ambassadeur sont morts. «Elle dormait, ils n'arrêtaient pas d'appeler», a dit le candidat en précisant : «je ne dors pas beaucoup».

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