La Turquie presse ses alliés d'intervenir militairement en Syrie

Alors que la Turquie souhaite une intervention militaire... (AFP, Mohammed Sawaf)

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Alors que la Turquie souhaite une intervention militaire terrestre de ses alliés pour dénouer la crise en Syrie, les  combats se poursuivent sur le terrain où des membres des forces gouvernementales syriennes  tentent de reprendre à l'État islamique  des villages assiégés.

AFP, Mohammed Sawaf

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Agence France-Presse
Istanbul

Mardi, la Turquie a pressé ses alliés d'engager une intervention militaire terrestre pour dénouer la crise en Syrie, un appel qui rend un peu plus improbable la trêve censée commencer cette semaine et ravive le spectre d'une confrontation avec la Russie.

Dans un climat de tensions nourri par les bombardements turcs sur les Kurdes de Syrie, un haut responsable d'Ankara a plaidé pour l'envoi de troupes alliées sur le sol syrien, jugeant «impossible» d'arrêter les combats par un autre moyen. «Nous voulons une opération terrestre avec nos alliés internationaux», a déclaré sous couvert de l'anonymat ce responsable, précisant qu'il n'y aurait pas «d'opération militaire unilatérale de la Turquie».

Une telle intervention doit viser «tous les groupes terroristes en Syrie», a-t-il ajouté, citant le groupe État islamique (Éi), mais aussi les forces du régime de Damas et les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). Jusqu'ici, la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington s'est contentée de mener des frappes aériennes contre l'ÉI en Syrie et en Irak.

La Turquie a déjà rallié à sa position un autre pays hostile au président syrien Bachar al-Assad, l'Arabie saoudite, qui s'est dite prête à envoyer des soldats pour lutter contre l'État islamique.

L'Iran, dernier soutien du régime de Damas avec la Russie, a mentionné, mardi, que le déploiement de troupes saoudiennes violerait «le droit international». «Ces discussions autour d'une intervention au sol ne sont que la répétition d'une politique défendue de longue date par la Turquie», a dit Aaron Stein, analyste au centre Rafic Hariri de l'Atlantic Council. «Il est très improbable que la Turquie déploie ses soldats en Syrie», s'est-il empressé de tempérer.

Frappes «barbares»

Même très incertaine, la demande de la Turquie a relancé le spectre d'une confrontation directe entre ce membre de l'OTAN et la Russie, soutien du président Assad. Depuis la destruction d'un bombardier russe par la chasse turque fin novembre, les relations entre Ankara et Moscou sont tendues et compliquent la perspective d'une solution à la crise.

Après avoir comparé son comportement à une «organisation terroriste», le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a dénoncé mardi les bombardements «barbares» et «lâches» de la Russie en Syrie.

L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme a fait état de bombardements «probablement russes» dans le nord du pays qui ont fait près de 50 morts civils, dont des enfants. Au moins cinq hôpitaux et deux écoles ont été visés.

Pour tenter de mettre un terme à un conflit qui entre dans sa sixième année, les États-Unis et la Russie s'étaient mis d'accord vendredi dernier sur une «cessation des hostilités» dans un délai d'une semaine. Lundi, le président Assad avait toutefois estimé «difficile» d'envisager un tel cessez-le-feu avec les groupes rebelles qu'il qualifie de «terroristes».

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