Scandale des courriels: nouveau blâme contre Clinton

Hillary Clinton en compagnie de l'actrice Jamie Lee... (AFP, Tommaso Boddi)

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Hillary Clinton en compagnie de l'actrice Jamie Lee Curtis, lors d'un rassemblement en Californie, mercredi

AFP, Tommaso Boddi

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

La candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton a essuyé un coup dur mercredi dans le scandale politique de ses courriels qui l'empoisonne depuis 18 mois, un audit gouvernemental fustigeant l'usage d'un serveur privé lorsqu'elle pilotait la diplomatie américaine.

Une nouvelle gifle dans ce feuilleton sans fin pour l'ancienne secrétaire d'État qui espère succéder au président Barack Obama à la Maison-Blanche, mais qui reste aux prises avec son concurrent démocrate Bernie Sanders, tout en se préparant à un duel le 8 novembre avec son rival républicain Donald Trump.

C'est dans ce contexte d'une campagne acharnée que l'inspecteur général du département d'État, un organe administratif indépendant, a rendu public un rapport d'enquête au vitriol sur les pratiques des chefs de la diplomatie américaine depuis le début des années 2000 - de Colin Powell à John Kerry - en matière de communications par courriels.

«Failles systématiques»

L'audit dénonce «des failles de longue date et systématiques liées aux communications et enregistrements électroniques», du temps où Mme Clinton était à la tête de l'imposant ministère américain des Affaires étrangères (2009-2013).

Dans un document très détaillé, l'inspecteur général souligne que les «directives» du département d'État étaient devenues «beaucoup plus précises et sophistiquées» sous le mandat de Hillary Clinton.

Lorsqu'elle était ministre, elle «utilisait des appareils mobiles pour des activités officielles et a largement eu recours à un compte email personnel sur son serveur privé», critique l'organe administratif américain.

Or «le bureau de l'inspecteur général n'a trouvé aucune preuve que la secrétaire d'État avait demandé ou obtenu des directives ou l'approbation pour mener ses activités officielles professionnelles via un compte courriel personnel sur son serveur privé», fustige le rapport.

Lorsque l'affaire avait éclaté fin 2014, Hillary Clinton avait remis en décembre 55 000 pages d'emails, soit 30 000 courriels, à son ancien ministère. Sous injonction de la justice, le département d'État les a épluchés et publiés au fur et à mesure jusqu'en mars dernier, à l'exception de courriels dont le contenu a été jugé trop sensible et qui ont été requalifiés a posteriori.

Environ 2000 messages ont été classifiés a posteriori comme «confidentiels», le premier niveau de classification, 65 autres l'ont été au niveau supérieur «secret» et ont été en partie expurgés et 22 courriels ont été jugés «top secrets» et n'ont pas été publiés.

La favorite du camp démocrate à la présidentielle maintient qu'aucun de ces courriels n'était classifié lorsqu'elle les avait envoyés depuis sa messagerie et son serveur privé entre janvier 2009 et février 2013.

Certes, a concédé mercredi son porte-parole, «nous reconnaissons que des mesures auraient dû être prises pour garantir que le gouvernement puisse mieux conserver des données officielles». Mais, a-t-il fait valoir concernant la sécurité des communications gouvernementales, «rien ne trouve que le serveur de la secrétaire d'État ait été violé» à l'époque.

«Hillary la malhonnête»

Il n'empêche que celle qui aspire à diriger la première puissance mondiale reste embourbée depuis un an et demi dans une controverse, au départ administrative et technique, puis qui s'est très vite transformée en une énorme polémique politique.

L'utilisation d'un compte privé à des fins professionnelles, bannie par les règles de l'administration américaine, vaut à Mme Clinton d'être la cible de ses adversaires républicains qui lui reprochent d'avoir mis en péril la sécurité nationale en n'utilisant pas les serveurs officiels sécurisés.

Ils estiment également qu'elle a voulu cacher illégalement certaines choses en ne se servant pas des courriels officiels.

Le milliardaire Donald Trump l'appelle «Hillary la malhonnête».

Le parti républicain a encore condamné mercredi ce «dernier chapitre de cette longue saga». Le président du parti, Reince Priebus, a accusé l'ancienne Première dame de «ne pas avoir dit la vérité depuis le premier jour» de cette affaire.

Aux yeux du dirigeant républicain, «les enjeux de cette élection sont trop élevés pour confier la Maison-Blanche à quelqu'un qui manque de jugement et qui méprise la loi comme Hillary Clinton».

L'affaire des courriels de l'ex-secrétaire d'État a conduit il y a plusieurs mois le FBI à enquêter et à interroger son plus proche entourage.

Mme Clinton elle-même devrait être interrogée prochainement, avait rapporté il y a quelques semaines le Washington Post.

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