Bruxelles pleure ses morts

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La place de la Bourse a été transformée en mémorial aux victimes des attentats de mardi.

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Simon Valmary, Catherine Triomphe
Agence France-Presse
Bruxelles

Trois kamikazes des attentats de Bruxelles, tous liés aux attentats de Paris, ont été identifiés mercredi alors que les Belges rendaient un émouvant hommage aux victimes des attaques les plus sanglantes que leur pays ait jamais connues.

Alors que la Belgique observe jeudi son troisième jour de deuil national, les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE se réunissent dans l'après-midi à Bruxelles pour tenter d'apporter une réponse commune aux attentats djihadistes qui ont fait mardi 31 morts et 300 blessés, selon un nouveau bilan toujours provisoire.

Symbole de l'émotion suscitée par ces attaques revendiquées par l'État islamique (EI) qui ont frappé mardi matin l'aéroport international puis une station de métro du quartier européen, la place de la Bourse a été transformée en mémorial aux victimes. On pouvait y lire de nombreux messages à la craie, des drapeaux, des bougies et des fleurs.

Des milliers de Bruxellois ont observé une minute de silence à la mi-journée en hommage aux victimes. 

Et à la nuit tombée, des centaines de personnes ont participé, une bougie à la main, à une marche devant l'aéroport de Zaventem. «On n'a pas de nouvelles de certains, d'autres ont eu une jambe, un doigt amputé, des morceaux de béton dans le cerveau», confiait Grégory Lupant, un agent de sécurité, un bouquet de fleurs dans les bras. «Ça aurait très bien pu m'arriver», glisse-t-il, visiblement ému.

Un quatrième homme toujours recherché

En journée, le procureur fédéral belge avait identifié les deux premiers kamikazes comme étant les frères Ibrahim et Khalid Al-Bakraoui. Ils se sont fait exploser mardi à une heure d'intervalle : le premier à l'aéroport tout juste avant 8h (3h, heure du Québec), le second à la station de métro de Maelbeek. 

Le troisième kamikaze a été identifié comme étant Najim Laarchaoui. Il était recherché depuis que son ADN avait été retrouvé dans plusieurs habitations louées par les commandos des attentats du 13 novembre à Paris. Selon les dernières informations, il est celui qui aurait confectionné les bombes utilisées à Paris pour les attaques terroristes de novembre.

Un quatrième homme, qui figurait avec Ibrahim Al-Bakraoui et Laarchaoui sur une photo de vidéosurveillance en train de pousser des bagages à l'aéroport, est toujours activement recherché, mais n'a toujours pas été pas été identifié par les enquêteurs.

«Son sac contenait la charge la plus importante.» Elle a explosé plus tard que prévu «après l'arrivée du service de déminage», permettant probablement d'éviter un bilan plus lourd.

Négligence des autorités

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que l'un des kamikazes avait été arrêté en juin près de la frontière syrienne et a déploré que la Belgique vers laquelle il a ensuite été renvoyé l'ait libéré. Un haut responsable turc a par la suite précisé qu'il s'agissait d'Ibrahim Al-Bakraoui.

Ces déclarations risquent d'alimenter la polémique sur la responsabilité des services de sécurité dans ces nouveaux attentats, survenus malgré une pression policière très forte sur les réseaux djihadistes depuis les attentats de Paris.

Elles pourraient aussi être difficiles à entendre pour les familles des victimes, déjà soumises à une longue attente en raison de la difficulté à identifier des corps souvent déchiquetés par les explosions.

Liés aux commandos de Paris, les frères Ibrahim et Khalid Al-Bakraoui, respectivement âgés de 29 et 27 ans, ont un passé de criminels endurcis. Mais, selon le procureur, l'aîné a laissé un testament qui donne l'impression d'un fugitif aux abois juste avant de passer à l'acte.

Khalid aurait loué sous un faux nom une planque à Charleroi, d'où sont partis une partie des commandos du 13 novembre, et un appartement de la commune bruxelloise de Forest, où une perquisition le 15 mars avait permis de retrouver la trace de Salah Abdeslam. Ce dernier, suspect-clé des attentats de Paris, a été capturé vendredi dans sa commune bruxelloise de Molenbeek après quatre mois de cavale.

Une affiche du Manneken Pis éteignant une bombe... (AP, Martin Meissner) - image 2.0

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Une affiche du Manneken Pis éteignant une bombe a été déployée à Bruxelles mercredi soir.

AP, Martin Meissner

Selon les informations données par le procureur, Ibrahim et les deux autres assaillants de l'aéroport ont préparé leur attentat depuis un appartement de Schaerbeek, une autre commune de Bruxelles.

Outre un drapeau de l'EI, la fouille de cet appartement, dont l'adresse avait été communiquée à la police par le chauffeur de taxi qui a emmené les trois hommes à l'aéroport, a permis de retrouver un véritable atelier de fabrication de bombes : 15 kilos d'explosifs de type TATP, 150 litres d'acétone, 30 litres d'eau oxygénée, des détonateurs et une valise remplie de clous et de vis, selon le procureur.

Les forces de l'ordre françaises et belges ont découvert au cours des derniers jours que la cellule qui a attaqué Paris est beaucoup plus vaste qu'on ne le croyait. Les récents événements permettent de croire que le même groupe a frappé à Paris et à Bruxelles.

Des victimes de 40 nationalités

En attendant un bilan définitif, le gouvernement belge a indiqué que «probablement plus de 40 nationalités» figuraient parmi les victimes. Les corps d'une Péruvienne, une Marocaine et d'un étudiant belge ont déjà été identifiés, tandis qu'au moins 10 Français, 2 Britanniques et 3 Américains ont été blessés.

L'aéroport de la capitale devait rester fermé encore au moins jusqu'à vendredi compris. Quelque 600 vols par jour sont donc annulés. Plusieurs stations de métro demeurent fermées et des gardes armés ont été déployés dans le quartier où on retrouve notamment le siège de l'Union européenne.

«Si les Belges continuent à manger leur chocolat...»

Un ministre a rejoint mercredi des voix officielles israéliennes qui accusent l'Europe de laxisme relativement au terrorisme, en se moquant du goût des Belges pour le chocolat, au lendemain des attentats de Bruxelles.

«Si en Belgique ils continuent à manger leur chocolat, à profiter de la vie, à se présenter comme de grands libéraux et démocrates et à ne pas prendre en compte qu'une partie des musulmans qui sont là-bas organisent des actes terroristes, ils ne seront pas capables de se battre contre eux», a déclaré Israël Katz, le ministre des Transports et des Renseignements dans une entrevue à la radio publique israélienne.

Mais le premier ministre Benyamin Nétanyahou, interrogé lors d'une conférence de presse mercredi soir, semblait prendre ses distances par rapport aux propos de son ministre. «Mes conseils en matière de lutte contre le terrorisme, je les transmets par d'autres canaux et d'une autre manière», a affirmé le premier ministre.

M. Katz avait aussi reproché au président américain et aux dirigeants européens de ne pas être prêts à dire que la lutte est contre le terrorisme islamique. «Quand on ne définit pas son ennemi, on ne peut pas mener une guerre mondiale», avait ajouté le ministre, un des principaux rivaux de Nétanyahou au sein de son parti, le Likoud.  AFP

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