L'éphémère trêve en Syrie déjà troublée par des obus

Une jeune Syrienne profite de la trêve à... (AP, Hassan Ammar)

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Une jeune Syrienne profite de la trêve à Damas pour chasser les pigeons de la place des Martyrs.

AP, Hassan Ammar

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Rim Haddad
Agence France-Presse
Damas

Plusieurs obus sont tombés samedi en milieu de journée sur Damas, bastion du régime du président syrien Bachar Al-Assad, quelques heures après l'entrée en vigueur de l'accord de cessation des hostilités avec les rebelles, a indiqué l'agence officielle Sana.

«Un petit nombre de terroristes à Douma et Jobar [des secteurs à l'est de Damas] ont tiré plusieurs obus contre des quartiers résidentiels de la capitale», a précisé une source militaire citée par l'agence qui ne qualifie pas la chute de ces obus comme une violation de la trêve.

L'agence ne fait pas état de victime.

Selon une source sécuritaire, une dizaine d'obus sont tombés sur le quartier des Abbassides, dans l'est de la ville.

Un habitant interrogé par l'AFP a confirmé la chute d'obus sur ce quartier en fin de matinée.

Il s'agit du premier incident notoire à Damas depuis l'entrée en vigueur de la trêve initiée par la Russie et les États-Unis, et soutenue par l'ONU.

Des djihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, sont présents dans le quartier rebelle de Jobar, et la ville de Douma est contrôlée par les seuls rebelles.

«La direction générale de l'armée met en garde contre les conséquences de tels actes et appelle tous les citoyens à participer à la réconciliation nationale», selon Sana.

Le silence des canons

La majorité des principales villes de Syrie ont tout de même connu samedi leur première matinée sans le bruit des canons.

L'accord de cessations des hostilités ne concerne que les zones de combat entre les forces du régime appuyées par l'aviation de l'allié russe et les rebelles syriens, alors que les groupes djihadistes État islamique et Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) qui contrôlent plus de 50% du territoire, en sont exclus.

Malgré l'espoir que suscite l'accord, la complexité de la mise en application dans la durée de la trêve, notamment en raison de l'alliance des rebelles avec le Front Al-Nosra dans plusieurs régions, rend sceptiques les analystes.

C'est «un jour et une nuit exceptionnels pour les Syriens», a affirmé le médiateur et envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, qui a néanmoins affirmé que la journée de samedi sera «critique».

Pour soutenir l'accord et empêcher toute erreur de bombardement, l'armée de l'air russe a annoncé la suspension, pour la journée, de toutes les sorties de son aviation au-dessus de la Syrie où elle bombardait depuis fin septembre zones rebelles et djihadistes.

Dans la ville d'Alep, qui depuis juillet 2012 est un champ de bataille entre régime et insurgés, des habitants de quartiers rebelles ont affirmé à l'AFP que si la trêve se poursuivait, ils iraient au parc avec leurs enfants, un «plaisir» depuis longtemps oublié.

Avec humour, les «Casques blancs» qui sauvent des décombres les victimes dans les régions rebelles après les bombardements du régime ont écrit sur Twitter: «Fermé pour cause de cessez-le-feu».

«J'espère que la trêve durera et que le régime respectera son engagement, même si c'est pour une courte période, pour ainsi goûter à nouveau, même partiellement, à ce que nous avons vécu avant la guerre», confie à l'AFP Abou Nadim, 40 ans, un imprimeur père de quatre enfants, dans le quartier rebelle de Boustan Al-Qasr, à Alep.

Combats en territoire djihadiste

Pour évaluer comment la trêve est respectée, la «task force» formée de représentants internationaux, doit se réunir à 14h à Genève.

Si la cessation des hostilités tient et l'aide humanitaire continue d'être acheminée dans les zones assiégées, M. de Mistura compte convoquer de nouveaux pourparlers intersyriens le 7 mars à Genève après l'échec des précédentes discussions.

La trêve est censée favoriser un règlement politique de la guerre dans laquelle sont impliquées plusieurs puissances internationales et régionales qui soutiennent les camps rivaux.

François Heisbourg, président de l'International Institute for Stategic Studies (IISS, Londres) s'est dit «extrêmement sceptique sur la possibilité pour ce cessez-le-feu de tenir, compte tenu de l'intrication entre les groupes rebelles considérés comme terroristes par les Russes et ceux qui échappent à ce label. Mais c'est de la conjecture à ce stade. Ces choses-là se jugent dans le temps.»

Dans les régions où se trouvent l'EI et le Front Al-Nosra, des accrochages intermittents ont eu lieu samedi, selon l'OSDH. À Tall Abyad, des combats opposaient forces kurdes à l'EI et des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis ont frappé avant l'aube et le matin les positions djihadistes.

À Khanasser, dans l'est d'Alep, des accrochages ont  opposé l'armée à l'EI pour le contrôle d'une route vitale pour la régime. En outre, six personnes ont péri  dans deux attaques suicide et par l'explosion d'une bombe à l'entrée de Salamiyé, dans la province de Hama, près de la ligne de front entre régime et EI.

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