Venezuela: coupures de courant et haute tension

La police bloque une rue de Maracaibo, deuxième... (AFP, Juan Barreto)

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La police bloque une rue de Maracaibo, deuxième ville du pays, où des émeutes et des pillages ont lieu depuis quelques jours.

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Maria Isabel SANCHEZ
Agence France-Presse
MARACAIBO

Dans un salon de coiffure de Maracaibo, au nord-ouest du Venezuela, un client sort précipitamment, les cheveux à moitié coupés. Il reviendra dans quatre heures, après la coupure d'électricité imposée par le gouvernement, une situation qui exaspère la population.

«S'il n'y a pas de courant, comment je paie mes cinq employées et le loyer du local? C'est un désastre, ici on ne peut plus vivre», se lamente la propriétaire du salon Monde de la beauté, Carmela de la Hoz.

Pneus brûlés, commerces pillés, routes bloquées : Maracaibo, deuxième ville du pays avec 1,5 million d'habitants, est le théâtre depuis plusieurs jours d'émeutes et de pillages, autant de démonstrations de colère de Vénézuéliens lassés de la crise économique et énergétique.

Cette double crise a poussé le président socialiste Nicolas Maduro à annoncer des mesures spectaculaires, comme la réduction à deux jours seulement de la semaine de travail des fonctionnaires et la coupure de l'électricité quatre heures par jour dans une grande partie du pays, sauf dans la capitale, Caracas.

«C'est une cocotte-minute sur le point d'exploser», affirme Carmela.

À ses côtés, son employée Maria Teté, 61 ans, semble elle aussi agacée face au rationnement du courant, alors qu'elle doit déjà patienter des heures devant le supermarché pour faire ses courses, où les rayons sont souvent vides.

«Moi, je supporte les files d'attente et j'avais réussi à accumuler presque cinq kilos de viande. Tout s'est perdu quand le réfrigérateur a dû faire cette pause quotidienne obligatoire», raconte-t-elle.

«On essaie de survivre, mais c'est pire chaque jour. Ma fille a quitté le pays, car ici il n'y a pas d'avenir», ajoute-t-elle.

Maracaibo, surnommée avec humour «la ville la plus froide du Venezuela», car les climatiseurs tournent à plein régime pour supporter des températures supérieures à 35 °C, sent désormais la fièvre monter.

Après les débordements des derniers jours, le gouvernement a envoyé sur place des agents antiémeutes de la Garde nationale, chargés de patrouiller dans les rues, contrôler les files d'attente des supermarchés et prévenir de nouveaux troubles.

Privés de courant... pendant 20 heures!

Dans son petit atelier de menuiserie, José Ortega, 45 ans, peine lui aussi à travailler : «Ils ne préviennent pas lorsqu'il y a des coupures, paf et ça y est! On n'a même pas le temps d'éteindre les appareils, tout s'abîme.»

La télévision d'un de ses voisins a grillé, un autre a dû faire une croix sur son réfrigérateur.

Les coupures sont aléatoires et certaines dépassent largement les quatre heures quotidiennes annoncées : le quartier de la Trinidad a ainsi été privé de courant pendant près de 20 heures en début de semaine, selon ses habitants.

Ramon Morillo, pêcheur artisanal de 58 ans, montre son réfrigérateur, qu'il a dû faire réparer pour 14000 bolivars (environ 1750$CAN). «Entre l'électricité, l'eau, la nourriture et ceux qui font de la contrebande. On est foutus!» se plaint-il.

Autrefois riche pays pétrolier grâce à ses réserves qui sont les plus importantes au monde, le Venezuela a été frappé de plein fouet par la chute des cours, sa principale source de devises.

Désormais, le pays souffre de graves pénuries des biens de première nécessité et de l'inflation la plus élevée de la planète (180,9 % en 2015).

Alors, quand l'électricité a commencé à manquer, en raison d'une grave sécheresse provoquée par le phénomène météorologique El Niño, le gouvernement n'a pas pu réagir.

La dernière fois qu'il avait affronté une crise énergétique, en 2010, le pays avait pu importer de l'énergie, mais avec le manque actuel de devises, ce n'est pas une option, observe la société d'analyses Capital Economics.

Capital Economics estime que la crise actuelle pourrait réduire de 1,5 point le produit intérieur brut cette année, portant la contraction de l'économie à 9,5 ou 10 %, l'une des pires performances au monde.

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