Débat républicain: tous contre Trump avant le Super Mardi

Les candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz... (AP, David J. Phillip)

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Les candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz se sont serré la main avant le début des hostilités.

AP, David J. Phillip

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Agence France-Presse
Houston

Programme flou, incohérent: les rivaux républicains de Donald Trump ont décoché leurs flèches aiguisées jeudi lors d'un débat télévisé tendu et confus, au cours duquel l'exubérant milliardaire a rendu coup pour coup.

Ce 10e débat entre les candidats du Grand Old Party était le dernier avant le Super Mardi, rendez-vous du 1er mars où le vote simultané dans 11 États pourrait être déterminant.

«Quel est votre projet? Quel est votre projet?» a lâché avec virulence Marco Rubio, qui a dénoncé les approximations du magnat de l'immobilier.

Fort de ses trois victoires consécutives et de son statut de grand favori des sondages, l'homme d'affaires s'en est tenu à son argument favori : je gagne, le reste est sans importance.

Mais il a aussi montré des signes d'agacement, comme lorsqu'il a été interrogé sur sa fortune.

Le sujet est revenu sur le devant de la scène avec les déclarations de l'ex-candidat du parti Mitt Romney qui a affirmé que sa déclaration de revenus cachait peut-être «une bombe».

Exaspéré par les questions sur ce thème, il a esquivé : «Je sais que c'est bon pour l'audience, mais c'est un peu ridicule quand même», a-t-il répondu lorsqu'un journaliste revenait sur le sujet.

Tour à tour moqueur ou menaçant, le milliardaire a trouvé au fil des mois un style qui séduit une partie de plus en plus large et diverse de l'électorat républicain et croit désormais qu'il pourra rafler rapidement le nombre de délégués nécessaires pour décrocher l'investiture du parti à la convention de Cleveland, en juillet.

Sur la diplomatie aussi, les échanges furent vifs, même si parfois très éloignés de la géopolitique.

«Je suis un négociateur», a lancé M. Trump affichant sa volonté de trouver une issue diplomatique au conflit israélo-palestinien.

«Ce n'est pas un contrat immobilier!», a rétorqué, du tac au tac, Marco Rubio.

La pomme de discorde : l'immigration 

Mais c'est sur l'immigration que les échanges ont été les plus vifs.

«S'il construit le mur [entre les États-Unis et le Mexique] comme il a construit les Trump Towers, il va avoir recours à des clandestins!» a lancé le sénateur de Floride à l'encontre du favori des sondages.

«Taisez-vous, taisez-vous», a rétorqué ce dernier. «J'ai embauché des dizaines de milliers de personnes dans ma vie, vous n'avez jamais embauché personne.»

L'homme d'affaires de 69 ans a une nouvelle fois martelé sa volonté de construire un «grand» mur à la frontière avec le Mexique, dénonçant les propos de l'ex-président mexicain Vicente Fox.

Ce dernier s'est mêlé au débat jeudi en assurant qu'il n'entendait pas «payer pour ce putain de mur» et en appelant les nombreux Hispaniques vivant aux États-Unis à ne pas suivre ce «faux prophète».

Le neurochirurgien retraité Ben Carson et le gouverneur de l'Ohio John Kasich, les négligés dans la course, ont eu quant à eux beaucoup de mal à se faire entendre.

«Quelqu'un peut-il m'attaquer, s'il vous plaît», a lancé le déconcertant neurochirurgien en fin de débat, semblant rire de son propre sort.

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