Ted Cruz réitère son idée de patrouiller les quartiers musulmans

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Ted Cruz faisait campagne dans le Queens, à New York, jeudi.

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Brigitte Dusseau
Agence France-Presse
New York

Patrouiller les quartiers musulmans avant qu'ils ne se radicalisent? L'idée du candidat républicain à la présidence Ted Cruz a suscité de vives critiques aux États-Unis, notamment du président Obama et du chef de la police de New York, mais le sénateur n'a rien lâché mercredi.

Une telle surveillance «est contraire à qui nous sommes. Et cela ne nous aidera pas à vaincre l'État islamique», a tonné mercredi Barack Obama. «Une approche qui les singulariserait ou les ciblerait pour les discriminer est non seulement erronée et non-Américaine, elle serait aussi contre-productive», a insisté le président.

Après les attentats qui ont fait au moins 31 morts mardi à Bruxelles, revendiqués par le groupe jihadiste EI, Ted Cruz n'avait pas hésité: «nous devons permettre à la police de patrouiller et sécuriser les quartiers musulmans avant qu'ils ne se radicalisent», avait-il déclaré.

Son rival Donald Trump, qui prône sans complexe la torture pour les suspects de terrorisme, a trouvé que c'était «une bonne idée».

Plusieurs organisations de défense des musulmans s'en sont émues et Twitter s'est enflammé avec le hashtag MuslimNeighborhood (quartier musulman) racontant la vie et les actes de générosité dans ces quartiers.

Le chef de la police de New York Bill Bratton a été l'un des critiques le plus véhéments de cette proposition.

1000 policiers musulmans à New York

«Il ne sait vraiment pas de quoi il parle», a déclaré M. Bratton, en rappelant que près de 1000 policiers new-yorkais étaient musulmans et que quand M. Cruz venait à New York, il était probablement protégé par certains d'entre eux. M. Bratton s'est dit sur CBS «très offensé» par les remarques du sénateur ultraconservateur du Texas.

D'autant que M. Cruz, pour son idée de patrouiller les quartiers musulmans, a cité en modèle un programme secret de surveillance mis en place après les attentats du 11 septembre à New York, quand Michael Bloomberg était maire.

Des policiers en civil avaient pour mission de surveiller la communauté musulmane, ses lieux de culte, ses restaurants, librairies et magasins et de documenter ce qu'ils voyaient et entendaient.

Très controversé, le programme, objet de plusieurs plaintes en justice, a été officiellement abandonné en avril 2014.

M. Bratton a souligné qu'il n'avait pas permis de découvrir la moindre information. «Je voudrais rappeler au sénateur qu'il vit aux États-Unis», avait déjà déclaré M. Bratton mardi lors d'une conférence de presse. «Et la déclaration qu'il a faite est la raison pour laquelle il ne deviendra pas président.»

Ted Cruz, qui avait déjà provoqué un tollé en attaquant New York sur ses valeurs en janvier, n'a pas été impressionné. «Ce n'est pas surprenant que les hommes de main démocrates du maire de Blasio m'attaquent, et c'est sur instructions du maire», a-t-il déclaré sur CBS.

«Hier nous avons vu une affreuse attaque terroriste à Bruxelles. Ce n'était pas un loup solitaire. Ce n'était pas un attentat isolé. C'était du terrorisme radical islamiste. C'était l'État islamique qui [...] nous a déclaré la guerre. Et malheureusement, le président Obama et Hillary Clinton et le maire de Blasio, les élus démocrates sont tellement liés par le politiquement correct qu'ils refusent de prononcer le mot terrorisme radical islamiste. Et ils refusent de tenter sérieusement d'en venir à bout», a-t-il dit.

Interrogé sur le nombre de musulmans aux États-Unis, M. Cruz a admis qu'il ne le connaissait pas (environ 3,3 millions).

Excuses demandées

La principale association de défense des musulmans CAIR (Council on American-Islamic Relations) lui a demandé de «se rétracter et de s'excuser pour sa proposition anticonstitutionnelle», et a dénoncé dans un communiqué «un appel à un traitement des musulmans comparable au fascisme».

Sur Twitter, le hashtag MuslimNeighborhood a fleuri.

«Dans mon quartier musulman, vous verrez des gens distribuer de l'eau propre aux victimes de la crise de l'eau à Flint», avait écrit un internaute, photos à l'appui, dans un message retweeté plus de 1200 fois. «@tedcruz bonne chance pour essayer de distinguer un quartier musulman d'un autre, car les musulmans sont une partie intégrante du tissu américain», affirmait un autre tweet. Un troisième montrait trois jeunes femmes souriantes. «Hey @tedcruz, choisis les deux qui sont musulmanes et patrouille-nous», disait-il.

Appui de Bush à Cruz: tout sauf Trump

Le «tout sauf Donald Trump» a accouché mardi du mariage de la carpe et du lapin: le soutien du policé Jeb Bush à l'ultra-conservateur Ted Cruz symbolise les manoeuvres de l'appareil du parti républicain, prêt à tout pour contrer l'investiture du milliardaire.

Tout oppose l'ancien gouverneur de Floride, calme et peu à l'aise dans les débats lors desquels il peinait à trouver la formule juste, au sénateur du Texas, avocat et grandiloquent orateur.

Au-delà du style, Jeb Bush représente par excellence l'establishment du Grand Old Party dont il était le candidat naturel au lancement de la campagne présidentielle américaine, par contraste avec Ted Cruz, pourfendeur de Washington qui hérisse l'appareil du parti pour sa stratégie d'opposition permanente au Congrès, même contre son propre camp.

Le ralliement du premier, qui a jeté l'éponge dans la course à l'investiture pour la Maison-Blanche il y a 32 jours, derrière la candidature de Ted Cruz, s'apparente bien plus à une escarmouche destinée à faire vaciller Donald Trump qu'à un soutien en bonne et due forme.

Le calendrier - surprenant - choisi par le fils et frère d'anciens présidents des États-Unis est à cet égard éloquent: il a attendu plus d'un mois avant de soutenir l'un des candidats toujours en lice, choisissant de ne le faire qu'après la primaire sur ses terres de Floride, où Donald Trump en a profité pour enterrer la candidature du local de l'étape, le sénateur Marco Rubio.

«Pour le bien de notre parti et de notre pays, nous devons dépasser la vulgarité et la division que Donald Trump a introduites dans l'arène politique ou bien nous perdrons nos chances de battre le candidat démocrate, probablement Hillary Clinton», a attaqué Jeb Bush dans son communiqué.

À mi-chemin des primaires et alors qu'il ne reste plus que trois républicains en course pour la Maison-Blanche, Jeb Bush a donc choisi le pragmatisme et mis tout son poids politique dans la stratégie, quelque peu désespérée, de l'appareil du parti pour barrer coûte que coûte le chemin de l'investiture au milliardaire.  AFP

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