«L'Amérique d'abord», le slogan de politique étrangère de Trump

Donald Trump a prononcé, mercredi, un discours de près... (AP, Evan Vucci)

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Donald Trump a prononcé, mercredi, un discours de près de 40 minutes dans un hôtel de Washington, auquel étaient conviés presse et experts en politique étrangère.

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Ivan Couronne, Dave Clark
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a tenté mercredi de définir sa vision en matière de politique étrangère lors d'un discours aux accents isolationnistes mais par moments incohérent, sans détails au-delà du slogan «L'Amérique d'abord».

Le favori de l'investiture républicaine pour la Maison Blanche a prononcé un discours de près de 40 minutes dans un hôtel de Washington, auquel étaient conviés presse et experts en politique étrangère. S'aidant d'un prompteur, il a reformulé les thèmes qui ont fait son succès électoral : priorité aux intérêts américains, protectionnisme et rétablissement du prestige américain à l'étranger, afin que les États-Unis soient à la fois craints et respectés.

«Ma politique étrangère placera toujours les intérêts des Américains et la sécurité de l'Amérique avant toute autre chose», a déclaré Donald Trump. "L'Amérique d'abord" sera le thème majeur de mon administration».

Il a commencé par son habituelle mise en garde aux alliés de Washington, notamment les pays de l'Otan. «Les pays que nous défendons doivent payer pour le coût de leur défense. Sinon, les États-Unis doivent être prêts à laisser ces pays se défendre eux-mêmes», a-t-il menacé.

Il a dénoncé, comme il l'a fait depuis son entrée en campagne, «l'arrogance» de la politique étrangère américaine en Irak, en Libye et en Egypte. «Tout a commencé avec l'idée dangereuse que nous pouvions transformer en démocratie occidentale des pays qui n'ont aucune expérience ou aucun intérêt à devenir des démocraties occidentales», a-t-il dit, en allusion à l'invasion de l'Irak en 2003.

Ligne rouge

Mais ce ton isolationniste était contredit par sa nostalgie apparente pour l'époque où les États-Unis avaient «sauvé le monde», lors de la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. Et il a accusé Barack Obama d'avoir abandonné certains alliés, comme Israël, et d'avoir lâché le président égyptien Hosni Moubarak en 2011.

«Nos amis doivent pouvoir compter sur les accords que nous avons passés avec eux», a-t-il dit. «L'Amérique va redevenir un ami et un allié fiable».

Par sa poigne personnelle, Donald Trump entend rétablir le respect de l'Amérique dans le monde. «Nos amis et nos ennemis doivent savoir que si je trace une ligne rouge, je respecterai cette ligne rouge», a-t-il dit.

«Décousu»

Preuve de la perte d'influence américaine, selon lui, le milliardaire a feint d'être particulièrement vexé que le président cubain et le roi saoudien n'aient pas accueilli en personne le président américain lors de ses récentes visites à Cuba et en Arabie saoudite.

Donald Trump a aussi promis de renouer le lien avec la Russie et la Chine grâce à ses talents de négociateur. «Nous ne sommes pas condamnés à être adversaires», a-t-il dit de Moscou.

Tout en déplorant l'endettement public américain, il s'est engagé à «dépenser ce qu'il faut» pour augmenter le budget de la défense.

Reprenant la ligne du parti républicain, il a défini «l'islam radical» comme l'ennemi numéro un du pays. Le milliardaire a promis d'annihiler le groupe État islamique (EI). «Leurs jours sont comptés», a-t-il dit.

«L'EI disparaîtra si je suis élu président, et ils disparaîtront rapidement. Très, très rapidement», a promis l'homme d'affaires. «Je ne vais pas leur dire où ni comment. Nous devons, en tant que pays, être plus imprévisibles».

Donald Trump n'a pas prononcé le mot d'isolationnisme, préférant dire qu'il rejette «les sirènes du globalisme».

«Contrairement à d'autres candidats présidentiels, la guerre et l'agression ne seront pas mon premier instinct», a-t-il dit. «Nous ne pouvons pas avoir de politique étrangère sans diplomatie, une superpuissance comprend que la prudence et la retenue sont les véritables signes de la force».

Michael Pregent, ancien conseiller du général David Petraeus en Irak, a trouvé le discours «décousu». «Il dit à la fois à nos alliés que nous allons les aider, mais qu'ils devront payer», dit-il à l'AFP. «On dirait que le discours a été écrit dans la précipitation».

«Trump a présenté ses thèmes de façon plus douce et intelligente que d'habitude, mais de nombreuses questions restent en suspens», estime David Pollock, ancien diplomate aujourd'hui au centre de réflexion Washington Institute.

Les adversaires républicains de Donald Trump n'avaient quant à eux plus aucun doute.

«Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe», a écrit le sénateur Lindsey Graham sur Twitter.

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