«On l'a eu»: le cerveau des attentats de Paris arrêté à Bruxelles

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Cet extrait d'une vidéo du réseau de télévision flamand VTM montre l'arrestation d'un des suspects.

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La police belge a procédé vendredi à l'arrestation de cinq personnes à Bruxelles, dont Salah Abdeslam, un suspect-clé des attentats de Paris.

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L'appel à témoins concernant Salah Abdeslam lancé après après les attaques de Paris

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Devenu l'ennemi public numéro un après les attentats qui ont fait 130 morts dans la capitale française, Abdeslam a été légérement blessé à une jambe au cours de l'opération et emmené à l'hôpital pour être soigné. 

«On l'a eu», s'est félicité le secrétaire d'État belge à l'Immigration, Theo Francken, sur Twitter.

Salah Abdeslam a été arrêté dans l'assaut de la police contre une maison de deux étages, rue des Quatre Vents à Molenbeek, commune devenue célèbre après les attaques du 13 novembre pour avoir abrité plusieurs des kamikazes. 

Salah Abdeslam a été intercepté en compagnie de Mounir Ahmed Alaaj, alias Amine Choukri, a d'abord indiqué détaillé un porte-parole du parquet fédéral belge, Thierry Werts. «Trois autres personnes ont été privées de liberté : les nommés Abid A., Sihane A. et Djemila M., tous membres de la famille qui hébergeait Salah», a ajouté M.Werts lors d'une conférence de presse en milieu de soirée.

Le premier ministre belge, Charles Michel, a précipitamment quitté dans l'après-midi un sommet européen avec la Turquie à Bruxelles, un téléphone vissé à l'oreille. Dès la fin du sommet, le président français, François Hollande, l'a rejoint dans son bureau.

Salah Abdeslam, 26 ans, est un Français d'origine marocaine et est soupçonné d'avoir tenu le rôle-clé de logisticien dans les attentats de Paris, revendiqués par l'État islamique (EI). Il avait réussi, grâce à des complices, à s'évaporer dans la nature le lendemain des attaques, alors qu'il aurait passé trois semaines caché dans un appartement d'une autre commune bruxelloise. C'est dans cet appartement que son empreinte avait été retrouvée par les enquêteurs le 10 décembre.

Vendredi, après les sommations d'usage, l'assaut a été donné par la police. Un homme «jeune, de petite taille à casquette, s'est enfui [...] Il a été touché par la police et emmené en ambulance», a décrit un élu de Molenbeek, sous le couvert de l'anonymat.

Changement de rythme

La traque de Salah Abdeslam s'est accélérée cette semaine après que des policiers ont débusqué, au détour d'une perquisition de routine, trois hommes lourdement armés qui se planquaient dans un appartement sans eau ni électricité de la commune de Forest, au sud de Bruxelles.

Ces hommes ont tiré sans hésiter sur les policiers, à la kalachnikov et au fusil antiémeutes, blessant légèrement quatre d'entre eux. L'un d'eux sera abattu par un tireur d'élite, mais ses deux complices ont réussi à prendre la fuite. Dans l'appartement, la police avait notamment trouvé un drapeau de l'EI, 11 chargeurs de kalachnikov et de nombreuses munitions.

Il est également apparu vendredi que l'homme abattu dans cette opération, l'Algérien Mohamed Belkaïd, était plus que vraisemblablement l'homme recherché pour le soutien logistique qu'il a apporté aux auteurs des attentats de Paris sous la fausse identité de Samir Bouzid.

C'est sous ce faux nom que l'homme tué avait notamment transféré quelque 1100 $ depuis Bruxelles à Hasna Aïtboulahcen, la cousine d'un des lieutenants des attentats, Abdelhamid Abaaoud. Abaaoud et sa cousine sont morts le 18 novembre lors de l'assaut policier contre leur planque à Saint-Denis, en banlieue parisienne.

