Obama défendra les droits de l'homme à Cuba

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Barack Obama a confirmé jeudi sa visite à Cuba les 21 et 22 mars.

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Agence France-Presse
Washington

La visite, longtemps inimaginable, entrera dans l'histoire : le président des États-Unis, Barack Obama, se rendra à Cuba où, a-t-il promis, il abordera avec le régime communiste la question sensible des droits de l'homme.

Cette visite de Barack et Michelle Obama, prévue les 21 et 22 mars, consacrera de manière spectaculaire le rapprochement entamé il y a un peu plus d'un an entre Washington et La Havane, après un demi-siècle de tensions héritées de la guerre froide.

La dernière visite d'un président américain en exercice sur l'île située au large de la Floride remonte à celle de Calvin Coolidge, en 1928.

En se rendant à La Havane, M. Obama, qui avait annoncé le 17 décembre 2014, à la surprise générale, sa volonté d'entamer «un nouveau chapitre» avec l'ancien ennemi, deviendra donc le premier à fouler le sol cubain depuis la révolution castriste de 1959.

Ce déplacement interviendra à quelques semaines du Congrès du Parti communiste cubain, prévu le 16 avril, où les observateurs seront à l'affût de signaux sur une éventuelle évolution politique.

La Maison-Blanche a précisé qu'aucune rencontre n'était envisagée avec l'ex-chef révolutionnaire Fidel Castro, éloigné du pouvoir depuis une décennie pour des raisons de santé.

Défendre les droits humains

À La Havane, Josefina Vidal, responsable des négociations avec les États-Unis au ministère des Affaires étrangères, a salué «un pas supplémentaire» dans le rapprochement entre les deux pays.

«Il y a 14 mois, j'ai annoncé que nous commencerions à normaliser nos relations avec Cuba et nous avons déjà fait des progrès significatifs», a souligné M. Obama sur Twitter. «Nous avons toujours des différences avec le gouvernement cubain et je les soulèverai directement. L'Amérique défendra toujours les droits de l'homme à travers le monde», a-t-il ajouté.

Au cours de cette visite de deux jours, le président américain aura un tête-à-tête avec son homologue cubain Raul Castro et rencontrera «des membres de la société civile, des entrepreneurs et des Cubains de différents horizons», a précisé la Maison-Blanche.

Les autorités cubaines sont «ouvertes à la discussion [...] sur n'importe quel sujet, y compris celui des droits de l'homme, sur lequel nous avons des conceptions différentes», a réagi Mme Vidal, appelant de ses voeux un échange sur une base de «respect [...] et de non-intervention dans les affaires internes d'aucune des parties».

Processus «irréversible»

Après l'annonce du rapprochement entre Washington et La Havane en décembre 2014, les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques en juillet 2015. Le secrétaire d'État John Kerry s'est rendu à La Havane en août pour la réouverture de l'ambassade américaine.

Le 44e président des États-Unis a, à plusieurs reprises, exprimé sa volonté de se rendre à Cuba tout en soulignant que cela ne l'intéressait pas de «simplement valider le statu quo».

Interrogé sur le risque de perdre un puissant effet de levier sur le gouvernement cubain, l'exécutif américain a défendu son approche et insisté sur l'absence de progrès au cours des décennies écoulées.

«Nous pensons tout simplement que ne pas aller sur place et isoler Cuba ne permet pas de faire des progrès», a expliqué Ben Rhodes, proche conseiller de M. Obama, jugeant que le processus de normalisation engagé en décembre 2014 était «irréversible»

Si l'annonce spectaculaire du rapprochement a eu un impact notable sur le tourisme, cet emballement n'a qu'un effet limité sur la vie quotidienne de la majorité des Cubains.

Et en dépit des récents assouplissements concédés par Washington, l'ouverture économique promet d'être lente, tant l'emprise de l'appareil d'État cubain sur l'économie et le poids de l'embargo américain brident encore l'investissement étranger.

Les dissidents cubains attendent le président au tournant

Si tous les dissidents cubains ne sont pas convaincus de l'opportunité de la visite le président Barack Obama à Cuba, tous comptent sur le président américain pour agir en faveur de la situation des droits de l'homme sur l'île.

Cette visite «est importante pour fermer le cycle du rapprochement» engagé fin 2014 entre les deux pays, explique Manuel Cuesta Morua. Selon lui, Obama, certainement «le politicien le plus populaire de Cuba» actuellement, peut «aider beaucoup pour déclencher des changements» et favoriser l'émancipation des citoyens.

Sa visite «va contribuer à la poursuite du réveil des attentes du peuple cubain», abonde Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'Homme (CCDH), organisation interdite, mais tolérée par les autorités.

Malheureusement, juge-t-il, en dépit des nombreuses visites de responsables étrangers ces derniers mois, «le gouvernement de Cuba ne peut présenter un meilleur bilan en matière de droits de l'homme», ce qui «n'offre pas un contexte favorable pour recevoir ces dignitaires qui demandent (...) des réformes».

«Ce qui nous préoccupe, c'est qu'Obama vienne à Cuba le mois prochain alors qu'il avait dit en décembre qu'il ne le ferait qu'en cas d'avancées en matière des droits de l'homme», proteste Berta Soler, chef de file de l'organisation des Dames en Blanc, prix Sakharov 2005.

«La répression continue contre les Dames en Blanc et l'opposition en général», assure-t-elle à l'AFP.

Elizardo Sanchez avertit aussi de la probabilité d'«un gros coup de répression la veille et pendant la visite [...] pour éviter tout type de manifestation» inopportune aux yeux du gouvernement cubain.

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