Bernie Sanders fait durer le plaisir

Bernie Sanders et Hillary Clinton lors du débat démocrate... (AP, Wilfredo Lee)

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Bernie Sanders et Hillary Clinton lors du débat démocrate de mercredi en Floride

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Agence France-Presse
Washington

La route vers l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine prend des détours longs et tortueux pour la favorite Hillary Clinton, qui a subi un revers surprise face à Bernie Sanders dans le Michigan, mardi soir.

Le camp Sanders était euphorique après cette victoire du sénateur du Vermont, où il a obtenu 50 % des voix contre 48 % pour Hillary Clinton, alors qu'elle avait entre 13 et 24 points d'avance dans trois sondages effectués au début du mois.

Le discours protectionniste de M. Sanders a fait mouche dans cette région des Grands Lacs frappée par la désindustrialisation, et où l'industrie automobile ne doit sa survie qu'à un gigantesque plan de sauvetage.

Hillary Clinton a eu beau tenter de convaincre les démocrates que Bernie Sanders avait voté contre ce dispositif d'aide, le sénateur socialiste démocrate a répété inlassablement que l'ex-secrétaire d'État avait soutenu dans sa carrière tous les grands accords de libre-échange, avec des centaines de milliers d'emplois détruits ou délocalisés, selon lui. Toutefois, l'automne dernier, en pleine campagne, elle a pris position contre le récent partenariat transpacifique signé par Barack Obama.

La stratégie est simple : si Bernie Sanders peut gagner dans le Michigan, il peut répéter la performance dans des États similaires ou voisins comme l'Ohio, l'Illinois ou le Missouri, trois États riches en délégués qui voteront mardi prochain, lors de ce qui est considéré comme un deuxième «super mardi».

«Elle a du mal en dehors du Sud, et il n'y a presque plus d'États du Sud» au calendrier, a expliqué Jeff Weaver, directeur de campagne de M. Sanders sur CNN mercredi.

Avance «insurmontable»

Mais le camp Clinton, calculette en main, douche cet enthousiasme en rappelant que l'investiture se gagne en amassant des délégués, pas des succès symboliques. Or, l'ex-secrétaire d'État a accru son avance en nombre de délégués mardi, grâce à une victoire écrasante dans le Mississippi. Les délégués démocrates sont attribués à la proportionnelle. Elle a également raflé tout le Sud avec des marges de plus de 70 %, grâce au soutien indéfectible de la communauté noire.

«Des succès comme le Michigan hier soir ne suffiront pas au sénateur Sanders pour gagner l'investiture», a expliqué lors d'une conférence téléphonique Robby Mook, directeur de campagne d'Hillary Clinton. «Non seulement il doit gagner ces États, mais il devra le faire avec des marges exceptionnelles pour espérer nous rattraper.»

«C'est pourquoi nous estimons que nous nous approchons du point où notre avance en termes de délégués sera insurmontable», a dit Robby Mook.

Mercredi matin, après 13 consultations remportées sur 22, Hillary Clinton avait 1238 délégués (dont 472 superdélégués non tenus par des primaires) contre 572 pour Bernie Sanders. Il en faut 2382 pour décrocher l'investiture.

Trump insubmersible

Du côté républicain, Donald Trump était conforté dans son statut de favori des primaires républicaines après une triple victoire mardi (Mississippi, Michigan et Hawaii), qui a fait l'effet d'une claque pour le camp anti-Trump et redonné une impulsion à l'homme d'affaires au moment où ses rivaux assuraient, un peu vite, que sa campagne était moribonde.

Il a désormais les yeux rivés sur la Floride et l'Ohio qui pourraient mardi prochain sonner le glas des ambitions de ses rivaux déboussolés. Dans les deux cas, le vainqueur raflera tous les délégués en bloc.

Pour Marco Rubio, sénateur de Floride, et John Kasich, gouverneur de l'Ohio, l'échéance ressemble à un couperet. S'ils ne parviennent pas à l'emporter dans leurs fiefs respectifs, ce sera à coup sûr la fin de l'aventure.

La bataille des sept jours à venir s'annonce féroce. Les anti-Trump ont déjà commencé à inonder radios et télévisions de messages publicitaires rappelant les revirements idéologiques et le passé pas toujours immaculé de l'homme d'affaires.

«Cela ne m'inquiète pas. La Floride, c'est ma deuxième maison», a assuré le milliardaire mercredi sur les ondes de CNN. 

Selon un sondage Quinnipiac, il écraserait Rubio en Floride (45 % contre 22 %). Dans l'Ohio, il devance John Kasich, mais avec une marge plus réduite (38 % à 32 %).

Avec 15 victoires sur 24 consultations, il a accumulé 461 délégués, contre 360 pour son rival le plus menaçant, le sénateur du Texas Ted Cruz. Le seuil de victoire du côté républicain est de 1237.

Messagerie: Clinton certaine de ne pas être inculpée

La candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a rejeté, jeudi, lors d'un débat, la perspective d'une inculpation dans l'affaire de sa messagerie privée, qu'elle a utilisée lorsqu'elle était secrétaire d'État (2009-2013) en lieu et place d'un compte officiel. Le modérateur du débat, diffusé sur CNN et Univision, a demandé en début de débat à Mme Clinton si elle se retirerait de la course à la présidentielle si elle était inculpée. «Oh, mon Dieu, cela n'arrivera pas, je ne répondrai même pas à cette question», a-t-elle sèchement répondu.

La révélation, en mars 2015, qu'Hillary Clinton avait utilisé un compte personnel au lieu d'une adresse gouvernementale a suscité des questions sur l'exhaustivité de ses archives officielles et la sécurité de ses communications, puisque les autorités fédérales ne protégeaient pas le serveur, géré directement par les Clinton. L'ex-première dame a présenté ses excuses en septembre, après des mois de polémique, prétextant qu'avoir une adresse unique était plus pratique, mais elle maintient qu'aucun des messages ayant transité par sa boîte n'était marqué confidentiel ou secret à l'époque, et qu'elle n'a pas enfreint la loi.

Malgré l'enquête qui a été ouverte par le FBI, son rival Bernie Sanders a choisi depuis le début de la campagne de ne pas utiliser la controverse contre son adversaire, disant s'en tenir aux problèmes quotidiens des Américains.  

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