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Évasion fiscale: politiques, hommes d'affaires, sportifs... la liste des «Panama Papers» s'allonge

Mardi matin, le quotidien français Le Monde a... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbé)

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Mardi matin, le quotidien français Le Monde a mis en cause l'entourage de Marine Le Pen, la présidente du Front national, un des principaux partis politiques français - Sur la photo durant son récent passage à Québec.

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Agence France-Presse
Paris et Londres

Politiques, hommes d'affaires, sportifs... la liste des personnes éclaboussées par les «Panama Papers» s'allongeait mardi au troisième jour des révélations par des médias du monde entier sur ces pratiques fiscales opaques au Panama.

Le premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson... (AP, Brynjar Gunnarsson) - image 1.0

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Le premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson

AP, Brynjar Gunnarsson

Le premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson est le plus en difficulté, sous la pression de milliers de manifestants qui réclament son départ après les révélations sur ses avoirs dans un paradis fiscal.

Le Président Olafur Ragnar Grimsson a écourté son séjour aux États-Unis pour rentrer précipitamment dans son pays.

C'est pour l'instant l'effet le plus marquant de ces vastes révélations du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui a eu accès à plus de 11 millions de documents du cabinet d'avocat panaméen Mossack Fonseca, mettant en lumière les pratiques financières et fiscales de tout un éventail de clients, du simple entrepreneur au chef d'État en passant par des banques ou des sportifs.

Le premier ministre britannique David Cameron était dans une moindre mesure sous pression de la presse, son père Ian ayant dirigé un fonds d'investissement basé aux Bahamas dont les profits ont échappé au fisc britannique grâce à un montage via Mossack Fonseca.

Marine Le Pen aussi

Mardi matin, le quotidien français Le Monde, un des participants à l'opération de l'ICIJ, a mis en cause l'entourage de Marine Le Pen, la présidente du Front national, un des principaux partis politiques français.

Selon le journal, ces proches de Mme Le Pen ont utilisé des sociétés-écrans et des fausses factures pour sortir de l'argent de France. L'un d'entre eux, Frédéric Chatillon, avait pris les devants lundi et affirmait avoir «mis à disposition de ces deux journalistes les documents prouvant la parfaite légalité» des opérations le concernant.

Aux Pays-Bas, le quotidien Trouw affirme que des centaines de Néerlandais ont utilisé les services du cabinet panaméen pour créer des sociétés dans des paradis fiscaux, dont l'ancien footballeur international Clarence Seedorf.

Le Monde a aussi ciblé la banque française Société Générale qui est «dans le top 5» des banques ayant eu le plus recours à Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, derrière HSBC, UBS, Credit Suisse.

Créer une société offshore n'est pas en soi une pratique illicite et le PDG de Credit Suisse, Tidjane Thiam, a déclaré mardi à Hong Kong à l'agence Bloomberg News que la banque n'approuvait que les opérations offshore «légitimes».

Négociant d'armes

Certains noms font en revanche planer un nuage plus sulfureux sur les «Panama Papers».

Selon Trouw, John Bredenkamp, un négociant d'armes, aurait eu «au moins 13 sociétés» via Mossack Fonseca, dont «au moins cinq se sont retrouvées sur des listes internationales de sanctions pour son implication présumée dans la vente d'armes au président du Zimbabwe» Robert Mugabe.

Programme nucléaire

Les médias britanniques BBC et The Guardian font aussi état d'activités allant au-delà de la simple évasion fiscale, affirmant qu'une société-écran nord-coréenne utilisée pour financer le programme nucléaire de Pyongyang a figuré parmi les clients de Mossack Fonseca.

DCB Finance, domiciliée à Pyongyang, a été enregistrée dans les Iles Vierges britanniques en 2006 et fut légalement constituée par Mossack Fonseca, qui a cessé de la représenter en 2010. La DCB a été visée à partir de juin 2013 par des sanctions de Washington qui la soupçonnait d'avoir, à compter de 2006, fourni des services financiers à deux entités nord-coréennes jouant un «rôle central» dans le développement des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

La Chine bloque les accès

La Chine a, quant à elle, estimé que des allégations selon lesquelles des dirigeants actuels et anciens, dont le président Xi Jinping, sont propriétaires de compagnies à l'étranger sont «sans fondements». Les médias officiels chinois ont ignoré la nouvelle, et les recherches pour «Panama Papers» sont bloquées sur internet.

Enquêtes

Depuis les premières révélations dimanche soir, plusieurs pays ont annoncé l'ouverture d'enquêtes et la plupart des personnes mises en cause ou leur entourage ont affirmé respecter la loi ou ont tout simplement balayé les accusations.

L'avocat de Michel Platini, président de l'UEFA mais suspendu dans le cadre du scandale de la Fifa, et qui aurait eu recours aux services de Mossack Fonseca en 2007 pour administrer une société au Panama, a écarté toute idée d'irrégularité.

«Cette situation est connue de l'administration fiscale suisse, pays dont Michel Platini est résident depuis 2007», a assuré au journal français Le Figaro, Me Yves Wehrli.

Lundi, le président ukrainien Petro Porochenko, l'Argentin Mauricio Macri ou la famille du premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avait tous affirmé respecter la loi.

Pas nécessairement illégal

Le recours à des sociétés fictives étrangères n'est pas nécessairement illégal. Des individus ou des compagnies peuvent les utiliser pour réduire leurs obligations fiscales, en profitant des conditions en vigueur dans des pays comme Panama, les îles Caïman ou Bermudes. La pratique fait toutefois grincer des dents, surtout quand elle est l'oeuvre de politiciens qui sont ensuite dénoncés pour ne pas avoir contribué à l'économie de leur propre pays.

Puisque ces compagnies camouflent aussi le nom de leurs propriétaires, elles peuvent être utilisées à des fins criminelles.

En Algérie, une compagnie qui gère les finances du ministre de l'Industrie a confirmé qu'il a des liens avec une société étrangère créée au Panama, mais assure que ses activités sont gelées pendant qu'il est membre du gouvernement.

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