Une trêve semble hors d'atteinte en Syrie

Les forces turques patrouillent la frontière turco-syrienne. La... (AP, Lefteris Pitarakis)

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Les forces turques patrouillent la frontière turco-syrienne. La Turquie, farouchement hostile au régime de Bachar Al-Assad, envisage de lancer une offensive terrestre en Syrie, de concert avec l'Arabie saoudite, pour lutter contre le groupe État islamique.

AP, Lefteris Pitarakis

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Agence France-Presse
Beyrouth

Malgré les promesses de trêve, une résolution du conflit syrien semblait dimanche de plus en plus illusoire, les différents acteurs internationaux, dont la Turquie et la Russie, s'accusant de jeter de l'huile sur le feu.

Le président américain Barack Obama a de nouveau demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de mettre fin aux frappes en Syrie «contre les forces de l'opposition modérée».

Les deux dirigeants se sont entretenus au lendemain de l'accord conclu vendredi à Munich entre les grandes puissances pour une «cessation des hostilités» en Syrie dans un délai d'une semaine.

Mais, depuis, aucune accalmie ne s'est dessinée sur le front et la situation est encore devenue plus compliquée dans le nord de la Syrie, où une multitude d'acteurs, syriens comme étrangers, interviennent.

Le gouvernement syrien a condamné «les attaques répétées de la Turquie à l'encontre [...] de l'intégrité territoriale de la Syrie», appelant le Conseil de sécurité de l'ONU à «mettre un terme aux crimes du régime turc».

Mais Ankara ne semble pas se préoccuper des appels au calme et son premier ministre a affirmé dimanche que les bombardements contre les Kurdes de Syrie allaient se poursuivre.

La Turquie «ne permettra pas au PYD (Parti kurde de l'union démocratique) de mener des actions agressives. Nos forces de sécurité ont répondu de manière adéquate et continueront à le faire», a déclaré Ahmet Davutoglu au cours d'une conversation téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Rébellion

Le président Recep Tayyip Erdogan considère le PYD et ses milices, les YPG (unités de protection du peuple), comme des organisations «terroristes», frères du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur le sol turc.

La Turquie redoute que les Kurdes syriens, qui contrôlent déjà une grande partie du nord de la Syrie, n'étendent leur influence à la quasi-totalité de la zone frontalière.

Farouchement hostile au régime de Bachar al-Assad et en froid avec la Russie, la Turquie envisage par ailleurs de lancer avec l'Arabie saoudite une opération terrestre en Syrie officiellement destinée à combattre les djihadistes du groupe État islamique (EI), selon le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Des forces «spéciales» saoudiennes pourraient être ainsi déployées dans le cadre de la coalition antidjihadistes conduite par les États-Unis, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, sans donner plus de détails.

L'engagement accru de Ryad et Ankara survient alors que les groupes rebelles soutenus par les deux puissances sunnites ne cessent de perdre du terrain face aux Kurdes.

L'Iran et la Russie, les principaux alliés de Damas, ont mis en garde ces pays contre l'envoi de troupes en Syrie.

«Nous ne permettrons certainement pas que la situation en Syrie évolue conformément à la volonté des "pays rebelles". Nous prendrons les décisions nécessaires le moment venu», a averti l'adjoint du chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Massoud Jazayeri.

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