L'homme-clé des attentats de Paris garde le silence

Frank Berton, l'avocat de Salah Abdeslam, déplore les... (AP, Christophe Ena)

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Frank Berton, l'avocat de Salah Abdeslam, déplore les conditions de détention de son client, arguant que l'isolement et la vidéo-surveillance constante de sa cellule ne l'encouragent pas à collaborer.

AP, Christophe Ena

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Nathalie Alonso, Pauline Talagrand
Agence France-Presse
Paris

Il avait, paraît-il, «envie de s'expliquer», il n'a finalement pas ouvert la bouche : Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando djihadiste des attentats de Paris, a refusé vendredi de s'exprimer lors de son premier interrogatoire devant la justice française.

«Salah Abdeslam a d'entrée de jeu fait valoir son droit au silence», a déclaré le parquet de Paris à l'issue d'une comparution qui était très attendue six mois après le carnage.

«Il a également refusé de préciser les raisons» de son silence et même de «confirmer les déclarations» qu'il avait faites en Belgique lors de son arrestation le 18 mars, a-t-il ajouté.

Interpellé après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam, un petit caïd radicalisé de 26 ans, est le seul suspect entre les mains de la justice française à être directement lié aux attentats de Paris, qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015.

«Il n'a pas souhaité s'exprimer aujourd'hui» et a indiqué «qu'il le ferait plus tard», a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats, Frank Berton. Il «est maître du moment qu'il choisira pour parler». Selon le parquet, Salah Abdeslam n'a toutefois fait aucune promesse pour la suite.

Lors de son inculpation, Me Berton avait déjà affirmé que son client s'exprimerait «ultérieurement», de quoi susciter un espoir de vérité chez les victimes qui doivent être reçues pour la première fois par les juges d'instruction du 24 au 26 mai à Paris.

«Qu'il rentre dans un mur de silence, c'est une insulte à la mémoire des victimes», a réagi Me Samia Maktouf, qui défend plusieurs d'entre elles. Son confrère Olivier Morice, autre avocat de victimes, a dénoncé «une forme de manipulation de l'opinion publique».

Selon une source proche du dossier, c'est Mehdi Nemmouche, soupçonné d'avoir attaqué le musée juif de Bruxelles en 2014, qui lui a conseillé de garder le silence.

Les deux hommes ont été détenus pendant un mois dans la même prison de Bruges et auraient réussi à communiquer en élevant la voix, selon des gardiens cités par cette source.

«Petit confort»

Salah Abdeslam avait été remis à la France, où il a été inculpé pour assassinats terroristes le 27 avril. Il est depuis incarcéré à l'isolement à Fleury-Mérogis, au sud de Paris.

Lors de sa courte audition vendredi, son avocat a déploré cet isolement et la vidéosurveillance en permanence dans sa cellule. «On peut penser que ça ne le conduit pas à collaborer», a-t-il dit à la presse.

«Il s'inquiète de son petit confort [...] mais il ne lui viendrait jamais à l'idée de se demander pourquoi les victimes ont, elles perdu le sommeil à cause d'une vie abîmée par sa faute», a déploré Me Mehana Mouhou, qui défend des victimes.

Salah Abdeslam apparaît comme un acteur central de l'expédition meurtrière du 13 novembre. C'est lui qui a déposé les trois kamikazes du Stade de France avant d'être exfiltré vers la Belgique. Avant les attentats, il a loué des véhicules et des planques en région parisienne. Dans les mois qui précèdent, il avait multiplié les voyages pour convoyer des membres du réseau à travers l'Europe.

Ami d'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques et tueur des terrasses, il a probablement partagé de nombreux secrets avec lui.

Abdeslam en sait probablement beaucoup sur la conception du projet djihadiste, ses commanditaires et d'éventuels complices encore dans la nature. Il peut aussi aider à démêler les liens entre les attentats de Paris et ceux du 22 mars à Bruxelles (32 morts), fomentés par la même cellule du groupe État islamique (EI).

Interrogé en Belgique, il avait d'abord minimisé son rôle, avant de se murer dans le silence.

Dans cette enquête tentaculaire, plus d'une vingtaine de personnes ont été inculpées, principalement en Belgique. Les juges français ont délivré récemment quatre mandats d'arrêt visant des suspects détenus en Belgique, dont trois soupçonnés d'avoir aidé Abdeslam dans sa fuite.

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