Sur les traces de Donald Trump

  • Les partisans de Donald Trump devant le complexe où se tient le meeting du candidat républicain ()

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    Les partisans de Donald Trump devant le complexe où se tient le meeting du candidat républicain

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  • Une partisane de Donald Trump (AP, Julio Cortez)

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    Une partisane de Donald Trump

    AP, Julio Cortez

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  • La police monte la garde entre les partisans et les opposants de Donald Trump à Harrisburg. (AP, Chris Dunn)

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    La police monte la garde entre les partisans et les opposants de Donald Trump à Harrisburg.

    AP, Chris Dunn

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  • L'arrivée de Donald Trump à la réunion d'Harrisburg (AP, Julio Cortez)

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    L'arrivée de Donald Trump à la réunion d'Harrisburg

    AP, Julio Cortez

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  • Un citoyen de Pennsylvanie participe au rassemblement vêtu des couleurs de Donald Trump. (AP, Julio Cortez)

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    Un citoyen de Pennsylvanie participe au rassemblement vêtu des couleurs de Donald Trump.

    AP, Julio Cortez

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  • Donald Trump au meeting d'Harrisburg, Pennsylvanie (AP, Julio Cortez)

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    Donald Trump au meeting d'Harrisburg, Pennsylvanie

    AP, Julio Cortez

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  • En attendant l'arrivée du candidat Trump (AP, Julio Cortez)

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    En attendant l'arrivée du candidat Trump

    AP, Julio Cortez

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  • Une partisane du candidat à l'investiture républicaine ()

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    Une partisane du candidat à l'investiture républicaine

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  • Donald Trump a la célébrité d'une rock-star (AP, Julio Cortez)

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    Donald Trump a la célébrité d'une rock-star

    AP, Julio Cortez

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(HARRISBURG, Pennsylvanie) ENVOYÉ SPÉCIAL AUX ÉTATS-UNIS / (1er de 3) Pendant une semaine, notre reporter Jean-Simon Gagné a suivi le républicain Donald Trump à travers le Maryland, la Pennsylvanie et le Connecticut. Aujourd'hui, l'ambiance électrique qui régnait lors d'un discours de Donald Trump à Harrisburg, en Pennsylvanie, le 21 avril. Un classique du genre.

«Mesdames et messieurs, vous allez bientôt entendre l'homme qui va sauver l'Amérique!»

Le présentateur n'a pas eu besoin d'en dire davantage. Pour les milliers de personnes entassées dans le Centre d'exposition agricole de Harrisburg, la capitale de la Pennsylvanie, le sauveur n'est pas Jésus, Bouddah ou Superman. Il s'appelle Donald Trump. Et ici, personne ne doute qu'il sera le prochain président des États-Unis.

Quelques instants plus tard, l'apparition du héros, sur fond de musique rock à tue-tête, envoie une véritable décharge électrique dans la foule. Plusieurs spectatrices poussent des cris perçants. D'autres versent une larme. Beaucoup tentent d'immortaliser le moment avec leur portable.

Tout près de moi, une dame échappe son appareil en essayant d'applaudir et de filmer en même temps. La pauvre met de longues minutes à récupérer son précieux dans la forêt de jambes qui piétinent et qui sautillent comme un troupeau de buffles en migration.

Souriez. Vous êtes arrivé en Trumpmanie.

Le mur Donald Trump

Justin Bieber et Donald Trump, même combat? N'exagérons rien.

Mais le Donald, comme on l'appelle, sait parfaitement sur quel bouton il faut appuyer pour galvaniser la foule. Après une introduction un peu confuse sur son amitié avec le joueur de football Ben Roethlisberger, il passe à l'attaque. Il veut en finir avec l'immigration illégale «qui vole les emplois des Américains». Et l'enthousiasme monte d'un cran lorsqu'il promet de construire un mur «de plus de 1000 milles» le long de la frontière avec le Mexique.

«Nous construirons une grande muraille, hurle Trump, pour couvrir les rugissements de la foule. Comme en Chine. Après tout, nous avons des tracteurs et les [anciens] Chinois n'en avaient pas! En plus, quand je serai mort, vous pourrez l'appeler le mur Donald Trump!»

«Build that Wall! Build that Wall! Build that Wall!»* se met à scander la foule frénétiquement. 

Trump savoure ce moment d'extase collective. Il rigole comme un gros chat qui vient de gober la souris dont les grattements vous empêchaient de dormir depuis une semaine.

Monsieur l'orateur laisse durer le plaisir, avant d'ajouter :

- Et qui va payer pour le mur?

- Le Mexique! hurle la foule en délire.

Va voir ta maman!

Au-delà de la politique, il y a le spectacle. Et au-delà du spectacle, il y a Donald Trump.

Désormais, les protestataires qui viennent interrompre ses discours participent à son numéro, qu'ils le veuillent ou non. Juste avant que Monsieur ne prenne la parole, un message d'intérêt public a même demandé à la foule «de ne pas toucher et de ne pas faire de mal aux manifestants»! Le ton rappelait vaguement celui du Parc Safari qui conseille «de ne pas nourrir les animaux».

