Ultime offensive pour fermer Guantanamo

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La prison de Guantanamo à Cuba

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Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama a dévoilé mardi son plan pour fermer la prison de Guantanamo avec l'espoir de tenir enfin cette promesse de campagne, juste avant son départ de la Maison-Blanche, mais l'obstacle du Congrès devrait être difficile à franchir.

«Il s'agit de refermer un chapitre de notre histoire», a déclaré le président américain en évoquant ce centre de détention qui incarne, à travers le monde, les excès dans la lutte anti-terroriste des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Dès sa campagne de 2008, Obama avait promis de fermer cette prison «que le monde condamne». Mais en sept années au pouvoir, il n'a pas réussi à faire bouger les lignes. «Je ne veux pas refiler le problème au prochain président», a-t-il martelé mardi.

«Depuis plusieurs années, il est devenu clair que [cette prison] ne permet pas de renforcer notre sécurité nationale, elle l'affaiblit», a-t-il déclaré, évoquant un outil de recrutement pour les djihadistes. «Garder ce centre ouvert est contraire à nos valeurs».

Dans ce plan qui laisse nombre de questions en suspens, l'exécutif a identifié 13 sites sur le sol américain susceptibles d'accueillir les prisonniers actuellement détenus sur l'île de Cuba. Mais il n'en communique cependant pas la liste exhaustive et n'en recommande pas un en particulier.

Le coût total de ce transfert serait significatif, se situant dans une fourchette de 290 à 475 millions de dollars.

Il reste à ce jour 91 détenus dans cette prison qui en a un temps accueilli près de 800. Trente-cinq d'entre eux pourraient être transférés dans des pays tiers dans les mois à venir, selon l'exécutif américain.

La détention sur le sol américain, plutôt qu'à Guantanamo, engendrerait des économies annuelles de l'ordre de 65 à 85 millions de dollars par an, ce qui permettrait donc d'amortir le coût transfert en «trois à cinq ans», selon l'exécutif.

«Si, en tant que pays, nous ne réglons pas ce problème aujourd'hui, quand le ferons-nous? Allons-nous laisser traîner le dossier pendant 15, 20, 30 ans?» s'est interrogé M. Obama.

Une «tache»

Sans surprise, le projet a immédiatement suscité de vives réactions dans le camp républicain.

«Sa proposition manque de détails cruciaux, requis par la loi, comme le coût exact et le lieu d'un nouveau centre de détention», a critiqué Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. «Nous ne risquerons pas notre sécurité nationale pour une promesse de campagne».

Le sénateur de Floride Marco Rubio, en lice dans la primaire républicaine pour la Maison-Blanche, a opté pour un ton résolument guerrier : «Lorsque je serai président, si nous capturons des terroristes vivants, ils ne seront pas jugés à Manhattan, ils ne seront pas envoyés au Nevada. Ils iront à Guantanamo et nous découvrirons tout ce qu'ils savent».

Le sénateur républicain John McCain a lui aussi déploré un projet «vague», mais a annoncé que sa commission tiendrait néanmoins des auditions pour examiner les propositions du président.

Si, comme c'est prévisible, le Congrès bloque tout mouvement, l'exécutif américain pourrait être tenté d'agir par décrets. La Maison-Blanche est cependant restée jusqu'ici évasive sur ce thème. Et la marge de manoeuvre juridique du président américain est incertaine et divise les experts.

Les organisations de défense des droits de l'homme mettent en garde de longue date contre la tentation de pérenniser sur le sol américain un système de détention illimitée sans inculpation, dénonçant une solution consistant à simplement «changer le code postal de Guantanamo».

«Guantanamo doit être fermée en s'attaquant au problème de manière frontale, pas en le déplaçant ailleurs», a réagi Naureen Shah, directrice d'Amnistie internationale pour les États-Unis.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a quant à lui salué l'annonce de ce plan, rappelant que Guantanamo était, depuis 14 ans, «une tache» sur la réputation des États-Unis et avait été utilisée par de nombreux régimes répressifs pour justifier leurs comportements condamnables.

Cour suprême: le Sénat fera barrage à Obama

Le président Barack Obama... (AFP, Mandel Ngan) - image 3.0

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Le président Barack Obama

AFP, Mandel Ngan

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain a répété mardi avec force que l'assemblée ne confirmerait aucun des candidats à la Cour suprême que nommerait le président Barack Obama, laissant envisager une crise institutionnelle durable avec la Maison-Blanche. «Les présidents ont le droit de nommer, tout comme le Sénat a selon la Constitution le droit de donner ou pas son consentement», a déclaré Mitch McConnell, l'homme fort du Sénat dominé par les républicains. «En l'espèce, le Sénat refusera», a-t-il ajouté, dix jours après le décès du juge conservateur Antonin Scalia dont le remplacement pose un défi majeur à M. Obama. Les juges de la Cour suprême sont nommés à vie.

Cette institution cruciale a souvent le dernier mot dans la vie politique et les grands débats de société en Amérique. Elle a repris lundi ses audiences, à huit juges au lieu de neuf. «La nomination doit être faite par le président que les gens choisiront dans l'élection en cours», dont le scrutin final aura lieu le 8 novembre, a précisé M. McConnell. La plus haute instance judiciaire américaine compte désormais quatre juges conservateurs et quatre juges progressistes, faisant planer le risque d'égalité sur ses prochaines décisions. Si Obama parvenait à nommer un juge progressiste, la Cour pourrait pencher à gauche pour la première fois depuis des décennies, une hypothèse qui hérisse les républicains, convaincus qu'ils vont tourner la page d'un gouvernement démocrate avec l'élection présidentielle.

Les principaux candidats républicains soutiennent aussi que le remplacement du juge Scalia doit être réalisé par le prochain président. Ils invoquent une «longue tradition» de ne pas nommer un juge de la Cour suprême lors de l'année électorale précédant le départ d'un président. 

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