Un «fantôme» inquiétant au Liberia

Parti de Dakar le soir du 21 avril,... (AFP, Zoom Dosso)

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Parti de Dakar le soir du 21 avril, le pétrolier Tamaya 1 a signalé sa position pour la dernière fois le 22 avril et s'est échoué sur les côtes du Liberia le 3 mai, en partie incendié et sans âme qui vive à bord.

AFP, Zoom Dosso

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Zoom DOSSO
Agence France-Presse
ROBERTSPORT

Ses vagues et ses plages idylliques ont fait la réputation de Robertsport, destination prisée des surfeurs dans le nord-ouest du Liberia. Mais, depuis quelques jours, c'est un bateau fantôme échoué au large qui attire les curieux et inquiète ses habitants.

Ce navire, un pétrolier baptisé Tamaya 1, a été découvert par des résidents le 3 mai, sans équipage ni passagers à bord et en partie incendié. Depuis, il n'a pas bougé, racontent des témoins à l'AFP qui s'est rendue vendredi dans cette localité sur la péninsule de Cape Mount, à quelque 110 kilomètres de la capitale Monrovia.

Le bateau est actuellement surveillé par la police, mesure décidée en raison de tentatives de pillage, indique le sergent Himie Merchant, membre de l'équipe déployée sur les lieux.

Selon lui, certains suspects de ces pillages ont été arrêtés, et d'autres ont pu s'enfuir, sans qu'on sache s'ils ont pu emporter quelque chose du bateau.

Les autorités enquêtent notamment sur les propriétaires du pétrolier, sa cargaison précise et sa destination finale, tous inconnus pour l'heure.

Pour ajouter au mystère, le canot de sauvetage du Tamaya 1 a été retrouvé jeudi à Buchanan, la deuxième ville portuaire du Liberia, à plus de 200 kilomètres de Robertsport. Là également, dit une source de sécurité sous couvert d'anonymat, «il n'y avait personne à bord. Nous sommes actuellement en train de le remorquer pour le garder dans un poste de police».

«Les habitants de Cape Mount ont remarqué la présence du bateau et, pendant plus de trois jours, n'ont vu personne en sortir. Cela a suscité des inquiétudes pour la sécurité, certains ont même paniqué», explique la commissaire de la police provinciale, Tenneh Kpadebah.

«Certains jeunes y ont pénétré et ont découvert qu'il n'y avait ni membres d'équipage, ni personne à bord. J'ai saisi les autorités en charge de la sécurité», qui ont ordonné le déploiement de la police sur place, ajoute Mme Kpadebah.

Selon le site spécialisé dans le transport maritime Marine Traffic, Tamaya 1, construit en 1980, est un pétrolier de près de 64 mètres de long battant pavillon panaméen. Il a signalé sa position pour la dernière fois le 22 avril en matinée, au lendemain de son départ du port de Dakar, au Sénégal, peu avant 23h (19h, heure du Québec).

Crainte de Boko Haram

Sur sa peinture rouge, le navire, gisant à quelques mètres du rivage, le nom Tamaya 1 est peint en lettres blanches. Une partie de la cabine de commandement et le mât sont calcinés.

«Nous avons été désignés par les autorités pour surveiller le bateau, et nous assurer qu'aucun civil ne monte à bord. Personne d'autre n'est autorisé ici» pour éviter d'éventuels accidents, déclare Robert T. Siafa, responsable des services de l'immigration du comté de Grand Cape Mount.

Un déploiement policier qui peine à convaincre tous les habitants de Robertsport, ville à laquelle on accède par une piste serpentant entre des champs de tubercules, des palmeraies et une épaisse forêt.

Ici, certains croient même que ce bateau fantôme a servi à transporter au Liberia des membres du groupe islamiste nigérian Boko Haram en vue d'y commettre une attaque. Ce groupe qui sévit depuis 2009 au Nigeria a étendu ses assauts meurtriers à des États voisins : le Tchad, le Niger et le Cameroun.

Ce sont «des rumeurs, martèle le sergent Himie Merchant, mais, bien sûr, ce n'est pas vrai. [...] Il n'y a aucune menace pour la sécurité».

Emmanuel Belema, 34 ans, ne croit pas cette version officielle et ne démord pas de son hypothèse d'une probable incursion de Boko Haram.

«Nul ne peut me convaincre que le bateau était vide» lorsqu'il s'est échoué sur la plage, clame Belema. «Et si les gens y étaient, alors où sont-ils passés? Je crois que nous devons envisager que c'est ainsi que Boko Haram s'installe quelque part.»

Sans être aussi catégorique, Mathew Sackie, 46 ans, s'avoue aussi sceptique face aux assurances officielles.

«C'est vrai que le gouvernement nous a dit de ne pas paniquer, mais personne ne nous explique avec certitude pourquoi un bateau vide a dérivé de la haute mer jusqu'à notre plage, déplore-t-il. Je suis inquiet.»

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