Obama plaide pour un accord sur le libre-échange avec l'UE

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«Vous avez été un partenaire de confiance pendant toute ma présidence, plus longtemps que tout autre dirigeant dans le monde, et je respecte votre jugement», a dit Barack Obama à la chancelière allemande Angela Merkel, dimanche.

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Marie Julien, Andrew Beatty
Agence France-Presse
Hanovre

Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont mis dimanche leur poids dans la balance pour défendre le projet d'accord de libre-échange Union européenne-États-Unis, malgré l'opposition croissante qu'il suscite des deux côtés de l'Atlantique.

Au premier jour d'une visite en Allemagne, la première économie européenne, M. Obama a souhaité que les négociations sur ce traité connu sous ses acronymes TTIP ou Tafta, actuellement laborieuses, soient bouclées d'ici la fin de l'année, avant son départ de la Maison-Blanche en janvier 2017.

«Je ne m'attends pas à ce que nous soyons en mesure de finir la ratification d'un accord d'ici la fin de l'année, mais je prévois que nous ayons terminé les négociations de l'accord», a dit à la presse Barack Obama après un entretien avec Angela Merkel.

Il effectue une visite de deux jours à Hanovre, après un périple en Arabie Saoudite et au Royaume-Uni, où il a mis en garde contre une sortie de l'Union européenne (UE).

«Si nous ne terminons pas les négociations cette année, avec les transitions politiques à venir aux États-Unis et en Europe, cela pourrait signifier que cet accord ne sera pas achevé avant un certain temps», a insisté le président américain lors de la cérémonie d'ouverture du salon industriel de Hanovre, dont les États-Unis sont cette année le pays invité.

«Achetez américain»

La chancelière allemande Angela Merkel, lui a fait écho en déclarant qu'il fallait «utiliser la chance» de cette «fenêtre de tir serrée». «Cela ne va pas se représenter vite», a-t-elle affirmé, avant de recevoir Barack Obama dans la soirée pour un dîner officiel, en présence de nombreux patrons riels allemands et américains.

L'inquiétude des opinions publiques à l'égard d'un tel accord de libre-échange grandit pourtant des deux côtés de l'Atlantique, alors qu'encore des dizaines de milliers ont manifesté samedi dans les rues de Hanovre.

«TTIP ne va abaisser les normes. Cela va même les relever», a promis Barack Obama. «Au moment où d'autres marchés comme la Chine commencent à se développer [...], nous devons nous assurer que notre économie continue à être compétitive», a-t-il aussi martelé.

Mme Merkel lui a fait écho en estimant que le TTIP «contribuerait beaucoup à faire croître» l'économie européenne.

Mais au sein même du gouvernement de coalition allemand, pourtant considéré comme un des principaux défenseurs du projet en Europe, l'impatience grandit.

L'accord «va échouer» sans concessions de Washington, a averti dimanche le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, présent également à Hanovre. Le numéro deux du gouvernement, un social-démocrate, refuse d'endosser en l'état un texte qu'il résume pour l'instant à la devise : «Achetez américain».

«Achetez allemand c'est bien aussi», a glissé Angela Merkel en écho. Mais elle a promis malgré les divergences «de s'impliquer pour que l'Europe entre dans une forte dynamique de négociations» de l'accord. Un message qui n'est pas partagé par tous ses partenaires dans l'UE.

Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le président français François Hollande refuse d'aborder le sujet du TTIP lundi après-midi lors d'une rencontre prévue avec Angela Merkel, Barack Obama et les dirigeants italien et britannique. Raison invoquée: le sujet serait trop impopulaire en France.

«Bon côté de l'histoire»

Le choix de Barack Obama de se rendre en Allemagne, pour la cinquième fois depuis qu'il est au pouvoir, témoigne de la place qu'il accorde à Angela Merkel en Europe.

Il l'a couverte de louanges devant la presse dimanche à Hanovre.

«Vous avez été un partenaire de confiance pendant toute ma présidence, plus longtemps que tout autre dirigeant dans le monde, et je respecte votre jugement», a dit le président américain à la chancelière à ses côtés.

Il a aussi salué sa politique d'ouverture généreuse à l'égard des migrants depuis l'été 2015, malgré les critiques que ce cap suscite en Allemagne et en Europe.

En agissant de la sorte, Mme Merkel se situe «du bon côté de l'histoire», a estimé M. Obama, se disant «fier du peuple allemand».

En dépit de ces compliments, des divergences subsistent. Le président américain a ainsi rejeté toute idée de zones de protection en Syrie pour les civils, alors que Mme Merkel évoque cette option depuis plusieurs semaines face à la persistance des bombardements.

M. Obama a jugé qu'une telle option n'était pas réalisable «sauf à vouloir prendre le contrôle d'une bonne partie de ce pays».

Il a aussi appelé «tous les pays de l'OTAN» à tenir leurs engagements de dépenses militaires pour assurer la sécurité commune, alors que Berlin a été dans le passé accusé de ne pas en faire assez et de trop compter sur Washington.

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