Un Texan infecté par le virus Zika après des contacts sexuels

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Matheus Lima, un Brésilien de 22 ans, tient son fils Pietro, deux mois, qui souffre de microcéphalie en raison du virus Zika.

AFP, Christophe Simon

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Agence France-Presse
Washington

Des autorités sanitaires du Texas ont fait part mardi d'un cas de transmission par contacts sexuels du virus Zika, potentiellement dangereux pour les femmes enceintes, et dont la propagation explose en Amérique latine.

«Le patient a été infecté par le virus après avoir eu des relations sexuelles avec une personne malade de retour d'un pays où le virus est présent», ont précisé les services de santé du comté de Dallas (DCHHS) dans un communiqué.

Toutefois, un porte-parole des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a indiqué à l'AFP n'avoir pas enquêté sur le mode de transmission du virus dans ce cas précis.

S'il s'agit bien d'une transmission par voie sexuelle, ce serait alors seulement le deuxième cas signalé par les CDC aux États-Unis, des cas qui n'ont pas été vérifiés scientifiquement.

Il pourrait y avoir un troisième cas potentiel après la découverte du virus du Zika dans le sperme d'un Américain infecté après que toute trace du pathogène eut disparu de son sang.

Ces deux derniers cas avaient été initialement rapportés par le New York Times. Il s'agit de deux chercheurs américains qui avaient été infectés au Sénégal en 2008. L'épouse d'un de ces scientifiques avait apparemment été contaminée sexuellement par son mari.

Ces deux cas d'infection par le virus Zika laissent penser qu'une transmission par contacts sexuels serait possible, avait déclaré la semaine dernière la Dre Anne Schuchat, directrice adjointe des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) lors d'une conférence de presse téléphonique.

De tels exemples «rendent biologiquement plausible une transmission par contacts sexuels, mais la science est très claire à ce stade, à savoir que le virus Zika se transmet essentiellement par la piqûre d'un moustique infecté», avait-elle souligné.

Pour Zachary Thompson, directeur des services de santé du comté de Dallas, «le fait de savoir que le virus Zika peut se transmettre par des relations sexuelles intensifie notre campagne pour sensibiliser le public à des mesures de protection».

«Outre l'abstinence, le préservatif est la meilleure manière de se protéger contre toute infection transmise sexuellement», a-t-il ajouté.

Appel urgent de la Croix-Rouge

Par ailleurs, devant l'épidémie, qui ne cesse de prendre de l'ampleur, les ministres de la Santé du Mercosur, le marché commun du continent sud-américain, doivent se réunir mercredi en Uruguay pour évoquer l'épidémie dans la région. L'objectif de la rencontre est d'«évaluer la situation épidémiologique, en relation avec les maladies transmises par le [moustique] Aedes Aegypti», vecteur du Zika, a indiqué mardi le ministère uruguayen de la Santé.

La Croix-Rouge a de son côté lancé un appel urgent aux dons pour lutter contre l'épidémie potentiellement dangereuse pour les femmes enceintes et en pleine expansion en Amérique latine, avec des cas également signalés en Afrique et en Asie.

«La seule manière d'arrêter le virus Zika est de contrôler les moustiques vecteurs [de la maladie] ou d'interrompre totalement leur contact avec les humains, en accompagnant cela de mesures pour réduire la pauvreté», a plaidé Walter Cotte, directeur pour les Amériques de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié lundi cette épidémie d'«urgence de santé publique de portée mondiale», l'Amérique latine n'est plus la seule touchée par des cas domestiques.

Un homme a contracté le virus Zika en Thaïlande, ont annoncé mardi les autorités sanitaires du royaume. Dimanche, un institut de recherche indonésien avait déjà annoncé un cas positif sur l'île de Sumatra. D'autres patients, contaminés localement, ont été signalés au large de l'Afrique, au Cap-Vert.

Une ONG offre des pilules abortives

Une ONG néerlandaise a annoncé mardi qu'elle offrait des pilules abortives aux femmes enceintes du virus Zika à travers le monde, par l'intermédiaire de son site Internet, pour éviter toute ruée vers des méthodes risquées d'avortement. «Le virus Zika se répand principalement dans des pays où l'accès à l'avortement est très réduit», notamment dans des pays catholiques très conservateurs, a déclaré à l'AFP Rebecca Gomperts, directrice et fondatrice de l'ONG Women on Web, faisant notamment allusion au Brésil, pays le plus touché avec 4000 cas suspectés de microcéphalies. Si aucune contre-indication médicale n'est établie, l'ONG envoie par la poste un paquet de pilules ainsi que des instructions. L'ONG, qui milite pour l'accès à l'avortement, envoie ce genre de paquets à travers le monde depuis sa fondation en 2005, mais a réitéré son appel dans le contexte du virus Zika. Il s'agit d'une combinaison de deux sortes de pilules entraînant un avortement sans chirurgie, possible jusqu'à la douzième semaine de grossesse, selon Mme Gomperts, qui a refusé de révéler combien de paquets avaient déjà été envoyés. 

Olympiques: le Brésil invite les femmes enceintes à rester chez elles

 

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a fait de... (AFP, Evaristo Sa) - image 4.0

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La présidente brésilienne Dilma Rousseff a fait de la lutte contre le Zika une des priorités du pays pour 2016.

AFP, Evaristo Sa

Le Brésil, pays le plus touché avec près de 1,5 million de cas selon l'OMS, a formellement déconseillé lundi aux femmes enceintes de venir dans le pays où sont prévus les Jeux olympiques en août, et où ont été confirmés 270 cas de microcéphalie, ainsi que 3448 cas suspects. Le comité organisateur des JO de Rio s'est dit mardi «inquiet» par rapport au virus, mais confiant par rapport à une chute du nombre de cas pour le début des compétitions en août, en plein hiver austral. «Nous avons travaillé avec les autorités locales pour augmenter les inspections [des potentiels foyers de moustiques et] nous avons le budget suffisant pour le faire», a affirmé Mario Andrada, porte-parole de Rio 2016. La présidente brésilienne Dilma Rousseff a d'ailleurs fait de la lutte contre le Zika une des priorités du pays pour 2016, mardi, dans son message de début d'année au Congrès. «L'étendue géographique des espèces de moustiques qui peuvent transmettre le virus, l'absence de vaccin et de tests fiables ainsi que le manque d'immunité de la population dans les pays nouvellement touchés [...] constituent des causes supplémentaires d'inquiétude», avait souligné lundi la directrice de l'OMS Margaret Chan. En réaction, le laboratoire Sanofi Pasteur a annoncé mardi se lancer dans la recherche d'un vaccin, voulant s'appuyer «sur les succès obtenus dans le développement de vaccins contre des virus similaires», comme celui contre la dengue.

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