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Un ex-président de la chambre des représentants accusé d'abus sexuels sur des enfants

M. Hastert a, à deux reprises, infligé à... (Archives AP, Brian Kersey)

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M. Hastert a, à deux reprises, infligé à deux de ces garçons une séance de massage dans les vestiaires allant jusqu'à se livrer à un acte sexuel qui n'a pas été précisé, selon l'accusation.

Archives AP, Brian Kersey

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Olivia Hampton
Agence France-Presse
Washington

Un ancien président de la Chambre des représentants était samedi sous le coup d'accusations de la justice américaine pour des abus sexuels commis sur des adolescents pendant des années, un récit détaillé qui précipite le républicain Dennis Hastert dans la tourmente.

Avant de gravir l'échelle du pouvoir à Washington jusqu'à devenir speaker à la Chambre, un poste qui l'a placé entre 1999 et 2007 au deuxième rang dans l'ordre de succession à la présidence des États-Unis, Dennis Hastert, 74 ans, avait été professeur de sport dans un lycée de l'Illinois.

Pendant plus de 15 ans passés à enseigner notamment la lutte à Yorkville, entre les années 1960 et 1980, il est accusé par les procureurs de cet État du nord des États-Unis d'avoir abusé d'au moins cinq mineurs.

Selon les «faits connus», Dennis Hastert aurait «touché intentionnellement l'aine et les parties génitales des mineurs, et aurait eu une relation sexuelle orale avec un mineur», écrivent les procureurs dans un document daté de vendredi et consulté par l'AFP.

Même s'ils étaient établis, ces faits seraient couverts par la prescription, mais l'affaire porte désormais sur un montage financier présumé en lien avec ces faits.

Le républicain avait plaidé coupable en octobre 2015 d'avoir retiré 1,7 million $ en liquide entre 2010 et 2014, et d'avoir dissimulé à la police la destination de cet argent. Des sommes qui auraient en fait servi, selon les procureurs, à acheter le silence d'une victime.

Compte tenu de l'état de santé de Dennis Hastert, qui a eu une crise cardiaque peu après avoir plaidé coupable, les procureurs demandent une peine ne dépassant pas six mois d'emprisonnement ferme.

«Hypocrisie sidérante»

«Ces délits, bien qu'ils soient récents, trouvent leurs origines dans le passé de l'accusé», soulignent les procureurs.

Selon eux, l'argent retiré aurait servi à payer l'une de ses victimes, désignée sous la lettre A, en vertu d'un accord et non d'un chantage.

L'ancien élu n'aurait finalement payé qu'environ la moitié des 3,5 millions $ promis à «A», jusqu'à ce que l'ouverture d'une enquête de la police sur ses retraits suspects n'interrompe les versements.

«Il n'y a pas d'ambiguïté, l'accusé a abusé sexuellement de l'individu A», lorsqu'il avait 14 ans, écrivent les procureurs avant de détailler une nuit passée dans un motel lors d'une sortie scolaire avec l'équipe de lutteurs du lycée.

L'enseignant l'aurait forcé à dormir dans sa chambre et lui aurait «touché les parties génitales» avant de se déshabiller et de «demander à l'enfant qu'il lui masse le dos».

Dennis Hastert aurait d'autre part infligé à deux reprises à deux garçons des séances de massage dans les vestiaires du lycée, allant jusqu'à se livrer à un acte sexuel dont la nature exacte n'a pas été précisée.

L'un des adolescents a raconté que leur entraîneur s'asseyait dans un fauteuil d'où il avait «une vue directe sur les douches des vestiaires pendant que les garçons se douchaient».

L'une de ses victimes présumées, Stephen Reinboldt, décédé en 1995, aurait subi des abus pendant toute sa scolarité à Yorkville, de 1967 à 1971, selon sa soeur.

Contacté par l'AFP, un avocat de l'ancien élu n'avait pas réagi samedi.

Dans un document transmis à la justice cette semaine, ses conseils ont assuré que leur client «[était] profondément désolé et [s'excusait] d'avoir mal agi il y a des décennies et du mal que cela [avait] pu causer à d'autres».

«Dennis Hastert ne mérite aucune compassion», avait réagi jeudi un journaliste du Chicago Tribune, journal de l'Illinois natal de l'ex-élu.

Peu de réactions se faisaient toutefois entendre samedi à propos de cet ancien haut responsable, à la réputation de sobriété longtemps immaculée.

«L'histoire et les particularités de l'accusé sont entachées par une hypocrisie sidérante», martèlent les procureurs, citant un extrait des mémoires de Dennis Hastert publiées en 2004: «Rien ne justifie jamais de priver quelqu'un de sa dignité.»

«Et pourtant, c'est exactement ce que l'accusé a fait à ses victimes. Il les a fait se sentir seules, honteuses et privées de toute dignité.»

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