Corée du Nord: premier grand show politique en 36 ans

Une policière monte la garde à Pyongyang, devant des... (AP, Wong Maye-E)

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Une policière monte la garde à Pyongyang, devant des drapeaux du Parti des travailleurs de Corée, en réunion exceptionnelle.

AP, Wong Maye-E

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Simon MARTIN
Agence France-Presse
Pyongyang

Le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-Un, a ouvert vendredi le premier congrès du parti unique en 36 ans, en saluant l'essai nucléaire «historique» de janvier, signe de «la puissance illimitée» de son pays.

Costume et cravate à l'occidentale, Kim a félicité les scientifiques pour «avoir créé un événement miraculeux en faisant retentir le son magnifique et grisant de la première bombe H de notre république».

Il s'exprimait devant des milliers de délégués triés sur le volet venus de tout le pays pour assister à Pyongyang à ce rassemblement exceptionnel du Parti des travailleurs de Corée (PTC), dans l'imposant Palais du 25 avril.

L'essai «a clairement démontré au monde entier notre esprit invincible et notre puissance illimitée... en réponse à la pression malveillante et aux sanctions des forces ennemies», a encore lancé le dirigeant.

Le discours, retransmis à la télévision d'État, a été fréquemment interrompu par des tonnerres d'applaudissements, avec une ovation monstre quand il s'est achevé.

La plupart des experts remettent en question le fait que l'essai de janvier ait pu être celui d'une bombe H, arguant que l'énergie libérée était bien trop faible.

Les spéculations s'étaient multipliées ces derniers temps sur la possibilité que Pyongyang s'apprête à mener un cinquième essai nucléaire, qui coïnciderait avec la tenue du congrès.

Les spécialistes de l'Institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins ont dit jeudi, sur la foi des dernières images satellite du principal site nord-coréen d'essais nucléaires à Punggye-ri, que rien ne permettait de se prononcer sur l'imminence ou non d'un essai.

Journalistes à l'écart

Kim Jong-Un, 33 ans, n'était pas né lors du dernier congrès du PTC, en 1980. Celui-ci avait été organisé pour désigner Kim Jong-Il, son père, comme successeur de son propre père, Kim Il-Sung, fondateur d'un règne dynastique qui dure depuis près de 70 ans.

La réunion, dont la durée n'est pas connue, sera scrutée de près par les observateurs à la recherche de signes éventuels d'un changement de ligne ou de personnes, avec l'ascension possible d'une nouvelle génération de cadres choisis pour leur loyauté.

Les quelque 130 journalistes étrangers invités à couvrir l'événement 2016 n'étaient pas autorisés à entrer dans le Palais du 25 avril, dont la façade était décorée de portraits géants des deux dirigeants défunts. Les photographes et vidéastes étaient tenus à 200 mètres à l'écart.

Le menu de ce congrès n'était pas non plus dévoilé, mais son objectif principal était vraisemblablement d'asseoir le statut de Kim Jong-Un en tant qu'héritier légitime.

Absence remarquée

La Chine n'était pas représentée au congrès, selon les médias officiels chinois, peut-être le signe d'un froid entre Pyongyang et son seul allié majeur. En 1980, Pékin avait dépêché une importante délégation dirigée par Li Xiannian, devenu ensuite chef de l'État.

Des drapeaux du PTC, ainsi que le drapeau national, ont fleuri au bord des larges avenues de Pyongyang. «Les grands camarades Kim Il-Sung et Kim Jong-Il seront toujours parmi nous», proclamaient les bannières.

Les journalistes étrangers étaient dûment accompagnés de «gardiens», et les passants acceptant de s'exprimer s'en tenaient à la ligne officielle.

Depuis l'arrivée du jeune dirigeant au pouvoir en décembre 2011, après le décès de son père, la Corée du Nord a mené deux essais nucléaires et deux tirs réussis de fusées, généralement considérés comme des essais déguisés de missiles balistiques.

Alors même que la communauté internationale réagissait par des condamnations doublées de sanctions, Kim Jong-Un a poursuivi avec détermination ses efforts pour mettre au point une arme nucléaire crédible, à l'aide de tests de missiles et d'essais techniques complémentaires.

Il s'est également montré impitoyable envers tous ceux qu'il considérait comme déloyaux au sein du parti, du gouvernement et de l'armée. Il a ordonné l'exécution de son oncle et ex-mentor, Jang Song-Thaek.

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