Attentats de Bruxelles: six personnes arrêtées

Des chandelles sont déposées en hommage aux victimes... (AFP, Patrik Stollarz)

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Des chandelles sont déposées en hommage aux victimes des attaques qui ont fait 31 morts et 300 blessés, jeudi, place de la Bourse, à Bruxelles.

AFP, Patrik Stollarz

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Associated Press
Bruxelles

Six personnes ont été arrêtées jeudi soir à Bruxelles par la police dans le cadre de l'enquête sur les attentats qui ont fait au moins 31 morts mardi dans la capitale belge.

Trois d'entre elles ont été interpellées «devant notre porte, au parquet fédéral», dont les bureaux se trouvent en plein centre de Bruxelles, à côté du Palais de justice, a précisé un porte-parole du parquet, Eric Van Der Sypt.

Deux autres personnes ont été interpellées sur le territoire de la capitale belge, et une personne a été arrêtée dans la commune bruxelloise périphérique de Jette, selon le porte-parole, qui n'a fourni aucun détail sur leur identité.

Au moins deux hommes avaient été repérés par la police sur les images de vidéosurveillance de l'aéroport et du métro en compagnie des trois assaillants qui s'y sont fait sauter. Ils sont activement recherchés.

Des perquisitions ont également été menées dans la commune de Schaerbeek, d'où les kamikazes étaient partis mardi matin en taxi vers l'aéroport, avec trois valises bourrées d'explosifs. Mais aucune arrestation n'a eu lieu dans cette commune.

Ces arrestations surviennent alors que la police continuait de traquer les deux hommes repérés sur des images de vidéosurveillance avec les trois kamikazes qui ont semé mardi la mort à l'aéroport de Bruxelles et à la station de métro de Maelbeek. 

Le gouvernement belge, accusé de laxisme dans la lutte antiterroriste, a promis jeudi de faire «toute la lumière» sur ces attentats.

Lors d'un hommage solennel, le premier ministre Charles Michel a promis de faire «toute la lumière» sur les pires attaques terroristes jamais commises en Belgique, revendiquées par l'État islamique, alors que la polémique montait sur les ratés dans le suivi d'un des suspects, intercepté puis expulsé par la Turquie l'été dernier.

Le Parlement belge a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête parlementaire, aux pouvoirs étendus. M. Michel a toutefois refusé la démission des ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, qui avaient reconnu «des erreurs».

«Il ne pourra pas y avoir d'impunité. Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombre», a insisté M. Michel, sur la défensive après que la Turquie eut regretté le manque de réaction des autorités belges après l'expulsion d'Ibrahim Al-Bakraoui, en liberté conditionnelle après sa condamnation pour un braquage, qui s'est fait exploser à l'aéroport.

Dans les fichiers de Washington

Il avait été intercepté en juin 2015 à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne, avant d'être expulsé le 14 juillet vers la Belgique via les Pays-Bas. Ibrahim El Bakraoui a ensuite disparu bien que la Belgique ait été «informée que cet individu était un combattant terroriste étranger», selon le président turc Recep Tayyip Erdogan. Faux, a répliqué jeudi soir le ministre belge de la Justice, Koen Geens: «Nous avons seulement été avertis après l'atterrissage de l'avion à [l'aéroport d'Amsterdam] Schiphol, donc c'était fort compliqué de l'arrêter là», a-t-il fait valoir.

De surcroît, les noms des deux frères Khalid et Ibrahim Al-Bakraoui figuraient dans les fichiers anti-terroristes américains, selon la chaîne de télévision américaine NBC.

Celle-ci cite deux responsables américains anonymes, qui «n'ont pas précisé dans laquelle des nombreuses» bases de données ou listes américaines figuraient les deux frères, a précisé NBC.

Les autorités turques avaient prévenu La Haye de l'expulsion par note déposée dans un portail électronique, mais cette note «ne présentait absolument aucune information ou clarification» sur les personnes expulsées, selon le ministère néerlandais.

Khalid El Bakraoui, qui s'est fait sauter dans le métro de Bruxelles, était recherché dans l'enquête sur les attentats de Paris pour avoir loué sous un faux nom un logement à Charleroi utilisé par certains assaillants du 13 novembre.

Il était visé depuis le 11 décembre par deux mandats d'arrêt, international et européen, délivrés par les juges d'instruction parisiens chargés d'enquêter sur ces attentats ayant fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Difficile identification

Ces remous font surface au moment où le pénible travail d'identification des tués progresse très lentement: les noms de seulement quatre d'entre eux sont aujourd'hui connus.

Certaines dépouilles sont déchiquetées, leurs familles vivent parfois à des milliers de kilomètres de Bruxelles, ce qui complique les comparaisons d'ADN ou les reconnaissances visuelles.

Facebook, où une page «Recherche Bruxelles» a été ouverte, ou Twitter relayaient des centaines de messages de proches demandant désespérément des nouvelles.

Malgré le fait qu'au moins deux suspects soient encore en fuite, les autorités ont abaissé jeudi soir à 3 le niveau de la menace terroriste en Belgique, soit un risque «possible et vraisemblable» d'attentats. Il avait été relevé à son niveau maximal (4) dans l'heure ayant suivi les attentats mardi matin.

Fortement endommagé, l'aéroport de Bruxelles ne rouvrira pas avant lundi.

Dans le centre de Bruxelles, la population continuait d'affluer vers l'emblématique place de la Bourse, pour écrire des messages d'hommage à la craie à même le sol, ou y déposer des drapeaux, des bougies ou des fleurs.

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