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Paradis fiscaux: l'onde de choc «Panama Papers» s'étend, le Kremlin en première ligne

Vladimir Putin et un de ses «frères», Sergei... (Agence France-Presse, Dmitry Astakhov)

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Vladimir Putin et un de ses «frères», Sergei Roldugin.

Agence France-Presse, Dmitry Astakhov

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Juliette Michel
Agence France-Presse
Paris, France

L'opération «Panama Papers», l'enquête d'un consortium d'investigation révélant un vaste scandale d'évasion fiscale impliquant de hauts responsables politiques, des sportifs ou des milliardaires, a suscité lundi une onde de choc mondiale et une très vive réaction de la Russie.

Crise politique en Islande, promesses de poursuites judiciaires en France, indignation de la Russie: les répercussions de la divulgation par une centaine de journaux de quelque 11,5 millions de documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca ont été immédiates.

Des noms de l'entourage des présidents russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping, syrien Bachar al-Assad, mexicain Enrique Peña Nieto et ukrainien Petro Porochenko, y apparaissent, ainsi que ceux de sportifs célèbres comme Michel Platini ou Lionel Messi.

La faute aux États-Unis, selon le Kremlin

Au Kremlin, la réplique a été particulièrement cinglante, visant directement les États-Unis: l'enquête a été menée notamment par des «anciens employés du Département d'État, de la CIA et de services secrets», est pleine d'«inventions» et de «falsifications», a accusé un porte-parole.

La «cible principale» de l'opération serait la Russie et son président dans le but de «déstabiliser» le pays avant les prochaines élections, a-t-il assuré.

Selon les documents, des associés du président russe Vladimir Poutine auraient détourné jusqu'à 2 milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans.

Le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui aurait créé avec l'aide du cabinet une société dans les îles Vierges britanniques pour y cacher des millions de dollars, est lui dans la tourmente: il devrait affronter cette semaine une manifestation hostile à Reykjavik et un vote de défiance au Parlement.

«Augmenter la pression»

Berlin, qui a beaucoup oeuvré ces dernières années aux côtés de plusieurs de confrères européens pour plus de coordination internationale dans la lutte contre l'évasion fiscale et le blanchiment d'argent, a espéré pour sa part «que le débat actuel va contribuer à augmenter la pression».

Le président français François Hollande a pour sa part assuré que les révélations des «Panama papers» donneraient lieu en France à des «enquêtes» fiscales et des «procédures judiciaires». L'Australie a déjà affirmé avoir lancé une enquête sur 800 clients du cabinet Mossack Fonseca.

Des ONG réclament la fin des sociétés-écrans

Plusieurs ONG de lutte contre la corruption ont appelé à l'interdiction pure et simple des sociétés-écrans anonymes, à l'instar de Transparency International pour qui elles représentent «le côté obscur du système financier mondial».

Sur la liste du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), plusieurs proches de dirigeants africains comme Alaa Moubarak, le fils de l'ancien président égyptien, ou le neveu du président sud-africain Jacob Zuma, sont mis en cause, ainsi que deux soutiens financiers de la candidate favorite à l'élection présidentielle du 10 avril au Pérou, Keiko Fujimori.

Dans cette liste hétéroclite de personnalités ayant créé ou utilisé des sociétés offshores figurent également l'acteur chinois Jackie Chan ou le cinéaste espagnol Pedro Almodovar.

Les détails continuaient à affluer lundi alors que les journaux promettent d'égréner les révélations au fil de la semaine.

Le directeur du journal Le Monde, Jérôme Fenoglio, s'est aussi engagé à divulguer le nom d'un «grand parti politique français» concerné.

214 000 entités «offshore»

À travers le monde, plus de 214.000 entités offshore sont impliquées dans les opérations financières dans plus de 200 pays et territoires selon les révélations du consortium, qui couvrent une période de près de 40 ans allant de 1977 à 2015.

Les documents, obtenus d'abord par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung début 2015, ont ensuite été partagés entre 370 journalistes.

Pour le cabinet d'avocats Mossack Fonseca, leur publication est un «crime» et une «attaque» contre le Panama.

Le gouvernement de ce pays a lui assuré qu'il «coopérera vigoureusement» avec la justice en cas d'ouverture d'une procédure judiciaire.

«Les documents montrent que les banques, les cabinets d'avocats et autres acteurs opérant dans les paradis fiscaux oublient souvent leur obligation légale de vérifier que leurs clients ne sont pas impliqués dans des entreprises criminelles», affirme l'ICIJ.

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