L'Iran appréhende dix marins américains dans le Golfe

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C'est un navire militaire américain similiaire à celui-ci que l'Iran a appréhendé mardi.

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

L'Iran a appréhendé mardi deux navires militaires américains et leurs dix marins dans ses eaux territoriales et les États-Unis s'efforçaient de les récupérer, un incident entre deux pays en plein rapprochement 35 ans après la rupture de leurs relations diplomatiques.

Cet incident dans les eaux très stratégiques du Golfe est survenu juste avant l'ultime discours de Barack Obama sur l'état de l'Union devant le Congrès, où le président a décliné mardi soir ses priorités en matière de politiques intérieure et étrangère pour sa dernière année à la Maison Blanche.

«Plus tôt dans la journée, nous avons perdu le contact avec deux petits navires militaires qui naviguaient entre le Koweït et Bahreïn», a annoncé à l'AFP un responsable de l'administration américaine.

Quelques heures plus tard, en pleine nuit en Iran, les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique, ont confirmé la saisie de «deux bateaux de guerre américains» avec «dix marins armés» à bord, accusés d'avoir «pénétré dans les eaux territoriales iraniennes», dans le Golfe. Selon cette source officielle iranienne, cela s'est produit mardi à 13H00 GMT, près de l'île Farsi», où l'équipage a été emmené.

«Les passagers américains, neuf hommes et une femme (...) sont en bonne santé», ont assuré les Gardiens de la révolution. Selon l'agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, les deux navires américains étaient entrés de «deux kilomètres à l'intérieur des eaux territoriales iraniennes et leurs appareils GPS le confirment».

Dès que l'incident a été rendu public aux États-Unis, Washington s'est abstenu de jeter de l'huile sur le feu, affirmant que ses marins allaient bien et qu'ils pourraient très vite repartir.

Interrogé brièvement par CNN à son arrivée au Congrès, le secrétaire d'Etat John Kerry a assuré que les États-Unis récupèreraient «très bientôt» leurs marins.

Kerry a téléphoné à Zarif 

Signe toutefois de l'importance de l'incident, M. Kerry a eu au téléphone son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a confié à l'AFP un diplomate du département d'État, sans rien révéler de la teneur de leur conversation.

L'Iran et les États-Unis sont en principe toujours adversaires depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en avril 1980 dans la foulée de la Révolution islamique, mais les deux ministres des Affaires étrangères sont en contacts réguliers depuis l'automne 2013 à la faveur des négociations sur le dossier nucléaire iranien.

Ces dernières ont abouti à un accord historique scellé à Vienne le 14 juillet dernier entre les grandes puissances et l'Iran qui vise à garantir que la République islamique chiite ne se dote pas de la bombe atomique, en échange d'une levée progressive et contrôlée des sanctions internationales.

L'accord, qui doit d'ailleurs être mis en oeuvre dans les prochains jours, a mis en rage les alliés traditionnels de l'Amérique, l'Arabie Saoudite et Israël notamment, qui y voient l'amorce d'une réconciliation Washington-Téhéran.

Même si l'administration Obama se défend de tout projet de rétablissement des relations diplomatiques avec la bête noire iranienne, elle cherche à ramener un certain «équilibre» au Moyen-Orient, dans l'espoir de régler les guerres de la région et d'abord celle qui ravage la Syrie, analysent des experts.

Les États-Unis sont très présents militairement dans la région, leur Ve Flotte siégeant notamment à Bahreïn.

«Incident mécanique»

Mais aucune explication n'a été donnée par le Pentagone sur les raisons pour lesquelles les navires se trouvaient dans les eaux territoriales iraniennes. «Nous ne savons pas ce qui s'est passé», a admis un responsable, évoquant un possible «incident mécanique».

Mais «rien n'indique», à ce stade, qu'il s'agisse d'un acte hostile de la part de Téhéran, a assuré un autre cadre de l'administration américaine.

Juste avant le discours sur l'état de l'Union, le dernier du président Obama, son opposition républicaine a tiré à boulets rouges : l'un des candidats à la présidentielle 2016, le sénateur Marco Rubio, a jugé que «l'Iran testait les limites de la détermination de cette administration».

Il a promis que s'il était élu en novembre, il «abrogerait l'accord nucléaire que Barack Obama a signé avec l'Iran».

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