Kasich quitte la course, Trump peut s'attaquer à Clinton

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À l'instar de Ted Cruz mardi soir, John Kasich a annoncé mercredi qu'il quittait la course à l'investiture présidentielle du Parti républicain. Le milliardaire Donald Trump se retrouve ainsi sans opposition, confirmant à toutes fins utiles qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de novembre.

AP, John Minchillo

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Agence France-Presse
Washington

Le milliardaire populiste Donald Trump a attaqué mercredi Hillary Clinton, sa probable adversaire de l'élection présidentielle américaine de novembre, tout en promettant d'unifier un Parti républicain déchiré.

Après Ted Cruz mardi soir, John Kasich a annoncé mercredi à Columbus, en Ohio, qu'il jetait l'éponge à son tour, dans la foulée du triomphe du milliardaire lors de la primaire de mardi dans l'Indiana. Aucun des deux ne s'est formellement rallié au vainqueur à ce jour.

En l'absence d'adversaires, plus rien n'empêche le milliardaire de remporter les 1237 délégués requis pour empocher automatiquement l'investiture au congrès de Cleveland, en juillet.

«Hillary Clinton a fait preuve de manque de jugement», a déclaré Donald Trump sur MSNBC mercredi. «C'est Bernie Sanders qui l'a dit. Regardez le scandale des courriels, elle ne devrait même pas avoir le droit d'être candidate.»

Le candidat prétend vouloir tourner la page des primaires et faire la paix avec un parti qui a pourtant tout fait pour le bloquer. «Nous allons unifier le parti, nous allons rassembler les gens», a-t-il assuré sur Fox News. Mais, conscient de l'opposition irréductible de certains conservateurs, il ajoute : «Je ne veux pas forcément tout le monde, pour être honnête.»

Donald Trump a cependant commencé à chercher un colistier pour être candidat au poste de vice-président, un choix qu'il devrait officialiser avant le congrès, conformément à la tradition.

«Ce sera probablement quelqu'un avec une expérience politique. [...] J'aimerais que ce soit quelqu'un qui soit capable d'interagir avec le Sénat, avec le Congrès, pour faire voter des lois», a-t-il dit sur ABC.

Au terme d'une campagne extraordinaire de 10 mois et demi, Trump a au total éliminé 16 candidats plus qualifiés les uns que les autres, des gouverneurs, des sénateurs et des chefs d'entreprise dont les compétences n'ont pu rivaliser avec ce qui a justement fait le succès de l'homme d'affaires : son absence totale d'expérience politique, le New-Yorkais de 69 ans n'ayant jamais exercé de mandat électoral.

«Danger public»

Le président du Parti républicain, Reince Priebus, s'est résigné à l'inéluctable et a appelé dès mardi à l'unité autour de Donald Trump, le qualifiant de «candidat présumé».

Si le probable duel Clinton-Trump survient, c'est Hillary Clinton, 68 ans, qui partirait favorite. Elle recueille 47 % des intentions de vote des Américains contre 41 % pour Donald Trump, selon la moyenne des six derniers sondages réalisés. Un sondage CNN publié mercredi donne même à l'ancienne première dame un pointage de 54 %, contre 41 % pour le controversé milliardaire.

La démocrate a l'intention de mettre en avant son expérience en rappelant inlassablement aux Américains les diverses déclarations et propositions incendiaires ou approximatives du candidat Trump.

«J'ai observé la présidence de près, de deux points de vue différents», a-t-elle martelé dans un entretien sur CNN. «Nous ne pouvons pas courir le risque qu'un danger public comme Donald Trump dirige notre pays.»

«Donald Trump est d'accord pour que d'autres pays aient l'arme nucléaire», a notamment souligné Hillary Clinton.

Est-elle inquiète des attaques à venir du républicain, qui a insinué qu'il rouvrirait les affaires des Clinton des années 90? «Depuis 25 ans que je suis dans l'arène, j'ai subi à peu près toutes les attaques politiques imaginables», a-t-elle répondu.

Son adversaire des primaires, Bernie Sanders, lui a infligé un revers mardi dans l'Indiana. Mais ce résultat ne remet pas en cause l'emprise de l'ex-secrétaire d'État sur l'investiture démocrate.

Alors qu'il reste 13 primaires, Mme Clinton domine avec 2218 délégués, ce qui la place proche de la majorité requise, qui est de 2383. M. Sanders, sénateur du Vermont, en a quant à lui 1444.

Difficile unité républicaine autour de Trump

Une partie des républicains - certains modérés, d'autres... (AP, Seth Perlman) - image 3.0

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Une partie des républicains - certains modérés, d'autres conservateurs - refusent absolument de se ranger derrière Donald Trump.

