Le voyage de la dernière chance pour des rhinocéros

Pour éviter l'extinction des rhinocéros massacrés pour leurs cornes, des... (Agence France-Presse)

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Susan Njanji
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Pour éviter l'extinction des rhinocéros massacrés pour leurs cornes, des défenseurs des animaux ont opté pour une solution aussi radicale qu'onéreuse: les contraindre à émigrer. Quatre-vingts mammifères vont être transférés d'Afrique du Sud vers l'Australie, un havre de paix à l'abri du braconnage.

Ray Dearlove, un Sud-Africain de 68 ans installé en Australie, est à l'origine de ce projet ambitieux.

«Nous comptons déplacer 80 rhinocéros sur une période de quatre ans. Nous pensons que cela va permettre d'obtenir un élevage qui pourra se reproduire», explique à l'AFP cet ancien directeur commercial à la retraite, cofondateur du «Projet rhinocéros en Australie».

Actuellement en Afrique du Sud, il prépare les détails techniques, et notamment le transport aérien de ces grands mammifères à 11000 kilomètres de leur pays d'origine.

Six rhinocéros feront partie du premier voyage organisé d'ici la fin de l'année. «Il faut que cette première se passe bien. C'est compliqué et cher», reconnaît Ray Dearlove.

Déplacer un rhinocéros vers l'Australie coûte 60 000 dollars australiens (56 000 $CAN) et le projet est uniquement financé par des dons de particuliers ou d'entreprises privées.

Une fois la première opération menée avec succès, le Sud-Africain espère «accélérer le mouvement».

Braconnage

Les rhinocéros sont tués pour leurs cornes, essentiellement composées de kératine, comme les ongles humains. La poudre qui en est issue est très populaire en Asie où on lui prête des vertus thérapeutiques qui n'ont jamais été scientifiquement prouvées.

Un total de 1338 rhinocéros, selon l'Union internationale pour la protection de la nature (IUCN), ont été massacrés en 2015 sur l'ensemble du continent africain, un record depuis 2008 et le début de la vague de braconnage.

La plupart ont été tués en Afrique du Sud qui abrite 80 % de la population mondiale, et notamment dans le parc Kruger, frontalier du Mozambique.

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