Brésil: l'homme qui voulait destituer Dilma Rousseff suspendu

Des Brésiliens célèbrent le départ d'Eduardo Cunha, écarté... (AFP, Andressa Anholete)

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Des Brésiliens célèbrent le départ d'Eduardo Cunha, écarté de ses fonctions pour entrave à la justice.

AFP, Andressa Anholete

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Agence France-Presse
Brasilia

La justice brésilienne a écarté jeudi de ses fonctions le controversé président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, stratège de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, pour entrave aux enquêtes pour corruption le visant dans le scandale Petrobras.

Visé par de multiples accusations de corruption, Cunha a tiré depuis décembre les ficelles de la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, dont il est le plus farouche adversaire.

Un juge du Tribunal suprême fédéral (STF), Teori Zavaski, a estimé qu'il avait usé de ses fonctions «dans son propre intérêt et de façon illicite pour empêcher que les investigations à son encontre n'arrivent à leur terme».

Ce haut magistrat a donc décidé de suspendre M. Cunha de ses fonctions de député et de son mandat de président de la chambre basse, suivant des réquisitions du procureur général Rodrigo Janot.

Député évangélique ultraconservateur, Eduardo Cunha, 57 ans, incarne l'aile dure du grand parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, qui a claqué en mars la porte de la coalition présidentielle dirigée depuis 2003 par le Parti des travailleurs.

Les sénateurs doivent se prononcer le 11 mai par un vote à la majorité simple sur l'ouverture formelle d'un procès en destitution de Mme Rousseff, pour maquillages présumés des comptes publics. Elle serait alors écartée du pouvoir pendant au maximum six mois en attendant le jugement final des sénateurs.

L'issue de ce vote ne fait pratiquement plus aucun doute et le vice-président Temer se prépare à assumer la présidence et à former un nouveau gouvernement.

S'il n'avait pas été écarté de ses fonctions, M. Cunha serait alors devenu second dans l'ordre de succession.

«Il n'existe pas le moindre doute que le suspect [Cunha] ne présente pas les conditions personnelles minimales pour exercer en ce moment, dans leur plénitude, les fonctions de président de la chambre des députés, ce qui le qualifie encore moins pour la substitution de la présidence de la République», ajoute le juge Zavaski.

La décision judiciaire a pris tout le monde par surprise à Brasilia, à commencer par Eduardo Cunha lui-même, qui est demeuré chez lui, se refusant à faire tout commentaire.

D'autant qu'une réunion collégiale du STF avait été fixée dans l'après-midi pour décider si M. Cunha pourrait le cas échéant assumer la présidence tout en étant formellement prévenu pour corruption.

Eduardo Cunha est en instance de jugement devant le STF pour avoir dissimulé sur des comptes en Suisse au moins 5 millions $ qui proviendraient de fonds détournés du groupe pétrolier étatique Petrobras.

Il est visé par 11 autres procédures devant le STF, pour d'autres soupçons de corruption liés au scandale Petrobras qui éclabousse une grande partie de l'élite politique, de l'ex-président Lula au chef de l'opposition, Aecio Neves.

«Acte de vengeance»

Cunha a joué un rôle très critiqué dans la procédure de destitution de Dilma Rousseff, qu'il a déclenchée en décembre quelques heures seulement après l'ouverture d'une procédure contre lui devant la commission d'éthique du Parlement.

Il a ensuite mené la procédure de destitution de la présidente au pas de charge, tout en usant d'incessants artifices réglementaires pour freiner les travaux de la commission d'éthique à son encontre.

Ces manoeuvres ont donné du grain à moudre au camp de Dilma Rousseff qui se dit victime d'un «coup d'État parlementaire» ayant pour origine un «acte de vengeance personnel» du sulfureux Eduardo Cunha.

L'avocat général de l'État, José Eduardo Cardozo, défenseur de Mme Rousseff, a rapidement réagi en annonçant qu'il allait demander l'annulation de la procédure de destitution de celle-ci.

«La décision du tribunal suprême démontre de manière clarissime et indiscutable que M. Cunha a détourné ses fonctions» pour nuire à la présidente, a-t-il argumenté devant la Commission de destitution du Sénat.

Le vice-président de la chambre des députés, Waldir Maranhao, lui-même soupçonné de corruption dans le dossier Petrobras, a immédiatement assumé les fonctions de M. Cunha dont il est un proche allié.

Sa première décision a été de couper les micros et de mettre fin à la séance, alors que les députés de gauche se félicitaient de la suspension de l'artisan de la destitution de Dilma Rousseff.

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