AP, Seth Perlman

Le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump tente désormais de rassembler son camp pour mener la bataille de la présidentielle contre Hillary Clinton, candidate probable des démocrates, mais de nombreux conservateurs rejettent le milliardaire.

Donald Trump a beau avoir quasiment remporté l'investiture républicaine après une campagne haute en couleur et le retrait de ses deux derniers rivaux, Ted Cruz et John Kasich, sa victoire est loin d'être un sacre.

Une partie des républicains - certains modérés, d'autres conservateurs - refusent absolument de se ranger derrière lui, ce qui pourrait se révéler problématique s'ils boudaient les urnes en novembre.

Certains ex-détracteurs républicains ont déjà mangé leur chapeau, comme l'ancien gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, qui traitait Donald Trump de narcissique égocentrique l'année dernière.

La sénatrice républicaine modérée Susan Collins a déclaré qu'elle soutiendrait l'homme d'affaires, mais a enjoint au candidat de «réparer les pots cassés» et de mettre fin à son habitude de lancer des insultes gratuites.

Les Bush ne s'impliqueront pas

Les deux derniers présidents républicains, George W. Bush et son père George H. W. Bush, figures de l'appareil républicain par excellence, ont indiqué, via leur porte-parole, qu'ils resteraient en marge de la campagne présidentielle.

George W. Bush «ne prévoit pas de participer ou de faire de commentaires sur la campagne présidentielle», a déclaré son porte-parole Freddy Ford au Texas Tribune.

Mais d'autres républicains n'entendent pas être passifs et promettent de résister jusqu'au bout à Donald Trump, quitte à voter pour Hillary Clinton.

«Je suis avec elle»

«Le parti républicain va investir un type qui lit le National Enquirer et croit que c'est de son niveau», a par exemple écrit Mark Salter, ancien conseiller du sénateur John McCain, dans un tweet très repris (le National Enquirer est un grand tabloïd américain). «Je suis avec elle», a-t-il ajouté, en reprenant l'expression fétiche des pro-Clinton.

Depuis mardi, des républicains envahissent ainsi Twitter pour jurer de ne jamais voter pour Donald Trump, certains brûlant leur carte électorale, comme Lachlan Markay, un journaliste conservateur.

«Je me suis officiellement désinscrit en tant que républicain», a annoncé Philip Klein, rédacteur en chef de la revue conservatrice Washington Examiner.

Erick Erickson, un auteur conservateur très influent, a éreinté Donald Trump mercredi pour «avoir soutenu des nationalistes blancs et des colporteurs de racisme», ainsi que pour avoir selon lui maltraité ses employés et s'être vanté de son passé de coureur de jupons.

Mais il s'en est aussi pris au parti pour n'être pas parvenu à «placer une limite» contre les déclarations d'intolérance du candidat. «Pourquoi le parti républicain n'a-t-il pas dit que c'était inacceptable?» a-t-il écrit sur le site The Resurgent, déclarant qu'il n'aiderait pas les électeurs à «commettre un suicide national».

Dilemme 

Le parti républicain se retrouve ainsi face au dilemme de devoir soutenir son porte-flambeau à la présidentielle, tout en apaisant le mouvement du «tout sauf Trump».

«Beaucoup de gens sont à cran», a reconnu le porte-parole du parti, Sean Spicer, sur la chaîne MSNBC.

La publication The Hill a recensé une centaine de personnalités républicaines s'étant publiquement engagées à ne pas voter pour Donald Trump, dont les sénateurs Lindsey Graham et Ben Sasse, ou le représentant Justin Amash et Mitt Romney, candidat à la présidentielle de 2012 battu par Barack Obama.

Ben Sasse s'est dit ouvert mercredi à la possibilité d'un candidat tiers, qui représenterait les valeurs conservatrices en novembre.

Le mouvement «NeverTrump» («Jamais Trump») a annoncé qu'il continuerait à se mobiliser, notamment pour aider les candidats républicains au Congrès qui souhaiteraient se distinguer du milliardaire dans l'esprit des électeurs.

Si Donald Trump adoucissait réellement son ton pour devenir, comme il le dit, «plus présidentiel», il est probable qu'une partie des républicains sceptiques reviendraient au bercail dans les prochains six mois. Mais certains assurent être perdus pour de bon.

«Je voterai sans doute pour Gary Johnson», le candidat du parti libertaire, a expliqué le consultant conservateur Brad Marston. «Je ne trouve plus ma place dans le parti républicain actuel».

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