Trois millions de Brésiliens descendent dans la rue

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Dans la seule capitale économique Sao Paulo, fief de l'opposition, 1,4 million de personnes ont défilé aux cris de «Dilma dehors!», selon le secrétariat à la Sécurité publique qui a évalué le nombre de participants à 1,8 million dans tout l'État.

AP, Andre Penner

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Damian WROCLAVSKY
Agence France-Presse
Sao Paulo

Des manifestations d'une ampleur historique ont rassemblé dimanche plus de trois millions de Brésiliens, selon la police, pour réclamer le départ de la présidente de gauche Dilma Rousseff, embourbée dans une crise politique majeure.

Dans la seule capitale économique Sao Paulo, fief de l'opposition, 1,4 million de personnes ont défilé aux cris de «Dilma dehors!», selon le secrétariat à la Sécurité publique qui a évalué le nombre de participants à 1,8 million dans tout l'État.

Avant cette estimation, le nombre total de manifestants dans le reste du Brésil était estimé à 1,4 million, selon des données de la police compilées ville par ville par le site d'informations G1.

Et ce sans compter la grande manifestation de Rio de Janeiro, ville hôte des Jeux Olympiques en août prochain. Des centaines de milliers de Cariocas y ont défilé le long de la célèbre plage de Copacabana, selon des journalistes de l'AFP.

Ce raz-de-marée représente un sérieux coup de semonce pour Dilma Rousseff, sous la menace d'une procédure parlementaire de destitution.

L'opposition a remporté son pari d'une mobilisation massive. L'objectif était de faire pression sur les députés hésitants qui devront se prononcer pour ou contre le départ de la présidente, réélue démocratiquement en 2014.

Géant émergent d'Amérique latine de plus de 200 millions d'habitants, le Brésil est confronté simultanément à l'une des pires crises économiques et politiques de son histoire. Le tout envenimé par le méga-scandale de corruption autour du géant étatique Petrobras qui éclabousse la coalition au pouvoir.

«C'est le chaos»

Le gouvernement du Parti des travailleurs (PT), au pouvoir depuis 2003 semble paralysé au milieu de cette tempête.

Il ne parvient pas à faire adopter par un parlement rebelle son programme d'austérité. La 7e économie mondiale est entrée dans sa deuxième année de récession. Le PIB a chuté de 3,8% en 2015, l'inflation dépasse les 10%, les déficits publics se creusent, le chômage augmente.

«C'est le chaos et cela nous affecte tous», a commenté, amer, à une journaliste de l'AFP l'architecte Sergio Sampaio, 61 ans, parmi la foule des manifestants de Sao Paulo.

«Nous avons besoin d'un Macri ici» pour relancer l'économie, avait déclaré plus tôt à Rio Luis Adolfo Dabkiewicz, 57 ans, admirateur du nouveau chef de l'Etat argentin Mauricio Macri, un libéral qui a succédé à la présidente de gauche Cristina Kirchner.

Les manifestations avaient été convoquées par des mouvements citoyens marqués à droite, à l'origine de trois actions de protestation similaires en 2015, dont la plus importante avait mobilisé jusqu'à 1,7 million de personnes en mars.

Les partis de l'opposition s'étaient pour la première fois ralliés officiellement aux manifestations de dimanche.

Le chef de l'opposition Aecio Neves, rival malheureux de Dilma Rousseff au second tour de la présidentielle de 2014, a ainsi participé brièvement à la marche de Sao Paulo, où il a été hué.

«Marre de la corruption»

Le seul à faire l'unanimité des manifestants était le juge Sergio Moro, chef de l'enquête sur le scandale Petrobras, qui a rattrapé récemment jusqu'à l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

A Brasilia, les manifestants avaient gonflé une grande poupée en plastique représentant Lula, mentor et prédécesseur de l'actuelle présidente, en tenue de prisonnier à rayures blanches et noires.

Outre l'affaire Petrobras, Lula est visé par des procureurs de Sao Paulo qui réclament des poursuites contre lui pour «occultation de patrimoine» et son placement en détention dans le cadre d'une enquête parallèle.

«Je manifeste parce que j'en ai marre de tant de corruption et pour protester contre le désordre généralisé dans ce pays», a expliqué à l'AFP Rosilene Feitosa, une retraitée de 61 ans, à Sao Paulo.

«J'ai déjà voté pour le PT. Mais jamais plus je ne le ferai. J'ai été avec Lula, mais je ne veux plus rien savoir de ce corrompu indécent», a-t-elle ajouté.

Le weekend avait déjà mal commencé pour Dilma Rousseff. Samedi, le pilier de sa coalition parlementaire, le grand parti centriste PMDB réuni en congrès à Brasilia s'est donné 30 jours pour décider s'il claque ou non la porte du gouvernement.

Et la semaine qui s'ouvre s'annonce tout aussi difficile, avec la réactivation de la procédure d'impeachement lancée contre elle en décembre par l'opposition, une fois que le tribunal suprême fédéral (STF) en aura fixé les règles, mercredi.

Dilma Rousseff s'est réunie dimanche soir à Brasilia avec ses principaux ministres pour évaluer la situation. La présidence s'est bornée à saluer le déroulement «pacifique» des manifestations dans un bref communiqué.

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