David Cameron fait son mea culpa sur sa gestion des «Panama Papers»

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«Ca n'a pas été une grande semaine», a lancé de but en blanc David Cameron devant les délégués du parti conservateur, rassemblés en congrès à Londres.

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Jacques Klopp
Agence France-Presse
Londres

Le premier ministre britannique David Cameron, forcé cette semaine de révéler sa participation passée dans la société offshore de son père, a avoué samedi qu'il aurait «dû mieux gérer l'affaire des "Panama Papers"».

Rêvant d'un scénario à l'islandaise, où le premier ministre a dû quitter ses fonctions face à la fronde populaire, les partisans d'un départ de M. Cameron ont toutefois peiné à mobiliser de grandes foules, malgré les encouragements du lanceur d'alerte Edward Snowden et le soutien de quelques rares voix au sein de l'opposition travailliste.

Devant les grilles du 10, Downing Street, à Londres, ils étaient quelques centaines samedi à scander «Cameron doit partir», vêtus de chapeaux Panama pour certains et de chemises hawaïennes pour les plus téméraires.

«L'Union européenne a essayé d'accroître la transparence des fonds d'investissement, mais David Cameron a arrêté ce processus. Non seulement il ne fait rien pour améliorer les choses, mais il les rend pires. Il entrave la justice fiscale et c'est écoeurant», expliquait à l'AFP Abi Wilkinson, une des organisatrices.

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Devant les grilles du 10, Downing Street, à Londres, ils étaient quelques centaines samedi à scander «Cameron doit partir».

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Les manifestants se sont ensuite dirigés vers un grand hôtel à deux kilomètres de là, où le premier ministre venait tout juste de s'adresser aux délégués du parti conservateur, rassemblés en congrès pour préparer les élections locales de mai.

«Ca n'a pas été une grande semaine», a lancé de but en blanc M. Cameron, faisant tout de suite référence à l'affaire qui empoisonne son quotidien depuis dimanche dernier: la révélation que son père Ian, décédé en 2010, avait dirigé un fonds d'investissement aux Bahamas, dans lequel il avait, comme il l'a admis tardivement, lui-même des parts.

Rien d'illégal, a martelé le premier ministre. Mais il a fallu quatre communiqués alambiqués de ses services avant qu'il ne décide finalement de reconnaître, jeudi soir, qu'il avait possédé des actions dans cette société offshore.

«J'ai appris la leçon»

«Je sais que j'aurais dû mieux gérer cette affaire, ne blâmez pas mes conseillers, la faute m'en revient, j'ai appris la leçon», a-t-il souligné devant le congrès.

Il a ensuite renouvelé sa promesse de publier «prochainement» ses déclarations d'impôts des dernières années, une première pour un premier ministre britannique.

Trop tard, selon le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui a estimé vendredi que «le premier ministre a perdu la confiance des Britanniques», sans toutefois aller jusqu'à demander sa démission.

C'est peu dire que M. Cameron sort d'une semaine et même d'un mois particulièrement éprouvant. Avant même l'affaire des «Panama Papers», il a dû composer avec la crise de la sidérurgie et l'accusation d'avoir sacrifié des emplois locaux sur l'autel de ses bonnes relations avec la Chine.

Il a aussi dû se débattre avec les éternelles divisions du parti conservateur sur l'Europe qui ont culminé mi-mars avec la démission surprise d'Iain Duncan Smith, l'eurosceptique ministre du Travail.

Samedi, au moment de rameuter ses troupes avant les élections locales de mai, le premier ministre, qui se bat pour convaincre les Britanniques de voter en faveur de leur maintien dans l'Union européenne, n'a fait qu'une brève allusion au référendum du 23 juin. Comme s'il avait suffisamment de problèmes comme ça.

Vendredi, un sondage YouGov a montré que sa cote de popularité avait chuté au plus bas depuis juillet 2013 avec 58 % d'opinions défavorables.

Nouveau rassemblement à Reykjavik

À Reykjavik, les Islandais se sont de nouveau déplacés en nombre samedi pour exiger de nouvelles élections et le départ du nouveau gouvernement, dont deux ministres sont cités dans les «Panama Papers».

Entre 5000 et 6000 personnes, selon la police, se sont massées sur la place Austurvöllur bordant l'Althingi, le Parlement, où ils avaient été au moins 8000 lundi soir, une mobilisation monstre pour ce pays de 320 000 habitants.

Cette mobilisation historique avait poussé à la démission Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre dont le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a révélé qu'il avait détenu des avoirs aux îles Vierges britanniques, sans les déclarer lors de son élection à la députation en avril 2009.

Son ministre de l'Agriculture, Sigurdur Ingi Johannsson, lui a succédé, mais il est impopulaire.

Le scandale des «Panama Papers» a également rebondi aux Pays-Bas samedi, où deux quotidiens affirment que l'organisation néerlandaise d'aide au développement Solidaridad, connue pour avoir participé à la fondation du label de commerce équitable Max Havelaar, possédait un réseau international de sociétés boîtes aux lettres.

«Ces affirmations sont fausses. Il n'est d'aucune manière question d'évasion fiscale, les activités développées au Panama ne sont simplement pas imposables», a réagi l'ONG sur son site Internet.

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