«Panama Papers»: David Cameron et le président argentin dans la tempête

David Cameron a souligné dans une interview à... (PHOTO THIERRY CHARLIER, ARCHIVES AFP)

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David Cameron a souligné dans une interview à la chaîne ITV qu'il avait vendu ces parts en 2010 pour environ 30 000 livres (environ 56 000 $ CAN), quelques mois avant d'être élu premier ministre.

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Agence France-Presse
Londres

Deux dirigeants de premier plan étaient pris jeudi dans la tempête des «Panama Papers» qui balaye la planète, frappant l'Argentine avec la demande d'une enquête sur son président, et le Royaume-Uni, dont le Premier ministre a admis avoir détenu des parts dans un fonds offshore.

À Londres, après plusieurs jours de pressions à la suite des révélations, le chef du gouvernement britannique David Cameron a avoué jeudi soir avoir détenu jusqu'en 2010 des parts dans le fonds fiduciaire de son père immatriculé aux Bahamas.

Dans un entretien avec la chaîne de télévision ITV, M. Cameron a affirmé qu'il les avait vendues cette année-là pour environ 30.000 livres (37.000 euros), quelques mois avant d'être élu Premier ministre.

Si ce rebondissement n'est pas de même nature que l'enquête argentine, ces aveux tardifs n'en demeurent pas moins embarrassants pour David Cameron.

Il est personnellement attaqué depuis que l'on a appris que son père, Ian Cameron, mort en 2010, avait dirigé ce fonds dont les bénéfices ont échappé au fisc britannique pendant 30 ans grâce à un montage complexe via le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

De l'autre côté de l'Atlantique, en Argentine, l'annonce de la demande d'ouverture d'une enquête sur Mauricio Macri apparaît comme un revers de taille pour ce président, qui prônait une lutte sans merci contre la corruption.

Cette demande du parquet, qui doit encore recevoir le feu vert d'un juge, devra notamment déterminer si Mauricio Macri, élu en novembre dernier, aurait dû signaler dans sa déclaration de patrimoine qu'il figurait dans l'organigramme de deux sociétés offshore. Mercredi, un député argentin de l'opposition avait porté plainte pour évasion fiscale contre lui.

«Je transmettrai (vendredi) à la justice tous les document nécessaires pour que le juge vérifie que ce que j'ai fait est correct et qu'il n'y a pas d'omission répréhensible dans ma déclaration de revenus de 2007 et 2008», a déclaré M. Macri lors d'une déclaration au palais présidentiel.

Le nom du président de centre droit apparaît dans deux sociétés offshore: Fleg Trading Ltd, aux Bahamas, qui a existé de 1998 à 2008, et Kagemusha SA, au Panama, créée en 1981.

«Je suis serein, j'ai respecté la loi. Je n'ai rien à cacher», a-t-il ajouté.

Depuis le début, le chef de l'Etat argentin affirme qu'il n'a commis aucune irrégularité et détenu aucune participation dans ces deux entreprises du groupe Macri, propriété de son père Franco, riche homme d'affaires italien ayant fait fortune en Argentine.

Foot et banques

En Russie, le président Vladimir Poutine a rejeté jeudi les accusations contre son entourage après les révélations des «Panama Papers».

«Quel élément de corruption? Il n'y en a aucun», a déclaré le chef de l'Etat, accusant les Etats-Unis d'être derrière cette vaste enquête qui met en lumière d'importantes pratiques financières et fiscales opaques de personnalités, chefs d'Etat, entrepreneurs, sportifs, etc.

Les journalistes d'investigation membres du consortium international ICIJ, dont le siège est à Washington, «ont passé au peigne fin ces paradis fiscaux, mais votre humble serviteur n'y figurait pas», a-t-il ironisé.

Pour l'instant, le dirigeant le plus notable renversé à la suite de l'éclatement du scandale est le Premier ministre islandais, qui a quitté son poste sous la pression de la rue, outrée par le fait qu'il ait contrôlé une société ayant son siège dans les îles Vierges britanniques.

Créer ou posséder une société offshore n'est pas illicite en soi, mais cela avive les soupçons d'évasion fiscale, voire de corruption.

Des médias du monde entier participant aux révélations continuent de dévider la pelote de noms des clients du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, dont 11,5 millions de documents ont atterri entre leurs mains.

Après la Fifa (l'instance mondiale du foot) et son nouveau président Gianni Infantino, le président suspendu de l'UEFA (pendant européen de la Fifa) Michel Platini, et quelques joueurs en activité, comme la superstar Lionel Messi, les «Panama Papers» mettent en cause les dirigeants du football français du FC Nantes ou de l'AS Monaco, relève le quotidien français Le Monde.

Le secteur bancaire est aussi éclaboussé. Le patron de la banque régionale autrichienne Hypo Vorarlberg, Michael Grahammer, et un membre du conseil de surveillance de la banque néerlandaise ABN Amro, Bert Meerstadt, sont ainsi tombés jeudi.

De son côté, le Prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa, lui aussi mentionné dans les Panama Papers, a assuré n'avoir jamais eu connaissance d'un compte offshore à son nom et à celui de son épouse.

Le Panama veut négocier 

La pression des derniers jours a poussé le président panaméen Juan Carlos Varela à lancer «un appel aux pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour qu'ils reviennent à la table des négociations, que nous cherchions un accord».

La vice-présidente Isabel De Saint Malo a par ailleurs promis d'approfondir le dialogue avec l'OCDE sur l'échange d'informations fiscales.

Depuis les premières révélations des médias membres du consortium d'investigation ICIJ, le Panama est cloué au pilori pour sa législation accommodante sur les montages fiscaux offshore et son attitude à contre-courant de la tendance mondiale vers la transparence fiscale.

Le Panama est critiqué pour son refus d'appliquer une nouvelle norme quasi mondiale: l'échange automatique d'informations fiscales entre pays, mis récemment en place sous l'impulsion de l'OCDE, l'institution pilotant ce dossier.

bur-fz/boc/tup-ap

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