Allemagne: des dizaines de milliers de manifestants avant la venue d'Obama

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À Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedip contre le projet d'accord de libre-échange translatlantique que Barack Obama et Angela Merkel défendent à l'unisson.

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Marie Julien
Agence France-Presse
Hanovre

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, contre le projet d'accord de libre-échange translatlantique que Barack Obama et Angela Merkel défendent à l'unisson, à la veille de la visite du président américain dans le pays.

Plus de 35 000 personnes ont battu le pavé selon la police, 90 000 selon les organisateurs. Une foule qui a défilé dans le calme jusqu'en milieu d'après-midi, a constaté sur place une journaliste de l'AFP, et où fleurissaient les pancartes contre le «TTIP», l'acronyme de cet accord très controversé, également appelé Tafta.

«Nous ne voulons pas du TTIP. Nous souhaitons la démocratie, pas la culture du secret et le pouvoir des grandes entreprises», s'insurge Hanna Berlin, une retraitée allemande de 66 ans.

«Il n'y a aucune raison de marcher dans les pas des Etats-Unis. La société européenne n'a pas besoin de progresser au détriment de l'environnement», renchérit Ladislav Jelinek, un Tchèque de 38 ans résidant en Allemagne depuis deux ans.

Le pays est à la pointe de la contestation européenne et avait déjà vu défiler entre 150.000 et 250.000 personnes à Berlin en octobre. ONGs et syndicats dénoncent depuis des mois l'accord, qui nivelle selon eux les normes sanitaires européennes par le bas, et laisse la possibilité aux multinationales de contester les lois d'un Etat devant une justice d'arbitrage.

Le scepticisme enfle d'ailleurs des deux côtés de l'Atlantique. Seuls 17% des Allemands et 15% des Américains pensent que l'accord TTIP est «une bonne chose», contre plus de 50% en 2014, selon un sondage de la fondation Bertelsmann.

Obama et Merkel unis sur le TTIP 

En visite à Londres, M. Obama s'est montré compréhensif samedi à l'égard des craintes suscitées par le projet de traité.

Par le passé, les accords commerciaux ont «parfois servi les intérêts des grandes entreprises et pas nécessairement ceux des salariés des pays où elles sont basées», a-t-il reconnu.

Le président américain fait du libre-échange une de ses priorités pour sa dernière année au pouvoir, même si le sujet a perdu la cote aux Etats-Unis, où il est associé par beaucoup aux pertes d'emplois liées à la mondialisation. Il entend par sa venue dimanche et lundi dans la première économique européenne, où il inaugurera notamment la foire industrielle locale, aider à faire redémarrer des négociations actuellement au point mort.

Le texte constitue «un des meilleurs chemins pour promouvoir la croissance et créer de l'emploi», il va «renforcer le commerce et créer des emplois aux Etats-Unis et dans l'Union européenne», a-t-il promis samedi dans les colonnes de Bild, le quotidien le plus d'Allemagne.

Angela Merkel a elle aussi voulu rassurer son opinion, avant d'accueillir M. Obama à Hanovre dimanche.

«Nous ne reculons pas sur nos normes, nous protégeons ce qui se fait aujourd'hui en Europe en matière d'environnement et de protection des consommateurs», a affirmé la chancelière dans un message vidéo diffusé par ses services.

Ce traité «gagnant-gagnant» est une chance pour l'UE de «définir des normes d'envergure mondiale», selon elle. En cas d'accord avec les Etats-Unis, que Berlin espère officiellement encore d'ici la fin de l'année, les autres puissances mondiales auront «beaucoup de mal à rester durablement en arrière», a-t-elle estimé.

Le temps presse 

En même temps que la foire d'Hanovre, un nouveau cycle de négociations sur le TTIP doit débuter lundi à New York, le 13e depuis 2013.

Le temps presse. Les élections présidentielles approchent à grands pas, et aucun des deux favoris, qu'il s'agissse du républicain Donald Trump ou de la démocrate Hillary Clinton, n'ont l'air déterminés à conclure les négociations avec l'Europe du fait des réticences de l'opinion américaine.

Sans accord cette année, «il y aura une très grande incertitude sur notre capacité à jamais y arriver», a prévenu secrétaire américain au Commerce, Michael Froman, dans le quotidien allemand Handelsblatt.

Au vu des difficultés du TTIP, le président américain pourrait être tenté de se concentrer sur un autre objectif: la ratification en cours du Partenariat Trans-Pacifique, un traité de libre-échange entre les zones Asie-Pacifique et Amérique.

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