Kerry plaide pour «un monde sans armes nucléaires»

Le secrétaire d'État, John Kerry, et le ministre japonais des... (AFP, Jonathan Ernst)

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Le secrétaire d'État, John Kerry, et le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida (au centre), devant le mémorial d'Hiroshima.

AFP, Jonathan Ernst

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Nicolas Revise, Anne Beade
Agence France-Presse
Hiroshima

Premier secrétaire d'État et plus haut responsable gouvernemental américain à visiter le mémorial d'Hiroshima, au Japon, John Kerry s'est dit «profondément ému» lundi devant la «puissance» de ce lieu qui «rappelle avec force et dureté» la nécessité de se débarrasser des armes nucléaires.

S'il n'a pas présenté d'excuses formelles des États-Unis pour le premier bombardement atomique de l'histoire, il a plaidé devant la presse pour «un monde sans armes nucléaires», comme l'avait fait auparavant le G7 des ministres des Affaires étrangères. «Nous réaffirmons notre engagement à réaliser un monde plus sûr», ont lancé les ministres des sept plus grandes puissances occidentales dans une déclaration dite de Hiroshima, dénonçant aussi «les provocations répétées de la Corée du Nord» au programme nucléaire militaire condamné par la communauté internationale.

Dans la matinée, les sept chefs de la diplomatie, dont John Kerry, s'étaient rendus au musée du Mémorial de la paix d'Hiroshima, bouleversant témoignage de la fournaise nucléaire qui a dévasté la ville et fait 140 000 victimes le 6 août 1945.

«Tout le monde devrait voir et ressentir la puissance de ce mémorial», a écrit M. Kerry sur le livre d'or du musée. «Cela nous rappelle avec force et dureté que nous avons non seulement l'obligation de mettre un terme à la menace des armes nucléaires, mais que nous devons aussi tout faire pour éviter la guerre», a insisté le ministre, ancien combattant au Viêtnam, grand sceptique de l'interventionnisme militaire des États-Unis et favorable au désarmement.

Après la visite du musée, qui donne l'ampleur du drame à travers des images insoutenables, les ministres se sont recueillis dans le parc autour du musée. Ils ont déposé des gerbes de fleurs devant le Cénotaphe, une arche qui surplombe un tombeau où sont inscrits les noms des victimes, avec une promesse gravée dans le pierre : «Reposez en paix, nous ne laisserons pas se reproduire la tragédie».

Accueillis par une foule d'écoliers agitant des drapeaux des sept pays (États-Unis, Japon, Canada, France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne), les chefs de la diplomatie se sont fait décorer d'un collier composé de grues en papier, symboles de paix.

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida, a qualifié le 11 avril 2016 de «jour historique» pour son pays.

Bientôt Obama? 

M. Kerry est apparu souriant, serrant la main d'enfants, avant de se recueillir avec gravité devant le monument, aux côtés de son homologue nippon.

Cette visite historique américaine à Hiroshima pourrait ouvrir la voie à celle du président Barack Obama, à l'occasion du Sommet de chefs d'État et de gouvernement du G7 les 26-27 mai dans l'archipel nippon, même si officiellement aucune décision n'a été prise.

«Il n'y a aucun ressentiment, nous n'avons pas de colère» à l'encontre des États-Unis, a confié à l'AFP Jun Miura, un homme d'affaires de 43 ans croisé dans le parc. «Je veux que le président voit par ses propres yeux ce qui s'est passé».

Interrogé dimanche soir pour savoir si M. Kerry allait exprimer des regrets, un diplomate américain a répondu qu'il ne présenterait pas d'«excuses» formelles mais que le ministre, comme «tous les Américains et les Japonais, était rempli de tristesse».

Cette visite sans précédent pour les États-Unis, ainsi que pour les deux autres puissances nucléaires du G7, le Royaume-Uni et la France, a fait passer au second plan les grands dossiers chauds internationaux.

Placée sous haute sécurité, la rencontre, prélude à une série de rendez-vous ministériels avant le sommet, a abordé la question du terrorisme, appelant à «accélérer» et à «intensifier» la lutte contre le groupe État islamique (ÉI) en Irak et en Syrie.

La Chine a aussi occupé les débats du G7 qui a délivré un document sur la sécurité maritime, avec en filigrane la volonté de contrecarrer les ambitions de Pékin en mer de Chine.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait pourtant exhorté le G7 à ne pas aller sur le terrain «des querelles historiques ou même des disputes territoriales». «Cela ne résoudra pas le problème, mais affectera au contraire la stabilité régionale», avait-il averti. 

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