L'ONU livre de l'aide au troisième jour de la trêve en Syrie

Les «casques blancs», la défense civile des régions... (AFP, Karam Al-Masri)

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Les «casques blancs», la défense civile des régions rebelles, profitaient d'un moment de répit, lundi, n'ayant pas vu arriver en deux jours de blessé par balle ou de victime de bombardement.

AFP, Karam Al-Masri

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Agence France-Presse
Damas

Les équipes de l'ONU ont livré lundi de l'aide à l'une des villes assiégées de Syrie, pour la première fois depuis le début de la trêve entre régime et rebelles qui semble respectée malgré quelques accusations de violation.

À Genève, le groupe de travail chargé de surveiller la mise en oeuvre de la cessation des hostilités s'est réuni après que le patron de l'ONU Ban Ki-moon a souhaité que ces accrocs «ne se poursuivent plus» et que la trêve, entrée en vigueur samedi, «continue».

Mettant à profit cette trêve sans précédent en près de cinq and de guerre, qui exclut les groupes djihadistes, l'ONU a annoncé qu'elle porterait assistance dans les cinq prochains jours à 154 000 personnes dans des localités assiégées par des belligérants.

D'après le Croissant-Rouge syrien, une vingtaine de camions chargés de produits de nettoyage, savons et couvertures fournis par l'ONU sont entrés à Mouadamiyat Al-Cham, ville rebelle située au sud-ouest de Damas et encerclée par l'armée.

C'est la première fois qu'une aide humanitaire est livrée en Syrie depuis le début de la trêve mais l'ONU avait déjà envoyé des aides à deux reprises vers cette ville en février, ainsi qu'à d'autres localités assiégées.

«Plus de 450 000 personnes sont prises au piège dans des villes et villages de Syrie, et parfois depuis des années», a dit le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein. «La nourriture, les médicaments et d'autres produits d'aide d'urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim.»

Lundi, des bombardements et des tirs limités ont entaché la cessation des hostilités qui s'applique dans les zones de combats entre régime et rebelles marginalisés par la montée en puissance des groupes djihadistes du groupe État islamique (EI) et du Front Al-Nosra.

Ces groupes djihadistes qui contrôlent plus de la moitié du territoire syrien ne sont pas inclus dans l'accord de trêve initié par les Russes, qui appuient le régime, et Américains qui soutiennent les rebelles. Ils continuent donc d'être la cible des avions du régime, de la Russie ou de la coalition internationale dirigée par Washington.

Mais l'application de la trêve est compliquée par le fait qu'Al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans plusieurs régions.

Optimisme prudent

La Russie et les États-Unis se sont montrés prudemment optimistes sur l'avenir de la cessation des hostilités.

«Les mesures principales ont été prises. Nous savions à l'avance que cela ne serait pas facile», a déclaré le Kremlin.

La Maison-Blanche a assuré elle ne pas être surprise par les informations concernant d'éventuelles violations de la trêve mais a souligné qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions sur le devenir du processus.

Cette trêve, si elle tient, devrait ouvrir la voie à une relance des discussions intersyriennes annoncée par l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura pour le 7 mars à Genève.

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