Un convoi militaire attaqué à Ankara

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Les autorités ont rapidement bouclé les lieux de l'explosion, qui a causé un début de panique parmi les habitants.

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Agence France-Presse
Ankara

Un attentat à la voiture piégée dirigé contre un convoi militaire a fait au moins 28 morts et 61 blessés mercredi soir en plein centre d'Ankara.

Selon le gouverneur de la capitale turque, Mehmet Kiliçlar, cité par les médias locaux, cet attentat a visé un convoi de bus de l'armée près de la place Kizilay, où sont localisés de nombreux ministères, l'état-major des armées et le Parlement turc.

Très puissante, la déflagration a été entendue dans une large partie de la ville et a causé un début de panique parmi ses habitants.

L'attaque s'est produite à 18h31 (11h31, heure du Québec) et a visé «des véhicules de service qui transportaient du personnel militaire», a précisé l'état-major dans un communiqué publié sur son site Internet. «L'attaque terroriste a été déclenchée lorsque les véhicules étaient arrêtés à un feu rouge, à un croisement», a ajouté le commandement.

Cet attentat n'a fait l'objet d'aucune revendication immédiate.

Les chaînes d'information turques ont montré des images d'un violent incendie qui a embrasé des véhicules militaires. De nombreuses ambulances et des véhicules de pompiers ont été dépêchés sur les lieux de l'explosion, sécurisés par un important cordon de forces de l'ordre.

Une deuxième déflagration a été entendue sur place peu de temps après l'attentat et a été provoquée, selon les médias locaux, par l'explosion d'un colis suspect.

Le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, a dénoncé l'attaque sur son compte Twitter, sans l'attribuer, et a lancé un appel au calme.

Le porte-parole du Parti de la justice et du développement - le parti au pouvoir -, Omer Celik, a lui aussi évoqué sur les réseaux sociaux un «acte terroriste». «Mais notre détermination à combattre sera encore plus grande», a-t-il ajouté.

 

La violente déflagration a été entendue dans une... (AFP) - image 2.0

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La violente déflagration a été entendue dans une large partie d'Ankara et était parfaitement visible de loin.

AFP

L'EI très actif

La Turquie est sur le qui-vive depuis plusieurs mois à la suite d'une série d'attentats qui ont visé son territoire depuis l'été dernier, tous attribués par les autorités au groupe djihadiste de l'État islamique (EI).

Le plus meurtrier, le 10 octobre dernier, avait tué 103 personnes devant la gare centrale d'Ankara alors qu'elles se rassemblaient pour participer à une manifestation pour la paix menée par des organisations de gauche et pro-Kurdes.

Le 16 janvier dernier, un autre attentat suicide, également attribué à l'EI par le gouvernement turc, avait visé un groupe de voyageurs allemands dans le quartier touristique de Sultanahmet, à Istanbul, tuant 11 d'entre eux.

Depuis l'été dernier, la Turquie est également affectée par la reprise du conflit kurde. Des affrontements meurtriers opposent chaque jour les forces de sécurité aux partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.

Le PKK mène aussi régulièrement des attaques contre des convois militaires.

La reprise de ces affrontements, après plus de deux ans de cessez-le-feu, a fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement à l'automne 2012 pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984.

La tension est également vive depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne, où l'artillerie d'Ankara bombarde des positions tenues par les milices kurdes de Syrie, qui ont profité de l'offensive des forces du régime de Damas dans la province d'Alep, appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires.

La Turquie accuse le Parti de l'union démocratique et les Unités de protection du peuple, ses milices, d'être des organisations «terroristes» parce que proches du PKK.

L'attentat, qui a fait au moins 28 morts... (AP) - image 3.0

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L'attentat, qui a fait au moins 28 morts et 61 blessés, visait un convoi militaire. Plusieurs véhicules ont été incendiés.

AP

Réunion sur les migrants annulée

Une réunion prévue jeudi à Bruxelles entre un groupe de 11 pays de l'Union européenne pour se répartir davantage de réfugiés arrivant de Turquie a été annulée à la suite du sanglant attentat commis à Ankara.

Dès l'annonce de l'attentat, le premier ministre Ahmet Davutoglu avait annulé sa venue à Bruxelles. Les dirigeants de 11 pays européens devaient se réunir sous l'impulsion de la chancelière allemande, Angela Merkel, et de son homologue autrichien Werner Faymann. Les dirigeants devaient notamment traiter de la réinstallation en Europe dans le cadre d'un programme de l'ONU, faire le point sur un programme intraeuropéen de répartition de 160 000 demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce et sur les négociations pour le renvoi de migrants économiques en Turquie, selon le ministre grec aux Affaires européennes.

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