Mort de Freddie Gray: un policier acquitté

Edward Nero fait partie des six policiers devant... (AP, Jose Luis Magana)

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Edward Nero fait partie des six policiers devant être jugés séparément pour le décès de Freddie Gray.

AP, Jose Luis Magana

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Michael Mathes, Shahzad Abdul
Agence France-Presse
Baltimore

Un policier de Baltimore a été acquitté lundi dans l'affaire Freddie Gray, ce jeune Noir mort il y a plus d'un an après une interpellation aux circonstances toujours floues, dans un procès symbolique des brutalités policières aux États-Unis.

Edward Nero, l'un des six policiers jugés séparément dans la cité portuaire de la côte Est américaine, a été reconnu «non coupable» des quatre chefs d'accusation qui pesaient sur lui, notamment pour violences volontaires, mise en danger de la vie d'autrui et fautes professionnelles.

Comparaissant calme dans la salle d'audience, le policier blanc a accueilli le verdict par une accolade avec ses avocats.

Le policier et sa famille «sont ravis que ce cauchemar soit finalement terminé», a dit son avocat, Marc Zayon, dans un communiqué selon le journal Baltimore Sun.

«Le procureur de la ville s'est empressé de l'inculper, ainsi que les cinq autres policiers, en choisissant d'ignorer totalement les faits et la loi applicable à ce dossier», a poursuivi l'avocat.

Le juge Barry Williams a rejeté l'idée de violences volontaires. Il a estimé que le «contact» entre Edward Nero et Freddie Gray était «légalement justifié» et a écarté la notion de «négligence».

Après son interpellation pour un simple regard le matin du 12 avril 2015, Freddie Gray avait été installé dans un fourgon de police, les membres entravés, pour être emmené au poste. Le jeune homme a subi, dans des circonstances floues, une fracture des vertèbres cervicales lors de ce transport. Il a succombé à ses blessures le 19 avril.

Freddie Gray n'était pas attaché par une ceinture de sécurité, mais là aussi, le policier ne porte pas de responsabilité, selon le juge noir. Ce dernier affirme que, de là où se trouvait Edward Nero, il pouvait «raisonnablement penser» que l'un de ses collègues allait s'occuper de cette tâche pour éviter à Freddie Gray d'être balloté dans le véhicule.

«Pas de justice, pas de paix»

Plus d'un an après les faits, Edward Nero est le deuxième policier sur six - trois Blancs, trois Noirs - à être jugé pour ces faits.

Le procès d'un premier officier de police avait démarré en décembre, mais s'était soldé par une annulation surprise, faute de verdict, et le policier sera rejugé.

Si l'on ne sait toujours pas ce qui s'est réellement passé dans le fourgon, la famille de Freddie Gray et une partie de la population noire de Baltimore est convaincue qu'il s'agit d'une énième bavure policière visant leur communauté.

Les policiers, eux, plaident la blessure accidentelle.

«Maintenant que l'affaire pénale est finie, le policier Nero va faire l'objet d'une enquête administrative du département de la police», a commenté la maire de Baltimore Stephanie Rawlings-Blake dans la foulée de l'annonce de son acquittement.

«Nous demandons de nouveau aux citoyens d'être patients et de permettre au processus d'être mené à terme. En cas de troubles dans la ville, nous sommes prêts à répondre», a-t-elle ajouté.

Un avertissement qui n'est pas lancé au hasard : la mairesse veut éviter que ne se reproduisent les événements survenus après la mort de Freddie Gray, qui avait déclenché des émeutes, pillages et actes de vandalisme, dans un contexte de bavures policières répétées contre des Noirs dans le pays.

Les autorités avaient dû déclarer l'état d'urgence, instaurer un couvre-feu et appeler les militaires de la garde nationale en renfort pour ramener le calme.

«Nous protégerons nos voisins, nos entreprises et les habitants de notre ville», a encore promis Mme Rawlings-Blake.

Devant le tribunal de Baltimore, après la décision rendue lundi, une quinzaine de manifestants criaient : «pas de justice, pas de paix».

«Innocent?» s'est indigné l'un des manifestants, Arthur Johnson. «Comment pouvons-nous continuer à espérer? Mais c'est tout ce qu'il nous reste, n'est-ce pas», a-t-il dit à l'AFP.

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