Entente sur le nucléaire: sanctions levées contre l'Iran

Le Secrétaire d'État John Kerry et son homologue... (AP, Craig Ruttle)

Agrandir

Le Secrétaire d'État John Kerry et son homologue iranien, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif

AP, Craig Ruttle

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Vienne

L'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi après le feu vert de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), entraînant une levée des sanctions économiques qui frappent le pays.

«L'Iran a achevé les étapes préparatoires nécessaires au démarrage de la mise en oeuvre» de l'accord conclu le 14 juillet 2015, a déclaré le secrétaire général de l'agence onusienne, Yukiya Amano, dans un communiqué publié à Vienne, où les chefs de la diplomatie iranienne, européenne et américaine étaient réunis pour d'ultimes discussions.

«La mise en oeuvre, c'est parti», a confirmé à l'AFP un responsable américain.

Dans la foulée, l'Union européenne a levé les sanctions économiques contre l'Iran, selon une source européenne, ainsi que les États-Unis, avant une annonce similaire attendue de l'ONU. La levée des sanctions internationales qui brident l'économie de l'Iran, un pays de près de

80 millions d'habitants aux riches ressources pétrolières et gazières, sera progressive et contrôlée.

Ce tournant diplomatique marque aussi l'amorce d'un rapprochement entre les États-Unis et l'Iran qui s'est précisé samedi par l'annonce d'un échange de prisonniers sans précédent entre les deux pays, qui avaient rompu leurs relations diplomatiques en 1980.

Les chefs de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et américaine, John Kerry, ont mené samedi d'intenses discussions à Vienne, dans le palais Cobourg où avait été conclu l'accord sur le nucléaire du 14 juillet 2015.

«C'est une bonne journée pour le peuple iranien et les sanctions seront levées», avait déclaré M. Zarif à son arrivée à Vienne, ajoutant qu'il s'agissait aussi d'un bon jour «pour la région» et «pour le monde».

Le président iranien modéré Hassan Rohani avait déjà estimé que son pays était sur le point d'entamer «une année de prospérité économique» avec cette levée.

Les milieux économiques se tiennent prêts depuis plusieurs mois à revenir dans le pays, qui dispose des quatrièmes réserves de brut au monde, et des deuxièmes réserves de gaz. L'Iran, un pays de l'OPEP, pourra notamment exporter à nouveau librement son pétrole. 

Avec son pétrole et son gaz en abondance, ses infrastructures désuètes ainsi que son sous-équipement automobile et aéronautique, l'Iran représente une occasion en or pour les multinationales, qui jouent du coude pour revenir ou s'implanter en Iran après la levée des sanctions, plus ou moins avantagées selon la qualité des relations de leur pays d'origine avec Téhéran.

Dans ce contexte, le brut est passé sous les 30 $ le baril vendredi, les marchés anticipant un prochain afflux de pétrole iranien sur un marché déjà en surabondance d'offres.

La levée de l'intégralité des sanctions sera échelonnée sur 10 ans, et durant 15 ans les mesures pourront être automatiquement rétablies en cas de manquements de Téhéran. L'Iran a accepté de se soumettre à des inspections renforcées de l'AIEA.

Les embargos de l'ONU sur les armes conventionnelles et sur les missiles balistiques seront maintenus jusqu'en 2020 et 2023 respectivement.

Prisonniers échangés

L'accord de Vienne, négocié par l'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), est considéré comme un succès majeur en politique étrangère pour le président américain Barack Obama ainsi que pour son homologue iranien.

L'échange de prisonniers entre les deux pays est un marqueur supplémentaire de cette nouvelle ère entre deux diplomaties longtemps irréconciliables. Téhéran libère quatre Américano-Iraniens détenus en Iran, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, et Washington accorde sa clémence à sept Iraniens, dont six ont la double nationalité.

La levée des sanctions conclut une intense semaine sur le front des relations entre Iran et États-Unis qui ont évité une crise avec la libération rapide de marins américains brièvement détenus par Téhéran.

Ce rapprochement américano-iranien met en rage les alliés traditionnels de l'Amérique dans la région - Arabie Saoudite et Israël en tête -, qui redoutent l'influence de la puissance chiite.

Partager

À lire aussi

  • Retour de l'Iran dans le concert des nations

    Monde

    Retour de l'Iran dans le concert des nations

    Le président Hassan Rohani a salué dimanche l'ouverture d'une «nouvelle page» entre l'Iran et le monde, après l'entrée en vigueur de l'accord... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer