Attaque au Burkina Faso: six résidents de Québec tués

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Au moins 28 personnes originaires de 18 pays différents, dont six Québécois, ont péri dans l'attaque.

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(Québec) L'attaque de vendredi contre l'hôtel Splendid et le café Cappucino à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a fait au moins 29 morts, dont six résidents de la région de Québec qui étaient partis au mois de décembre pour faire de l'aide humanitaire en Afrique.

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Maude Carrier (en haut, à gauche), Yves Carrier (en haut, à droite), Charlelie Carrier (en bas, à gauche) et Gladys Chamberland (en bas, à droite)

Images tirées de Facebook

Sur les six voyageurs, trois d'entre eux devaient être de retour au Canada samedi après-midi, après trois semaines de bénévolat. C'est quelques heures avant de prendre l'avion qu'ils ont perdu la vie, alors que quatre djihadistes liés au groupe extrémiste Al-Qaida ont attaqué un hôtel et un café.

Le groupe était composé notamment d'une famille qui résidait à Lac-Beauport, le père Yves Carrier, un professeur à la retraite, et sa conjointe Gladys Chamberland, qui travaillait au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, et leurs enfants, Maude Carrier (belle-fille de Gladys), une enseignante de 37 ans et Charlelie Carrier, un jeune homme de 19 ans qui était toujours aux études. Les deux autres personnes avec eux étaient des proches de la famille, soit Louis Chabot et Suzanne Bernier.

Jointe par Le Soleil, la mère de Maude, Camille Carrier, était sous le choc samedi soir alors que des policiers de la Sûreté du Québec sont venus lui confirmer durant l'après-midi la tragique nouvelle. «C'est difficile, c'est très difficile», souligne-t-elle, la voix tremblante au bout du fil.

«On le savait déjà lorsque la SQ s'est présentée ici. Puisque nous n'avions plus de nouvelles d'eux, nous avions entrepris des recherches plus approfondies. Nous voulions savoir ce qui se passait», raconte-t-elle. C'est son fils qui a contacté une personne à Ouagadougou afin qu'elle identifie les membres du groupe.

Mme Carrier n'est toutefois pas en mesure d'expliquer pourquoi ils se trouvaient à cet endroit. «On ne sait pas pourquoi ils étaient là. Ils voulaient peut-être célébrer la fin de leur voyage. Aller prendre un verre avant d'aller à l'aéroport. Ils vont là pour faire de l'aide humanitaire et ils sont maintenant morts... Nous sommes dévastés», ajoute celle qui a échangé des courriels à plusieurs reprises avec sa fille durant le voyage. Le dernier message a été publié jeudi...

Gladys Chamberland, Maude Carrier (37 ans) et Louis Chabot sont ceux qui devaient reprendre l'avion pour le Canada vendredi. Les trois autres personnes devaient aussi revenir au pays au cours des prochains jours.

Afin de suivre les périples des six voyageurs, une page privée Facebook avait été créée. Samedi soir, le dernier message disait : «Bonjour à tous ceux qui suivaient le groupe. C'est avec une immense peine que nous devons vous annoncer le décès des six membres du voyage 2016».

Durant la journée samedi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau avait confirmé que les victimes étaient canadiennes. Au moins 29 personnes originaires de 18 pays différents ont péri dans l'attaque. Par voie de communiqué, le premier ministre Trudeau a condamné fermement les attentats, confirmant du même coup le décès de six Canadiens, en plus de «nombreux» blessés.

«Gestes insensés de violence»

M. Trudeau a offert ses condoléances aux proches des victimes au nom des Canadiens, souhaitant également un prompt rétablissement aux blessés. Le premier ministre a ajouté qu'il était «profondément attristé» de ces «gestes insensés de violence contre des civils innocents».

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, ont déclaré que cet attentat «rappelait encore une fois le danger que représente le terrorisme pour les Canadiens partout dans le monde».

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a lui aussi dénoncé ces «manifestations de violence barbare» dans un communiqué diffusé samedi soir.

«Rien ne peut expliquer des actes d'une telle lâcheté et gratuité», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il ne fallait jamais «faire de compromis sur nos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance».

Les attaques ont été perpétrées par les mêmes extrémistes qui avaient assiégé un hôtel de la capitale du Mali au mois de novembre, faisant 20 morts.

Le groupe Al-Qaida au Maghreb islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque en ligne lorsqu'elle était toujours en cours, selon le site de surveillance des réseaux djihadistes.  Avec La Presse Canadienne

Le carnage à l'hôtel Splendid

Samedi, les fusillades ont gagné en intensité alors... (Associated Press) - image 3.0

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Samedi, les fusillades ont gagné en intensité alors que des gendarmes et des militaires combattaient les assaillants armés pour reprendre l'immeuble.

Associated Press

Au moins 29 personnes issues de 18 pays différents ont été tuées et une trentaine d'autres ont été blessées dans l'attaque terroriste de l'hôtel Splendid de Ouagadougou, après un siège qui a duré plus de 12 heures.

Des militants du groupe Al-Qaida cagoulés ont pris d'assaut l'hôtel et un restaurant adjacent, vendredi à l'heure du souper. Ils se sont mis à tirer et ont pris des dizaines de personnes en otages. Leur intention était de tuer le plus de personnes possible, tirant sur les gens en se rendant à l'hôtel et faisant exploser le restaurant, ont confié samedi des survivants.

Trois terroristes ont par la suite été abattus par les forces de l'ordre burkinabè, appuyées par des forces spéciales françaises et américaines, et il n'y avait pas de femmes dans l'équipe de djihadistes, contrairement à des informations précédemment communiquées; 176 personnes ont pu être libérées.

«C'était la panique générale, a raconté un témoin, Inoussa Diarra. Après environ 20 minutes, la situation s'est calmée, puis les coups de feu ont repris. Je pense que cette fois, c'était la police.»

Samedi, les fusillades ont gagné en intensité alors que des gendarmes et des militaires combattaient les assaillants armés pour reprendre l'immeuble, où l'électricité avait été coupée durant l'assaut. Les environs de l'hôtel se sont transformés en champ de bataille, avec de nombreux véhicules en flammes tout comme la façade de l'établissement. 

Des dizaines de soldats français sont arrivés du Mali, dans la nuit de vendredi à samedi, pour prêter main-forte aux forces burkinabè, tandis que les États-Unis ont contribué en surveillance et en reconnaissance.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a revendiqué l'attaque alors qu'elle était toujours en cours. Le même groupe a mené un attentat similaire dans un hôtel de Bamako, au Mali, en novembre, où 20 personnes ont perdu la vie. AP, avec AFP

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