Message reçu. Durant le discours, chaque fois qu'un individu fait mine de rouspéter, la foule le montre du doigt en scandant : Trump! Trump! Trump! L'indésirable est vite escorté par la police vers la sortie, non sans que des milliers de poings se lèvent pour l'envoyer au diable. «Va voir ta maman!» lance parfois Trump dans le brouhaha général.

À cet égard, Trump s'est un peu assagi. Il ne s'engage plus à payer les frais juridiques de ceux qui cassent la gueule d'un manifestant. De la même manière, il parle moins de son projet d'interdire l'entrée des musulmans aux États-Unis. Tout cela, à l'entendre, c'était des histoires montées en épingle par les journalistes. «Le groupe le plus malhonnête de l'humanité», répète-t-il à la foule. Pour les punir, l'organisation Trump les a d'ailleurs confinés dans une sorte d'enclos, au milieu de la salle. Comme en pénitence. 

La foule rugit. 

Très vite, on comprend que la foule est d'abord venue pour entendre les expressions fétiches de Donald Trump. Un peu comme les spectateurs attendent les plus grands succès d'un artiste. «Aurais-tu imaginé un spectacle de Led Zeppelin sans la chanson Stairway to Heaven?» me résume un partisan.

Désormais, personne n'imagine un discours de Donald Trump sans sa phrase : «Je vais défoncer la gueule de l'État islamique». Et tout le monde serait déçu s'il ne rebaptisait pas la démocrate Hillary Clinton «Hillary la Véreuse». 

«Je vous raconte l'histoire», répète souvent Trump, comme s'il s'adressait à chaque spectateur, en particulier. Puis il commence : «En Chine, ils ont des trains qui circulent à 200 milles à l'heure. Ici, dès qu'on dépasse 60 milles à l'heure, il y a danger de collision ou de déraillement! Ça doit changer!»

La foule s'esclaffe. Le Donald est particulièrement en forme aujourd'hui. Même la façon particulière de prononcer le mot «China» [Chine] fait sourire. Chaque fois, on dirait qu'il fracasse un vase de porcelaine Ming du XVe siècle. 

«Je ne suis pas en colère, répète Trump. Je suis en colère contre les incompétents qui nous gouvernent! [...] Tous les politiciens vous disent : allez voter, même si ce n'est pas pour moi. Foutaise. Moi, je ne dis pas ça. Si vous avez l'intention de voter pour quelqu'un d'autre que moi, n'allez surtout pas voter.» 

La foule rugit comme un fauve à qui l'on offre une cuisse de gazelle. 

Mais déjà, la fin du spectacle approche, euh, je veux dire... la fin du discours. 

Pour conclure, Donald Trump s'en remet à une vieille technique des feux d'artifice. Il garde les plus gros pétards pour la fin! Soudain, il promet un monde où les usines ne déménageront plus à l'étranger. Un monde où tous les emplois perdus seront retrouvés. Un monde où l'armée américaine sera si grande, si forte et si puissante que plus personne n'osera défier les États-Unis.

Tout cela, à condition qu'il devienne président des États-Unis, bien entendu.

«On va tellement gagner, que vous n'en reviendrez pas, s'écrie Trump. On va tellement gagner, que vous vous allez dire : "Monsieur le Président, ça n'a pas de bon sens. Nous gagnons trop!"»

Après une telle envolée, même un sauveur n'a plus rien à ajouter. La foule est en extase. Dans un monde idéal, nous aurions droit à un rappel. Mais pour une fois, la politique reprend ses droits. L'artiste quitte la scène pour un bref contact avec la foule avant de repartir vers de nouvelles aventures. Quelque part en Trumpmanie.

The Show Must Go On.

«USA! USA! USA!»

Épuisés, les spectateurs se dirigent vers les sorties. Dehors, l'étrange cirque Trump continue de battre son plein. Les vendeurs tentent d'écouler leurs macarons Trump. Ou leurs t-shirts obscènes d'Hillary Clinton. Et à défaut d'avoir pu entrer, des milliers de «trumpmaniaques» reprennent le temps perdu en échangeant des slogans avec une poignée de jeunes manifestants anti-Trump.

«USA! USA! USA!» crient les pros.

«Trump is Hate», répliquent les antis.

Quelques policiers tentent de maintenir les deux groupes d'excités à distance, jusqu'à ce que le hurlement des sirènes et la lumière de nombreux gyrophares détournent l'attention. Donald Trump vient de quitter les lieux.

La clameur baisse d'un cran. Comme si le coeur n'y était plus. Quelque part, dans la nuit d'encre, une voix anonyme hurle la conclusion qui s'impose.

«Elvis has left the building!» **

* Construisez le mur

** Elvis a quitté l'édifice

Autrement dit

  • Le prix
50 $: somme qu'avait dû payer Donald Trump à une poignée de figurants, lors du lancement de sa campagne, le 16 juin 2015, pour qu'ils jouent le rôle de partisans.

  • La comparaison
5 000 kilomètres: longueur approximative de la grande muraille de Chine

3 200 kilomètres: longueur de la frontière entre les États-Unis et le Mexique

  • Le titre
«Il est avec l'idiot, lui aussi!»

-Manchette du quotidien new-yorkais Daily News, le 19 avril, après que Rex Ryan, l'entraîneur des Bills de Buffalo, eût donné son appui à Donald Trump.

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