Fukushima: des parents d'enfants cancéreux brisent le silence

Familles de Sendai, lors des commémorations du tsunami, vendredi. Il... (AFP, Toru Yamanaka)

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Familles de Sendai, lors des commémorations du tsunami, vendredi. Il existe chez les habitants de Fukushima une crainte d'être rejetés, tout comme le furent après la Seconde Guerre mondiale les survivants des bombes atomiques.

AFP, Toru Yamanaka

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Agence France-Presse
Tokyo

Des parents d'enfants de Fukushima atteints d'un cancer de la thyroïde ont demandé samedi la reconnaissance de ces cas, sortant du silence dans lequel ils se murent par peur de la stigmatisation.

Il existe chez les habitants de Fukushima une crainte d'être rejetés et discriminés, tout comme le furent au Japon après la Seconde Guerre mondiale les «hibakusha», survivants des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki.

Sous l'appellation «311TCFG» (groupe de familles victimes de cancer de la thyroïde après le 11 mars), ces parents ont lancé ce mouvement pour en finir avec l'isolement et organisé une conférence de presse dans la capitale.

«Les spécialistes insistent sur la faible probabilité que les cancers de la thyroïde découverts soient liés à l'accident nucléaire, mais ces mots nous laissent dans la plus grande expectative», expliquent les fondateurs de cette association dans un texte diffusé samedi.

«L'accident de Fukushima a entraîné des rejets massifs d'éléments radioactifs dans la nature, nous avons été irradiés, et il n'y a rien qui nous prouve à ce jour que cette catastrophe ne soit pas la cause des cancers», soulignent-ils.

L'avocat qui les soutient, Hiroyuki Kawai, demande «une reconnaissance des cas de cancer, sauf à prouver qu'ils n'ont aucun lien avec l'accident».

«Je n'ai pu en parler à personne. Le médecin est notre seul interlocuteur, mais les visites pour les examens ne durent que cinq, six minutes et il est difficile de discuter», a témoigné à visage caché un père lors de la conférence de presse.

«Nous ne savons pas du tout à qui demander conseil, et de ce fait nous disposons de très peu d'informations sur le cancer de la thyroïde et ses conséquences», ajoute-t-il.

«Pour plusieurs raisons, dont la peur des regards extérieurs, les familles se sont enfermées dans l'isolement», expliquent les représentants de cette association naissante.

«Quand je pense que des enfants de Fukushima aujourd'hui atteint de cancer vont devoir vivre des choses similaires à ceux de Hiroshima, cela me peine», a témoigné une journaliste âgée dans l'assistance.

Culpabilité

Selon une ex-élue de la préfecture de Fukushima, Chikako Chiba, qui est intervenue aussi samedi à Tokyo, il existe en outre une forme de culpabilité chez les parents qui «sont pleins de remords et se disent, "si on était parti, ce ne serait pas arrivé"».

Au total, 115 enfants de la province de Fukushima âgés de moins de 18 ans au moment de l'accident nucléaire de la centrale Fukushima-daiichi en mars 2011 ont été diagnostiqués comme ayant un cancer de la thyroïde avec certitude, et 50 autres cas sont fortement soupçonnés. Ces chiffres sont issus d'un dépistage conduit par les autorités depuis 5 ans sur un total de plus de 300.000 enfants, adolescents ou désormais jeunes adultes.

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