Le faux Samir Bouzid avait été contrôlé à la frontière austro-hongroise le 9 septembre en compagnie de Salah Abdeslam et d'un certain Soufiane Kayal, qui avait lui aussi présenté une fausse carte d'identité.

Une traque de quatre mois

Les rues de Molenbeek où a été retrouvé Salah Abdeslam étaient... (AFP, Belga) - image 3.0

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Les rues de Molenbeek où a été retrouvé Salah Abdeslam étaient sous haute garde, vendredi soir à Bruxelles.

AFP, Belga

Une voiture abandonnée le 13 novembre au soir, une ceinture explosive retrouvée 10 jours après. Puis plus rien, jusqu'à ses empreintes découvertes dans un appartement en région bruxelloise. La traque de Salah Abdeslam, suspect-clé des attaques qui ont fait 130 morts à Paris en novembre, aura duré un peu plus de quatre mois.

13 novembre

À 21h59, une Clio noire, louée par Salah Abdeslam arrive dans le nord de Paris. Les enquêteurs se demandent si ce Français de 26 ans né à Bruxelles n'est pas au volant après avoir déposé trois kamikazes aux abords du Stade de France. Il dépose la voiture dans le 18earrondissement, mentionné par le groupe Etat islamique dans sa revendication, puis se rend dans la banlieue sud, à Montrouge, où un gilet d'explosifs sera retrouvé le 23 novembre. Les enquêteurs s'interrogent : a-t-il renoncé à déclencher sa ceinture? A-t-il connu un problème technique?

14 novembre

À un contrôle routier à Cambrai, près de la frontière franco-belge, un homme présente aux gendarmes des papiers au nom de Salah Abdeslam. La voiture est autorisée à repartir, Abdeslam étant inconnu des services français, à l'inverse des services belges. Mohamed Amri et Hamza Attou, qui étaient à bord de la Golf avec lui sont interpellés et mis en examen le 16 en Belgique pour «attentat terroriste» et écroués.

15 novembre

La police française diffuse un appel à témoins concernant Salah Abdeslam, «susceptible d'être impliqué dans les attentats parisiens». L'homme, né le 15 septembre 1989 à Bruxelles, est également visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge.

16 novembre

Sur la foi d'un renseignement reçu la veille, la police belge investit le numéro 47 de la rue Delaunoy, à Molenbeek, pour tenter de mettre la main sur Abdeslam. Il est introuvable, mais les enquêteurs ont «détecté des traces de son passage lors de la perquisition».

17 novembre

Les policiers retrouvent la Clio noire, louée par Salah Abdeslam, place Albert-Kahn dans le 18e arrondissement parisien. Aperçue sur l'autoroute A1, elle pourrait avoir servi à la préparation des attentats, expliquent des sources policières. Des sources policières révèlent que deux chambres d'un appart-hôtel d'Alfortville, près de Paris, ont été louées la veille des attentats de Paris grâce à sa carte bancaire.

21 novembre

Immense traque à Bruxelles, complètement paralysée. mais Salah Abdeslam demeure introuvable.

2016 : 8 janvier

Le parquet belge indique qu'une empreinte digitale de Salah Abdeslam a été trouvée dans un appartement de Bruxelles contenant des traces d'explosifs.

19 février

Un journal belge révèle qu'Abdeslam est resté caché du 14 novembre au 4 décembre dans un appartement de Schaerbeek, en région bruxelloise.

15 mars

Une équipe de six enquêteurs franco-­belges se présente pour une perquisition de routine devant un appartement de Forest, dans le sud-ouest de la capitale belge. Ils sont accueillis par des tirs d'armes automatiques. L'un des trois hommes à l'intérieur de l'appartement est tué, deux autres prennent la fuite.

18 mars

En début d'après-midi, le parquet fédéral belge confirme que des empreintes de Salah Abdeslam ont été retrouvées dans l'appartement perquisitionné à Forest. Quelques heures plus tard, une importante opération de police conduit à l'arrestation de Salah Abdeslam à Bruxelles, blessé à une jambe.

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