La situation s'envenime au Venezuela

Coupures d'électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et... (AP, Ariana Cubillos)

Agrandir

Coupures d'électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et lynchages : le Venezuela sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d'une coalition d'opposition aux élections législatives, fin 2015.

AP, Ariana Cubillos

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Marc Burleigh, Alexander Martinez
Agence France-Presse
Caracas

L'opposition vénézuélienne et le président Nicolas Maduro ont vivement haussé le ton mardi, la première appelant l'armée et la population à la désobéissance, le second invoquant une «fraude» pour invalider un projet de référendum qui l'évincerait.

En début de soirée, l'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, a rejeté le décret présidentiel sur l'état d'exception. Les députés, qui ont voté à main levée, ont estimé que l'état d'exception «approfondit la grave altération de l'ordre constitutionnel et démocratique que subit le Venezuela».

En cas de vote négatif, «nous serons, nous Vénézuéliens, dans l'obligation d'ignorer ce décret», avait averti plus tôt dans la journée Henrique Capriles, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2013 face à Nicolas Maduro.

«Tous les actes que nous considérons nuls, car ils violent la Constitution (...) ignorons-les», avait-il ajouté au cours d'une interview à la radio, appelant une nouvelle fois à descendre dans la rue dès mercredi pour réclamer un référendum en vue de destituer le président vénézuélien.

M. Capriles a aussi demandé à l'armée de choisir entre la Constitution et le président Maduro. «Je dis aux forces armées : l'heure de la vérité est arrivée, celle de décider s'ils sont avec la constitution ou avec Maduro», a-t-il lancé.

En face, Nicolas Maduro a annoncé que le référendum, pas «viable» selon lui, n'allait pas «aboutir» et il a accusé l'opposition de «fraude». Les autorités ont d'ores et déjà annoncé que ces défilés ne seraient pas autorisés.

À l'image de l'opposition, les experts pointent le risque «d'explosion» du pays alors que sept Vénézuéliens sur dix réprouvent la gestion de leur président, selon un sondage de l'institut Venebarometro.

«Intrusion illégale»

Coupures d'électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et lynchages : ce pays pétrolier sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d'une coalition d'opposition aux élections législatives, fin 2015.

Lundi soir, le pays a fait un pas de plus vers l'autoritarisme après la proclamation de «l'état d'exception» par Nicolas Maduro, qui multiplie les déclarations à l'emporte-pièce face à une «menace extérieure» jusqu'ici mal identifiée.

Mardi, il a directement accusé les États-Unis d'intrusion dans l'espace aérien vénézuélien la semaine dernière, et annoncé une protestation diplomatique officielle.

«Notre force aérienne, notre aviation militaire bolivarienne, a détecté l'intrusion illégale à des fins d'espionnage du Boeing 700 E-3 Sentry, doté de tous les mécanismes pour exercer une surveillance électronique», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Washington, qui nie tenter d'influer sur le cours des événements au Venezuela, a fait part de sa préoccupation sur la situation du pays lundi.

Un décret publié dans la soirée de lundi a étendu durant 60 jours les prérogatives du gouvernement en matière de sécurité et de distribution alimentaire : l'armée et la police ont désormais pour ordre de «garantir la distribution et la commercialisation des aliments et produits de première nécessité».

Des comités locaux de citoyens, récemment créés, se voient dotés de pouvoirs de «surveillance» et de «maintien de l'ordre» pour «garantir la sécurité et la souveraineté du pays».

Restrictions des libertés individuelles 

Certains experts soulignent les restrictions en matière de libertés individuelles et le risque d'affrontements civils. Si le décret ne prévoit pas explicitement de limitation du droit à manifester, il permet au gouvernement d'«appliquer des plans spéciaux de sécurité qui garantissent le maintien de l'ordre public».

«Des civils qui exercent un contrôle social, cela promeut la violence politique, car ces groupes sont désormais autorisés à réprimer le mécontentement social qui est en hausse», juge Marino Alvarado, un militant des droits de l'Homme.

Côté distribution et gestion énergétique, le dirigeant vénézuélien s'est attribué la faculté de réguler la journée de travail dans le secteur privé, et plus seulement dans le public, où les services ne sont ouverts que deux jours par semaine jusqu'au 27 mai, pour économiser de l'énergie.

Le bras de fer entre chavistes (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) et anti-chavistes s'est intensifié depuis que l'opposition a rassemblé début mai 1,8 million de signatures pour lancer le processus du référendum pour révoquer le président, qu'elle espère organiser d'ici fin 2016.

Le pays a subi en 2015 une inflation de 180,9 %, une des plus élevées au monde, et un recul du PIB de 5,7 %, pour la deuxième année consécutive.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer