Mitt Romney lance une attaque en règle contre Donald Trump

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Mitt Romney, qui a obtenu l'appui de Donald Trump lors de sa course à la Maison-Blanche en 2012, a accusé le milliardaire de nuire à la marque du Parti républicain.

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Associated Press
Salt Lake City

L'ancien candidat présidentiel républicain Mitt Romney a lancé jeudi une attaque en règle contre Donald Trump, en déclarant que l'éventualité d'un avenir sécuritaire et prospère serait «grandement diminuée» si le milliardaire représentait le parti lors de l'élection présidentielle de novembre.

S'exprimant à l'Université de l'Utah, M. Romney a déclaré devant une salle pleine à craquer que n'importe quel autre candidat républicain serait préférable à M. Trump.

Ce n'est pratiquement jamais arrivé qu'un ancien candidat à la présidence s'en prenne à un autre membre de son parti et à un candidat à l'investiture. Mais ce n'est pas une course à l'investiture comme les autres. La course républicaine a été ponctuée d'attaques et d'insultes de toutes parts alors que Donald Trump - vu auparavant comme un candidat peu crédible - s'approche de plus en plus d'une victoire à la tête de son parti.

«Les seules idées sérieuses pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui proviennent de Ted Cruz, Marco Rubio et John Kasich, a dit M. Romney, en énumérant les rivaux de M. Trump. Un de ces hommes devrait être notre candidat.»

M. Romney a sauté à pieds joints dans la controverse qui entoure M. Trump en suppliant les républicains de lui tourner le dos, pour le bien du parti et du pays. «Son tempérament n'est pas celui d'un leader stable et réfléchi. Son imagination ne doit pas être jumelée à un pouvoir véritable», a-t-il estimé.

M. Romney a déclaré que M. Trump était un «arnaqueur [dont] les promesses ont autant de valeur qu'un diplôme de l'Université Trump». «Les politiques intérieures [de M. Trump] mèneront à la récession. Sa politique étrangère menacera la sécurité des États-Unis et du monde, a-t-il dit. Et ses qualités personnelles signifient que l'Amérique cessera d'être cette ville qui brille au sommet d'une colline.»

À genoux

Comme c'est son habitude, Donald Trump ne s'est pas retenu pour contre-attaquer. Lors d'un rassemblement de campagne dans le Maine, M. Trump a relaté que Mitt Romney, lorsqu'il était candidat à la présidence en 2012, l'avait «supplié» de lui donner son appui dans la course, qu'il aura finalement perdue contre le président Barack Obama.

M. Romney aurait pu se «mettre à genoux» si on le lui avait demandé, a raillé le milliardaire.

Plus tôt jeudi, M. Trump avait fait fi des commentaires à venir de M. Romney en déclarant que celui-ci était un incompétent qui avait manqué sa chance de battre Barack Obama en 2012.

M. Romney a aussi prédit qu'une candidature de M. Trump donnerait la Maison-Blanche à Hillary Clinton.

Il a d'ailleurs aussi critiqué Mme Clinton au passage. Il l'a accusée avec son mari, l'ex-président Bill Clinton, de profiter personnellement de leur position de pouvoir.

Le sénateur John McCain, qui était candidat républicain à la présidence en 2008, a approuvé les déclarations de M. Romney dans un communiqué. Il y a quelques mois, Donald Trump avait remis en question le statut de héros de guerre de M. McCain parce qu'il a été fait prisonnier au Viêtnam.

Les dirigeants du Parti républicain s'inquiètent de plus en plus de voir M. Trump décrocher l'investiture du parti. Ils disent disposer d'encore quelques options pour lui barrer le chemin, tout en affirmant que les bonnes options se font rares.

Par exemple, certains stratèges envisagent l'idée que M. Trump n'obtienne pas la majorité requise de délégués pour remporter l'investiture.

Un enjeu de sécurité nationale

Par ailleurs, des dizaines d'experts en sécurité nationale ont déclaré jeudi que M. Trump n'était pas apte à devenir le commandant en chef des États-Unis.

