Ras-le-bol discret des musulmans aux États-Unis

Brittanie Shah affirme que son fils n'a jamais... (AFP, Jim Watson)

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Brittanie Shah affirme que son fils n'a jamais entendu les mots radical, combattant et islam dans la même phrase, et croit que le manque d'éducation et l'ignorance expliquent pourquoi les idées et les propos de Donald Trump rencontrent un auditoire grandissant.

AFP, Jim Watson

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Cedar Rapids

L'imam de Cedar Rapids a longtemps considéré que sa mission était de faire de la pédagogie sur l'islam. Mais quand les républicains débattent de djihad et de Donald Trump, Hassan Selim aimerait bien pouvoir se concentrer sur la prière.

«J'arrive à un point où j'en ai marre d'avoir à m'expliquer», affirme l'imam de 28 ans dans son petit bureau du centre islamique, un bâtiment blanc construit en 1971 dans la deuxième ville de l'Iowa centre, surmonté d'un minaret au toit bleu.

Hassan Selim est né en Égypte, où il a étudié à l'institut Al-Azhar, avant d'arriver dans l'Iowa en 2012 et de devenir le chef spirituel d'une des plus anciennes communautés musulmanes américaines.

«Je voudrais pratiquer ma religion, et parler aux gens de ce qu'est l'islam, au lieu de ce que l'islam n'est pas», explique-t-il.

Depuis les attentats de San Bernardino, les caméras reviennent plus souvent. L'imam s'astreint à rencontrer médias, étudiants, voisins, responsables publics, avec qui ses relations sont excellentes. Mais la pression lui coûte.

L'idée de Donald Trump de fermer les frontières aux musulmans lui a fait l'effet d'une claque. Lui-même est Américain depuis son mariage, et ses deux filles sont nées ici. Il a peur qu'elles ne grandissent pas «bien dans leur peau».

L'imam Hassan montre les lettres de soutien reçues à la mosquée. Mais pour la première fois, il se sent regardé quand il entre dans un restaurant.

Couper le son de la télé

Les gens ont toujours un moment d'hésitation quand ils rencontrent Brittanie Shah. Elle est blanche, née dans l'Indiana dans une famille baptiste, et porte le hijab depuis sa conversion. À part ça, elle n'a jamais eu de problème, mais elle a remarqué un nouvel embarras chez certains: les gens s'excusent, «comme si j'étais en deuil».

En présence de ses deux enfants, l'enseignante fait désormais quelque chose de nouveau: elle coupe le son de la télévision quand un sujet évoque les djihadistes.

«Mon fils n'a jamais entendu les mots radical, combattant et islam dans la même phrase», affirme Brittanie, enseignante et bénévole au centre islamique.

Manque d'éducation et ignorance

Elle sait pourquoi les propos antimusulmans de Donald Trump rencontrent un écho: le manque d'éducation et l'ignorance. Elle prend sa propre famille comme exemple.

Naturellement, dit-elle, elle soutient Hillary Clinton, qu'elle est allée voir en meeting dimanche. «J'adorerais pouvoir aller voter et avoir deux options viables, se plaint-elle. Mais c'est impossible quand je vois ces pubs électorales républicaines. Cette élection est pire que les autres. Tout ce qu'on entend c'est: musulman, musulman, musulman.»

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