Attentat à Ouagadougou: il n'y aurait aucun Canadien parmi les victimes

Les forces armées se rangent près de l'hôtel... (AFP, AHMED OUOBA)

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Les forces armées se rangent près de l'hôtel Splendid, où des coups de feu se font toujours entendre.

AFP, AHMED OUOBA

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La Presse Canadienne
Ottawa et Ouagadougou

Le ministère canadien des Affaires étrangères ne disposait d'aucune indication, vendredi soir, selon laquelle des Canadiens seraient impliqués dans l'attaque menée contre un hôtel de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Le Centre de surveillance et d'intervention d'urgence d'Ottawa, de concert avec les agents consulaires présents à Ouagadougou, déployaient des efforts, vendredi, afin de déterminer si des citoyens canadiens étaient touchés par les événements.

Un commando jihadiste a mené vendredi soir une attaque sanglante sur un restaurant et un hôtel de Ouagadougou fréquentés par des Occidentaux, faisant au moins une vingtaine de morts et prenant des otages, une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique moins de deux mois après une attaque similaire au Mali.

Vers 01h00 (locale et GMT), le hall de l'hôtel Splendid, établissement de luxe du centre de la capitale burkinabè où plusieurs assaillant étaient retranchés était en feu et des cris en provenance de l'intérieur étaient entendus, selon un journaliste de l'AFP à proximité. Les pompiers sont ensuite intervenus pour tenter de maitriser les flammes.

Un nombre inconnu de clients et membres du personnel se trouvaient encore dans cet établissement de 147 chambres, fréquemment utilisé par des Occidentaux et par du personnel des agences onusiennes.

Des contrôles de sécurité étaient en place à l'entrée, mais n'ont pu empêcher l'irruption des assaillants vers 19H45, quand des tirs nourris et des détonations ont éclaté.

Egalement visé, un restaurant voisin, le Cappuccino, également prisé de la clientèle expatriée, dont l'attaque a fait «plusieurs morts», selon un employé joint par l'AFP.

Le directeur du principal hôpital de Ouagadougou faisait état d'un premier bilan global d'au moins «une vingtaine de morts».

Un journaliste de l'AFP a pu distinguer au début de l'attaque trois hommes armés et enturbannés, un témoin indiquant de son côté avoir vu quatre assaillants «enturbannés et de type arabe ou blanc».

Forces de l'ordre et secours ont bouclé le quartier, alors que le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, évoquait un assaut en préparation sur l'hôtel avec un appui des forces étrangères, notamment des forces spéciales françaises, présentes au Burkina.

Les Etats-Unis, qui disposent également de 75 militaires dans le pays, engagé dans la lutte anti-jihadiste au Sahel, ont indiqué apporter un soutien aux forces françaises autour de l'hôtel.

L'attaque a été revendiquée par le groupe jihadiste AQMI, qui l'a attribuée au groupe islamiste Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

L'ambassade de France a évoqué très rapidement une «attaque terroriste», mettant en place un numéro d'urgence pour la communauté française alors que le vol Air France Paris-Ouagadougou a été dérouté vers le Niger voisin.

Point d'appui

Cette attaque inédite dans la capitale burkinabè constitue un défi pour le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, récemment élu après une transition souvent chaotique à la tête de ce pays à la population majoritairement musulmane (60%).

Le Burkina, «point d'appui permanent» de l'opération française Barkhane, a par contre déjà été la cible d'opérations jihadistes.

Une première attaque avait d'ailleurs eu lieu vendredi après-midi dans le nord du pays, près de la frontière malienne, au cours de laquelle un gendarme et un civil ont été tués, a indiqué dans la soirée l'armée burkinabè.

Plusieurs attaques de ce type ont eu lieu ces derniers mois, et en avril dernier, le chef de sécurité roumain de la mine de manganèse de Tambao (nord), a été enlevé, action revendiquée par Al-Mourabitoune.

L'opération de vendredi survient un peu moins de deux mois après celle de l'hôtel Radisson Blu à Bamako. Le 20 novembre, une attaque jihadiste avait fait 20 morts dont 14 étrangers dans la capitale malienne, où des hommes armés avaient retenu en otage pendant plusieurs heures environ 150 clients et employés, avant une intervention des forces maliennes, appuyées par des forces spéciales françaises et américaines et des agents de l'ONU. Deux assaillants avaient été tués.

L'opération de Bamako a été revendiquée par deux groupes jihadistes: le 20 novembre par Al-Mourabitoune et le 22 novembre par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement jihadiste malien).

Après ces attaques, les services consulaires français au Burkina avaient étendu la «zone rouge» déconseillée aux voyageurs à une large partie du Burkina sans y faire figurer Ouagadougou. Elles avaient toutefois conseillé des mesures de prudence, des sources sécuritaires évoquant l'hypothèse d'une attaque jihadiste dans la région. Avec AFP

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