Un concours de poèmes anti-Erdogan remporté par... l'ex-maire de Londres

Boris Johnson... (AP, Kirsty Wigglesworth)

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Boris Johnson

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Agence France-Presse
LONDRES

Un «concours de poèmes insultants» envers le président turc Recep Tayyip Erdogan organisé par un hebdomadaire britannique a consacré jeudi un vainqueur inattendu en la personne de Boris Johnson, ancien maire de Londres et principal avocat d'un Brexit.

Le magazine The Spectator a lancé l'initiative en guise de solidarité avec l'humoriste allemand Jan Böhmermann, qui est poursuivi en Allemagne pour un poème dans lequel le président turc est traité de pédophile et de zoophile.

Dans une entrevue à l'hebdomadaire suisse Die Weltwoche paru jeudi, Boris Johnson, qui a l'ambition de devenir premier ministre, a qualifié ces poursuites de «scandale».

«Si quelqu'un veut faire une blague sur l'amour qui fleurit entre le président turc et une chèvre, il devrait pouvoir le faire, dans n'importe quel pays européen, y compris en Turquie», a-t-il dit.

Jamais avare de bons mots, l'excentrique «BoJo» s'est ensuite lancé, à la demande des journalistes qui l'interviewaient, dans un limerick, un poème humoristique de cinq vers, apparemment improvisé.

L'ancien maire de Londres, dont l'arrière-grand-père était turc, y évoque «un jeune gars d'Ankara» qui «sema l'avoine sauvage» avec «l'aide d'une chèvre», décrochant aussitôt la palme du «concours de poèmes insultants envers le président Erdogan», doté d'une récompense de 1000 livres (près de 2000$).

Tout en assumant un certain manque d'objectivité, Douglas Murray, l'instigateur de ce prix pas très sérieux, s'est félicité de la victoire de Boris Johnson, un ancien journaliste qui fut un temps rédacteur en chef du Spectator.  «C'est formidable qu'un leader politique britannique montre que la Grande-Bretagne ne va pas s'agenouiller devant le présumé califat à Ankara», a-t-il souligné au sujet du chef de file des pro-Brexit lors du référendum sur une sortie de l'Union européenne le 23 juin.

«Erdogan a beau mettre sous les verrous ses opposants en Turquie [...], en Grande-Bretagne, nous continuons à respirer l'air libre», a ajouté Douglas Murray.

À la demande de M. Erdogan, la chancelière allemande Angela Merkel a autorisé en avril une procédure judiciaire rarissime pouvant valoir à Jan Böhmermann des poursuites pour insultes à un dirigeant étranger.

L'humoriste avait lu ce poème fin mars sur la chaîne de télévision publique ZDF, pour dénoncer la remise en cause des libertés publiques en Turquie.

 

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