L'ancien secrétaire à la Sécurité intérieure sous George W. Bush, Michael Chertoff, et plus de 70 autres intervenants ont qualifié d'inexcusable l'appui de M. Trump à l'utilisation élargie de la torture.

Ils ont également critiqué la rhétorique «haineuse» du candidat à l'endroit des musulmans.

Selon les chiffres de l'Associated Press, M. Trump a remporté 46 % des délégués jusqu'à maintenant. Il en a 316 en tout et il lui en faut 1237 pour gagner l'investiture. Le sénateur du Texas Ted Cruz en a accumulé 226, contre 106 pour le sénateur de la Floride Marco Rubio.

Les dirigeants du parti surveilleront de près les élections primaires du 15 mars, lorsque cinq États voteront pour leur candidat simultanément. Des centaines de délégués seront alors en jeu.

Des victoires de Marco Rubio et John Kasich chez eux, en Floride et en Ohio, pourraient affaiblir M. Trump.

Une éventualité qui effraie Wall Street

Le milliardaire Donald Trump a tout pour plaire à Wall Street, qui l'a aidé à bâtir son empire immobilier, mais sa position de favori à l'investiture républicaine fait trembler les tenants du capitalisme américain.

La liste de leurs craintes est longue : guerres commerciales avec la Chine et le Mexique, hausse des impôts pour les plus riches, conflit ouvert avec la banque centrale, blocage au Congrès...

«Donald Trump fait peur à Wall Street», résume Greg Valliere, chef stratégiste du fonds Horizon Investments. «C'est un électron libre. Il est porteur d'incertitude et les marchés détestent l'incertitude.»

Trump déconcerte les entreprises lorsqu'il dénonce les gros salaires des grands patrons, la cupidité des banquiers et les politiques d'immigration du pays alors que les milieux d'affaires apprécient l'arrivée de main-d'oeuvre bon marché en provenance du Mexique.

Il y a aussi ses attaques récurrentes contre la Chine et le Japon, et contre le libre-échange au moment même où les États-Unis nouent des accords commerciaux avec la région Asie-Pacifique et l'Europe.

Ce même sentiment prévaut dans les milieux bancaires. «Il est incapable de gérer une entreprise. Comment va-t-il pouvoir gérer un pays?» s'interroge un banquier sous couvert de l'anonymat, renvoyant aux quatre faillites entre 1991 et 2009 des casinos Trump.

Frissons en Europe

L'Europe, de son côté, a d'abord réagi avec perplexité à la candidature de l'excentrique milliardaire, mais dorénavant sa progression dans la course inquiète et sonne comme un avertissement pour les partis traditionnels du Vieux Continent confrontés au populisme.

En visite à Washington, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s'est immiscé mardi dans la campagne américaine avec un discours visant clairement le favori de la primaire républicaine. «En Allemagne et en Europe, quelque chose se développe dans notre vie politique et, pour être honnête, je le constate aussi ici aux États-Unis durant la campagne des primaires : c'est la politique de la peur», a-t-il dit devant des étudiants.

La presse européenne s'est également fait l'écho de ces craintes.

Donald Trump à la Maison-­Blanche? Ce serait une «catastrophe planétaire», prévient l'éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf.

M. Trump est un «xénophobe et un ignare», ajoute-t-il sans ambages, dressant un parallèle entre la trajectoire du milliardaire et la chute de l'Empire romain, voire l'ascension d'Adolf Hitler.

Même son de cloche du côté de la presse française, qui elle aussi fait le lien avec les succès électoraux récents de l'extrême droite en France et, au-delà, la montée des populismes en Europe.

D'ailleurs, Trump a reçu le soutien de l'incarnation même du populisme : l'ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen. «Si j'étais américain, je voterais TRUMP», a écrit le cofondateur du parti d'extrême droite sur son compte Twitter.  AFP

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