Grande-Bretagne: les tories au bord de l'implosion avec le Brexit

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Le soutien très appuyé apporté vendredi par Barack Obama à David Cameron à Londres n'a pas contribué à calmer les esprits.

AFP, Peter Nicholls

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Alice RITCHIE
Agence France-Presse
Londres

Il avait convoqué un référendum sur l'Europe dans l'espoir de mettre fin aux divisions de son parti conservateur : le premier ministre David Cameron a en fait ouvert une boîte de Pandore qui va laisser de graves cicatrices.

Les ténors du parti conservateur se sont rangés en deux camps, pour et contre un maintien dans l'Union européenne - et s'invectivent avec une virulence accrue à l'approche du référendum du 23 juin. Les partisans d'un Brexit (British Exit) vont jusqu'à critiquer la politique de leur propre gouvernement pour marquer des points.

Cette ambiance empoisonnée pose la question de l'avenir politique de David Cameron, quel que soit le résultat du référendum.

Les sondages donnent une légère avance au Oui à l'Europe, mais le résultat devrait être serré.

«Le référendum pourrait bien faire éclater les tories», écrivait vendredi Philip Stephens, éditorialiste du quotidien des affaires Financial Times.

Même si l'idée qu'un référendum puisse régler des décennies de division sur l'Europe était «illusoire», «la férocité de la campagne a surpris», souligne-t-il.

Pour Philip Johnston, du Daily Telegraph, «cette guerre civile pourrait bien détruire l'un des partis les plus résistants et populaires au monde».

Ils font ainsi écho au député Ken Clarke, conservateur europhile qui fut ministre sous Cameron, John Major et Margaret Thatcher.

M. Clarke juge son parti «dangereusement proche des déchirements sur l'Europe qui ont contribué à la chute de la Dame de fer et marqué le gouvernement Major, suivi par 13 années dans l'opposition.

«Économiquement ignares»

David Cameron prêche un maintien dans l'UE, mais a laissé les membres du gouvernement et du parti libres de leur choix. Résultat: cinq ministres ont fait défection et 128 députés conservateurs sur 330 se sont rangés dans le camp pro-Brexit.

Ils étaient six au départ, mais l'un d'eux, Iain Duncan Smith, a démissionné mi-mars, assurant protester contre les coupes dans les budgets sociaux sans dissiper le soupçon d'avoir voulu faire un coup d'éclat au profit de son camp.

Ceux qui restent n'ont pas arrêté de critiquer le gouvernement et leurs collègues.

Le ministre de la Justice Michael Gove a accusé les europhiles de donner «une vision déprimante et pessimiste» du pays qui serait incapable de survivre hors de l'UE.

Le chancelier de l'Échiquier George Osborne a, lui, accusé les pro-Brexit d'être «économiquement ignares».

Le soutien très appuyé apporté vendredi par Barack Obama à David Cameron n'a pas contribué à calmer les esprits. Le président américain, en visite à Londres, a affirmé que le Royaume-Uni serait en «queue de peloton» dans les relations commerciales avec les États-Unis en cas de Brexit, faisant hurler à l'ingérence les partisans de l'émancipation de l'UE.

L'avenir de David Cameron

David Cameron affirme qu'il restera à Downing Street quel que soit le résultat du référendum, refusant d'y voir un vote sur son bilan. Il a déjà dit qu'il ne se représenterait pas aux élections de 2020.

Mais Ken Clarke relève qu'il «ne tiendrait pas 30 secondes» en cas de vote pour un Brexit, opinion partagée par de nombreux commentateurs.

Philip Cowley, professeur de politique à la Queen Mary University de Londres, estime que sa survie après le référendum dépend du ton de la campagne et de la marge du résultat.

«Le parti survivra [aux déchirements], mais ils pourraient précipiter la sortie de David Cameron du 10» Downing street, dit-il à l'AFP.

Pour lui, les tensions sont fortes en ce moment, car tout est ouvert. Mais si une tendance se précise et que les partisans du Brexit sentent qu'ils vont perdre, ils deviendront plus conciliants.

«S'il l'emporte avec 20 points d'avance, David Cameron pourra continuer gaîment», dit M. Cowley. Mais si c'est un coude à coude et que l'atmosphère devient de plus en plus survoltée, alors il pourrait partir dans l'année, même si le Brexit ne passe pas».

David  Cameron pourrait aussi remanier son gouvernement après le référendum pour y rassembler les ténors des deux camps.

«Pour rester à son poste, il doit rassembler le parti après le référendum», estime James Forsyth, éditorialiste au magazine conservateur Spectator. «Mais en ce moment, ça s'annonce plutôt compliqué pour lui», conclut-il.

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